United Nations (New York)

22 Mai 2012

Mali: UNICEF - L'instabilité aggrave les risques sanitaires pour les enfants et les mères

Photo: Aminu Abubakar/IRIN
Epidémie de choléra sur le bassin du lac Tchad en 2010

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a averti mardi que la crise dans le nord du Mali a considérablement aggravé les risques de maladies comme le choléra, la rougeole et la poliomyélite et pourrait augmenter le nombre de décès de mères et d'enfants.

« Les risques de propagation de maladies évitables par la vaccination telles que la poliomyélite et la rougeole ont augmenté », a affirmé le Chef de la santé pour l'UNICEF au Mali, George Fom Ameh.

« Une campagne contre la polio qui aurait dû être menée la semaine dernière dans le nord du pays n'a pu avoir lieu et, comme les gens traversent les frontières, la maladie risque d'être importée de pays voisins où l'on a recensé des cas de polio », a-t-il ajouté.

Plus de la moitié des établissements de santé ont été vandalisés et le nombre de professionnels de santé est en nette baisse. L'UNICEF s'inquiète également du manque de personnel soignant qualifié et de sages-femmes pour les femmes enceintes, ce qui risque d'augmenter les risques de décès des mères et des nourrissons.

Responsable des programmes d'eau, santé, assainissement et hygiène (WASH) à l'UNICEF au Mali, Nicolas Osbert affirme qu'une augmentation du nombre de cas de choléra est également probable.

« En 2011, plus de 1300 cas de choléra on été enregistrés, provoquant la mort de 55 personnes dans cinq régions du pays : Gao et Tombouctou dans le nord, Ségou et Mopti dans le centre et Kayes dans l'ouest. C'est dans le nord que l'on a recensé le plus grand nombre de cas, et de loin, soit 1000 cas », a précisé M. Osbert.

« Le choléra est endémique dans le pays et, comme la pénurie de carburant affecte l'approvisionnement en eau des municipalités du nord, l'UNICEF se prépare à une augmentation du nombre de cas », a-t-il prévenu. En 2011, l'Afrique de l'Ouest et centrale ont souffert d'une des plus importantes épidémies de choléra de ces dernières années, avec 105 248 cas et 2898 décès recensés dans 17 pays au total.

Des mesures de prévention du choléra seront nécessaires pour environ un demi-million de personnes dans les zones à risque du Mali. Il s'agit notamment de l'augmentation du niveau de chlore dans les réseaux d'eau, de l'éducation des communautés et de la distribution de fournitures WASH.

Dans les régions de Gao, Tombouctou, Ségou et Mopti, l'UNICEF a déjà distribué à 10 000 personnes des kits WASH, qui comprennent du savon et des produits d'assainissement des eaux à usage domestique. Le Fonds prépositionnera des fournitures supplémentaires avant le début de la saison des pluies en juillet. Également prévue, une campagne de sensibilisation au choléra exigera des ressources supplémentaires pour faire face à ce problème crucial.

Dans le sud du pays, où vivent 87% des enfants à risque de malnutrition aiguë sévère, l'UNICEF fournit des produits alimentaires thérapeutiques prêts à la consommation, tout en continuant de soutenir le Ministère de la santé dans l'aide qu'il apporte aux populations du sud du pays.

L'UNICEF a lancé un appel à hauteur de 33 millions de dollars pour son intervention d'urgence au Mali au cours des six prochains mois. À ce jour, il a reçu un peu plus de la moitié de ce montant. Il lui faudra également 4 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre le choléra.

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