L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Réfection des voies à Bobo - Ces colmatages à répétition

Ils sont aujourd'hui nombreux les habitants de Sya à s'interroger sur le devenir de leur ville, qui reste plongée, selon leurs dires, dans une sorte de léthargie et sans le moindre signe d'un quelconque changement qualitatif.

Ces Bobolais ne rechignent pas à dénoncer un environnement de plus en plus exécrable au regard surtout de cette dégradation continue des voies.

Et ce ne sont pas les autorités municipales qui diront le contraire, elles qui entreprennent régulièrement des travaux de réfection au coût de millions sans que cela améliore véritablement les conditions de vie des usagers.

Partir d'un point à un autre dans la ville de Bobo-Dioulasso relève aujourd'hui d'un vrai parcours du combattant. Avec ces nids de dindon qui parsèment la plupart des artères de la capitale économique, les usagers, toutes générations confondues, n'ont pas d'autre choix que de se livrer à des acrobaties de toutes sortes dans l'espoir d'atteindre leur destination.

Et pour de nombreux conducteurs de véhicules ou de motocyclettes, bon nombre d'accidents sont en partie imputables à cette mauvaise qualité des voies de circulation.

Une situation déplorable et qui de l'avis général ne cesse de se compliquer au fil des années avec cet accroissement de la population et surtout ces nombreux véhicules «France au revoir» qui inondent la plupart des principales artères de la ville ;

malheureusement, au niveau des infrastructures routières, c'est toujours le statu quo, même que, sur certaines avenues, le bitume ou ce qu'il en reste après plusieurs décennies est plus que jamais devenu une source d'insécurité pour les usagers de la route.

Depuis, tous les regards sont braqués sur la municipalité de Bobo-Dioulasso, dont l'une des missions est de créer les conditions favorables au bien-être des usagers et à un trafic urbain fluide et sécurisé.

Alors comme solution à cette dégradation des voies de circulation dans la ville de Sya, la commune s'est toujours manifestée par des travaux qui consistent à boucher ces trous béants.

Il n'y aurait rien à dire si ces opérations de colmatage contribuaient véritablement à soulager la souffrance des usagers. En effet, à peine les chantiers sont-ils achevés que les nids-de-poule, voire même de dindon, réapparaissent.

Les poids lourds ou encore les eaux pluviales ont toujours eu raison de ces travaux de réfection, qui s'exécutent à répétition. Reste maintenant à savoir ce que tout cela représente comme investissement financier pour le budget communal :

certainement des millions pour la municipalité, qui annonçait officiellement sa contribution, cent millions de francs (100 000 000) FCFA, pour le succès de la dernière édition de la Semaine nationale de la culture, dont une grande partie destinée à la réfection des voies.

Toujours est-il que, pour certains habitants de Sya, principalement des usagers, ce n'est pas pour demain la fin du calvaire ; surtout avec cette saison des pluies qui commence et qui va, tout comme les années précédentes, transformer une bonne partie des artères en zones marécageuses.

Et tant pis pour les riverains et les usagers des voies, qui devront se préparer à affronter ces dures réalités de Sya, qui a longtemps fait la fierté de ses habitants mais qui, aujourd'hui, n'est plus que l'ombre d'elle-même. A quand alors ces vrais projets de réhabilitation des voies à la dimension d'une capitale économique ?

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