Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: La punition démocratique d'un peuple psychiatre, comme une avalanche, pour soigner l'arrogance d'un PDS wadolatre

opinion

1-La pertinence de la tactique DOUSSOUBA :

Dans un article envoyé à la presse et publiée le 25 janvier 2012 par le « Pays » quelques jours avant le verdict du Conseil Constitutionnel et à un mois des présidentielles, nous attirions l'attention surtout des différents Benno, sur la non pertinence du mot d'ordre unique de retrait de candidature pour vaincre Wade.

Pour nous PIEDS, Wade au lieu d'un retrait qui l'aurait mythifié, ne méritait qu'une seule chose écrivions nous:une Punition Démocratique par les urnes qui ne lui laisserait aucune possibilité de plastronner sur sa grandeur, tellement il a fait du mal et nous a fait regresser. Eh bien, la Punition est tombée le 25 mars comme «une Brise » pour le peuple et a soufflé comme une avalanche pour le pds, plus fracassante que les coups de marteaux tapés sur Talla Sylla ; sur « 24 heures chrono, sur Sud, sur Madiambal, Alioune tine ; Campbell, la Gazette, Barthélémy, sur Sangalkam, M' Baan, Fanaaye et autres.

Un «Toroxal» , un Châtiment terrestre en attendant celui de l'au-delà, à la mémoire des Martyrs. Que Dieu les reçoive au paradis .Ils méritent d'être immortalisés dans un Stèle a la place de l'Obélisque, pour que nul n'en ignore : Guidance Forever pour reprendre les Steel Pulse, célèbre groupe Jamaïcain. Toutefois, Le fétichisme du Juridisme après celui de la candidature Unique a perdu les Benno et fait gagner Macky. Mais au finish, l'opposition comme en 2000, a gagné au second tour .A quel prix ? Il faut tirer les enseignements sur le processus, les procédures, les enjeux d'une telle lutte menée dans une alchimie stratégique inédite que bien des chercheurs en science po ou autres disciplines, devraient nous aider à décrypter davantage.

2 -les DIX Enseignements :

-Niasse avec le Benno Sigguil, a raté le mandat de sa vie, à cause des erreurs tactiques précitées. La logique de l'histoire aurait du le faire passer de son rôle de Remorque de l'alternance en mars 2000, à celui de Pilote pour réajuster une trajectoire biaisée par Wade. Le PS est demeuré dans son mirage.

- Par contre, la victoire de Macky, citoyen lamda en 2000, a été celle de la cohérence .Pour un coup d'essai, ce fut un chef d'oeuvre de réalisme. Il s'est donné quatre années d'avance sur le terrain et prêt pour les élections.

Il a crée l'APR qui pèse 26% comme le PDS d'antan mais qui ne constitue pour le moment qu'un magma informel et non aguerri. le Président de tous les Sénégalais devra t'il privilégier cette tache de consolidation partisane ou reconstruire la République et ressouder une Nation fragmentée et appauvrie ?

L'autre nouvelle donne politique, est la dimension qu'ont acquises la Société Civile et l'Opinion Publique.

Elles auront été de véritables facteurs d'accélération de la conscience populaire, tout en ayant frôlé l'aventurisme jusqu'au boutiste dû au finish à une confusion de rôle en voulant se prendre pour le moteur de la Révolte a la place des partis incontournables, alors qu'elle n'en n'était plutôt que le carburant.

Un autre élément qui a pesé lourdement dans la conduite des événements est la stratégie « balistique » des Partis et grosso modo du M23 qui, jusqu'à quelques jours de la réunion du Conseil Constitutionnel et de la campagne électorale ont brillé en dehors de Macky , par une incohérence stratégique et tactique qui n'a offert aux citoyens ,aucune visibilité ou lisibilité électorale. Qui plus est, l'ambiance survoltée jusqu'a inspirer une certaine omerta qui a inhibé le courage politique de certains (sauf Robert SAGNA).

Ainsi, chaque camp a péché par «Excès ».Excès de manigances, d'arrogance et de violences chez Wade qui ne lui aura apporté que déchéance ; excès de méfiance si intense chez les opposants, qu'ils semblaient avoir perdu toute confiance pour une possible victoire sur le Vieux par les cartes.

Taxé en 2007 par une bonne partie de l'élite comme victime d'une tare de résilience quasi atavique aux mutations, de soumission aux régnants et d' insensibilité a l'éthique et aux valeurs républicaines, parcequ' aliéné par sa situation de dénuement voire d'ilotisme,le peuple par ce verdict, a infligé a ses mandarins une belle correction en montrant qu'il est celui qui d'une part ,soigne les fous au pouvoir et qui d'autre part, régule l'empressement des opposants.

