L'Afrique se porte bien, mais elle peut jouir d'une meilleure santé. C'est la conviction de la Banque africaine de développement (BAD) qui s'apprête à tenir sa 47è Assemblée annuelle, concomitamment avec la 38è assemblée annuelle du Fonds africain de développement (FAD).
Pour renforcer cette foi qui les guide dans leur action, Donald Kaberuka, le patron de cette institution et les siens ont placé cette réunion qui se tient à Arusha, en Tanzanie, du 31 mai au 1er juin 2012, sous le sceau du renforcement des acquis. Ils comptent surtout mener la réflexion sur l'impulsion à donner à la vie économique afin que le continent ne soit point abandonné sur le quai, mais emprunte bel et bien le train du développement, et le cas échéant, d'en être la locomotive. C'est dans cette logique que la BAD a placé ces assises de l'année 2012 sur le thème porteur de l'«Afrique et le nouveau paysage mondial: défis et opportunités».
Les défis représentent la denrée qui manque le moins en Afrique, un continent qui abrite généralement la plupart, pour ne pas dire tous les pays pudiquement dits «en voie de développement». Sinon, les puissants partenaires financiers occidentaux ont même créé pour certains d'entre eux, le cercle restreint de «Pays pauvres très endettés» auquel il faut accéder après avoir montré patte blanche.
Les critères exigés n'étant pas à la portée de tous. A en croire les «Grands» de ce monde qui n'en montrent que des images de guerres, de conflits de toutes sortes, de paludisme, de Sida, et des fléaux les plus dévastateurs, l'Afrique, c'est le condensé de toutes les misères de la planète. Pourtant, bien que ne pouvant se targuer d'occuper une place importante sur l'échiquier des échanges économiques mondiaux, l'Afrique, démunie d'outils conséquents de transformation, n'en est pas moins le continent que la plupart des pays occidentaux essore quotidiennement, de ses matières premières, depuis le temps de la colonisation jusqu'à l'ère actuelle des fameuses nouvelles relations qui portent le sceau fallacieux de partenariats gagnant-gagnants.
Sortir de ce mensonge à l'échelle internationale et faire avancer réellement l'Afrique dont certains comme René Dumont disent qu'elle est mal partie et que les plus pessimistes enfoncent toujours, à raison, dans les profondeurs du sous-développement. La Bad, en tout cas, est persuadée que l'Afrique doit tenir un rôle de choix dans l'avancée économique mondiale.
Et lors de la présentation du rapport sur les «Perspectives économiques en Afrique» ou des nombreuses rencontres inscrites à l'agenda de ses présentes Assemblées annuelles, le refrain le mieux chanté, c'est la promotion de toutes les initiatives et le financement des instruments qui concourent à l'essor du continent. Morceaux choisis: soutenir l'emploi des jeunes, cette fange constituant une grande richesse pour l'Afrique, raviver les valeurs positives en perte de disparition sur le continent, encourager le secteur privé par la mise en place d'un environnement pour son développement, lever les goulots d'étranglements de l'intégration des peuples, etc.
A quand l'Afrique? Question capitale que se posait avant sa mort, l'éminent homme politique et intellectuel burkinabè, Joseph Ki-Zerbo. Si la BAD, consciente de la lourdeur de la tâche arrive à lever les préoccupations dont elle a déjà établi le diagnostic, elle aura, indubitablement, répondu, «l'Afrique, c'est maintenant», au célèbre disparu.

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