Le directeur exécutif national du Projet de soutien au développement rural (PSDR) évoque la nécessité d'aider les éleveurs.
D'après vous, l'élevage peut-il devenir une activité de base pour les ménages et un secteur pilier de l'économie ?
Il est possible de développer le secteur pour qu'il devienne une véritable source de revenus et un vecteur de développement, à condition que les éleveurs bénéficient d'un appui et de soutien techniques. Ils ont la volonté d'étendre leurs activités, mais leurs moyens financiers ne le permettent pas.
C'est pour cette raison que, depuis sa mise en oeuvre, le PSDR intervient dans le secteur de l'élevage, depuis la production jusqu'à la commercialisation des produits. Le Projet procède aussi à des renforcements de capacités afin d'améliorer les techniques utilisées. De même, il soutient la création d'infrastructures.
Quelles sont les actions que vous jugez prioritaires pour le développement de l'élevage ?
Les constats sur le terrain montrent une insuffisance importante du nombre de docteurs vétérinaires. Même si les éleveurs maîetrisent les techniques améliorées, cette situation ne favorise pas le suivi de la vie sanitaire des animaux d'élevage. Les docteurs vétérinaires disponibles sont, pour la plupart, des privés, créant encore des coûts de prestation supplémentaires.
Ce qui explique la réticence des éleveurs à recourir à leurs services. Il est indispensable de former des vétérinaires, de sensibiliser les étudiants à embrasser cette spécialité. Les techniciens de l'élevage aussi sont peu nombreux. Outre cette insuffisance en matière de ressources humaines, l'insécurité demeure un obstacle à lever. Les éleveurs n'osent pas multiplier les investissements par peur des vols.
Il s'avère donc nécessaire de renforcer la sécurité en milieu rural sinon il n'y aura pas de développement. Enfin, l'instabilité des prix sur le marché, notamment celui des provendes pour l'alimentation animale, provoque un manque de visibilité chez les éleveurs. L'application des techniques n'est pas suivie comme il se doit.
L' élevage n'a pas encore de politique nationale. Cette situation ne pénalise-t-elle pas le secteur ?
Comme tous les secteurs d'activité, l'existence d'une politique nationale est importante. C'est un outil de base qui sert de référence et qui dictera les actions à réaliser, les objectifs à atteindre, les recommandations et les statistiques. C'est à partir de cet outil qui concerne l'élevage en général que seront prises les références pour les différentes filières, comme l'élevage de bovidés, l'aviculture et autres.
Comments Post a comment