Éternelle élite enfatuée et égoïste ; éternel peuple stoïque et énergique. Dés lors, s'impose à nous une relecture de Fanon qui il y a 50ans, écrivait : que« le mal de l'Afrique c'est son Elite » ;et signalait cette bijection peut être inspirée du Coran « que chaque peuple a le gouvernement qu'il mérite ;et chaque gouvernement a le peuple qu'il mérite ».Parce qu'au fond,le temps du peuple éternel, n'est souvent pas celui des élites qui sont une fois au pouvoir, de nature versatile, ,volatile et même triviale .Les peuples n'ont pas a prouver qu'ils méritent leurs gouvernements.

C'est a ces derniers de prouver le contraire..Mais malheureusement, du fait des tares précitées, l'élite rend ainsi les rapports du triumvirat( peuple, démocratie et développement) en une relation quasi asymptotique. Car, par une amnésie simulée, ils oublient voire travestissent l'histoire de leur peuple, pour leurs intérêts personnels. Au Sénégal, le peuple vient de rappeler a tous, qu'il a gardé dans son subconscient, les élections et dans son ADN : la démocratie et le besoin de développement, parce que dépositaire de deux siècles d'expressions électorales. Seulement, il n'utilise ces valeurs de résistance, ces ressorts, qu'a son rythme, de façon à faire croire qu'il est tantôt en retard, tantôt en phase ou en avance.

Ainsi, par l'onde de choc de février, le peuple Sénégalais s'est débarrassé d'un gouvernement qu'il ne mérite guère et vient de donner à une nouvelle élite sa chance de mériter sa confiance. Un nouvel échec serait une catastrophe pour le pays, les démocrates et un lit pour la tentation extrémiste (Acmi et autres).

En tout état de cause, la Patrie a récupéré son bébé. Va t'elle enfin jeter le Linge Sale à l'inverse de Wade, qui en avait fait son drap pour ne pas dire son drapeau et salir notre pays ? Rien n'est moins sur du fait de son élite. Nous avons évité l'abime Ainsi, en lieu et place des dithyrambes d'autoglorification, sur la maturité du peuple sénégalais auquel elle s'identifie quand ca l'arrange, cette élite surtout la régnante, devrait plutôt procéder à un profond examen de conscience parce qu'elle avait perdu la raison .Or, « quand la raison sommeille, les démons se réveillent » disait l'autre. Rien n'est irréversible et l'expérience du Mali tout a coté et le martyr d'un ATT, modèle d'humilité sont la.

Un autre enseignement majeur, est la déroute de la gauche. Le camp libéral(Wade, Macky, Idy)ont à leur compte 68% ;plus que le score de la coalition victorieuse ,consacrant ainsi, la défaite de la Résistance historique et de l'Ethique militante sur l'hégémonie des nomenklaturas étatiques ou des bourgeoisies bureaucratiques parasitaires, qui se succèdent depuis les indépendances au pouvoir grâce entre autres ,aux moyens que leur procure leur posture d'apparatchiks.

La victoire de Macky, c'est aussi l'échec du bloc des Assises Nationales au profit de Quelqu'un qui menaçait ce projet à l'époque. Tout indique a croire que le Pacte National ne devra son sursis qu'a un nécessaire compromis qui durera jusqu'à qu'à quand ?

Le monde du travail dans sa composante tant syndicale que patronale a également brillé par ses contradictions. En effet, le règne libéral a curieusement anesthésié les grandes centrales (CNTS ; UNSAS).La hargne d'un Mademba Sock pour le départ de Diouf n'a d'égal que son mutisme assourdissant face aux dérives de Wade, aux mal performances de la Senelec et aux calvaires de ses consommateurs. Pareil pour le silence de Guiro et pire sur la duplicité du président de l'Ascosen.

Toutefois, à coté de cet atermoiement, les syndicats de base et ou des secteurs (transports, enseignement, santé, justice entre autres, les travailleurs d'entreprises liquidées, Hamo, Amas, Sias ; les jeunes de la Médina, etc. ...) ont opposé une lutte farouche contre les agressions du régime libéral et ont érodé les premiers sa résistivité. Dans ce cadre, une mention spéciale doit être adressée aux travailleurs de la Sonatel et de la Poste dans la défense de leurs entreprises au nom du patriotisme d'entreprise et du patriotisme économique et parfois sans le soutien de leurs centrales. La posture syndicale idoine n'est pas d'être neutre mais d'être indépendant des régimes en place. Les syndicalistes ne sauraient être indifférents quand l'éthique républicaine, les libertés démocratiques, la mal gouvernance et la vie chère crèvent l'oeil.

Le même hommage doit être rendu aux personnalités patronales ou indépendantes telles que Cheikh T Mbaye, Bara Tall, Youssou N'Dour, Aliou Diack de Mbaan qui, victimes de l'oeil du cyclope, ont défendu leurs entreprises, leurs secteurs au nom des mêmes valeurs précitées A noter aussi le mérite de la CNES, de l'ARMP, de L'Unacois, des acteurs de la pêche, des Imams entre autres. Tout indique à croire qu'une alternance syndicale se profile à l'horizon. Mention spéciale a la résistance maraboutique éclairée et incarnée par Jammil et autres, au moment ou des couches obscurantistes s'organisent.

Ces élections ont également enregistré un autre faux débat avec l'approche iconoclaste « d'Alternance Générationnelle », alors que se déroule sous nos yeux un renouvellement du personnel politique renforcé par le fourmillement de compétences civiles de toutes sortes qui ont découvert la remarque de Mme de Stael : « quand on ne fait pas de la politique, la politique s'occupe de toi ». Cette tendance souhaitable et à renforcer, n'est en rien contradictoire avec une symbiose générationnelle avec les Seniors en lieu et place d'un génocide générationnel. A ajouter également, la campagne en faveur d'un gouvernement de technocrates comme si les diplômes et autres titres ne nous ont pas fait assez de mal. Qui est plus diplômé que Wade ?

N' as t'on pas vu SOGLO au Bénin ; YAYI BONI avec des élections scabreuses en 2011 ? La première des valeurs c'est l'Ethique ; ensuite suit l'engagement politique ou citoyen ; puis le diplôme. Macky semble avoir opté pour la solution de l'équilibre générationnel et de l'expérience militante et politique (ex d'Aminta MBENGUE NDIAYE).Je ne connais pas, jusqu'à preuve du contraire, de sociétés saucissonnées en séquences générationnelles, se fondant sur le fait que les vertus et les vices ;les performances et les magouilles, se distribuent selon les générations ou les Genres.

Enfin, la donne des toutes prochaines législatives est une autre source d' incohérence que l'on veut affronter en droite ligne du fétichisme juridique précité alors que Benno book yakkar (been by) se doit de régler quelques urgences que les urnes ont convoquées a savoir :Réduire le cout de la vie,Réformer les institutions comme le conseil constitutionnel, le Sénat entre autres ;désambiguïser le Fichier Electoral par un réexamen qui le rend désormais propre et indiscutable ; éliminer ou reformuler tous les articles assassins ou à problèmes dans la constitution de Wade(ex :retour de l'ancien article 25 qui protégeait le droit de grève) . Tout cela me semble être des préalables. La quatrième Présidence du Sénégal doit se déployer dans une République de Rupture pour éviter tout retour en arrière. De ce fait, le report des législatives s'impose pour se donner le temps de la concertation refondatrice afin de ne plus tomber dans celui de la consternation autocratique. .

En définitive, Wade est parti et par la petite porte contrairement à ceux qui veulent le créditer d'une quelconque grandeur du fait d'un simple coup de fil théâtral.

Des lors, avec cette nouvelle enjambée démocratique,le grand défi consiste a éviter les nombreuses mines posées par le PDS et remettre le pays au travail avec efficacité et surtout efficience,sur la base des nouveaux concepts tels que le NTS,l'éthique le contrôle citoyen etc.... ; et rompre avec une Présidence et une Gouvernance égocentrique et hystérique pour une direction du pays fondée sur la sérénité,l'éthique,la mesure et la cohérence entre autres ;faire de chaque région une merveille comme le souhaite PIEDS, sortir de la logique coloniale , en passant désormais, de l'excentricité de la capitale, à la centralité des régions(notons au passage sauf erreur, la place congrue réservée dans le gouvernement, aux régions périphériques).Il faut redonner au gouvernement et aux autres institutions, leur dignité Républicaine et constitutionnelle comme le décrit PIEDS, dans son «manifeste« u 19 avril2011. Le libéral Macky, dont l'histoire aurait pu être écrite autrement s'il ne s'était pas frotté à Karim, osera t'il

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