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Gabon: L'UJPDG-France veut que le critère de l'âge d'accès à la bourse soit abrogé et que la loi soit réécrite

interview

Photo: http://www.presidentalibongo.com
Le Président Ali Bongo en visite à l'université Omar Bongo

Paris — Face à la crise qui secoue l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, le Délégué Fédéral de l'Union des Jeunes du Parti Démocratique Gabonais (UJPDG) France, Vivien Péa, dans un entretien exclusif à Gabonews ce mardi matin à Paris, milite aujourd'hui avec la dernière énergie, pour que le critère de l'âge d'accès à la bourse soit abrogé et que la loi soit réécrite à la lumière des réalités vécues par la société gabonaise, tout en alliant ces aspects sociétaux à la promotion de l'excellence et du mérite, tel que les promeut le Président de la République Gabonaise, Ali Bongo Ondimba. (Propos recueillis par Jacques Jarele SIKA).

Au Gabon, le Premier Ministre, Raymond Ndong Sima, a décidé de prendre en main le dossier de l'Université Omar Bongo. Objectif mettre fin à la contestation des étudiants qui dure depuis janvier dernier pour des raisons de bourse. Que pense l'UJPDG-France de cette initiative ?

L'UJDPG-France salue d'abord la promptitude et l'initiative du Premier Ministre qui a pris la mesure de ce problème en se saisissant du dossier, même si il faut le rappeler, des discussions avaient déjà eu lieu entre des représentants des étudiants et Monsieur Raymond Ndong Sima quelques jours seulement après sa nomination. La situation qui prévaut à l'UOB et désormais à l'USTM nous inquiète et peut parfois révolter. Aujourd'hui nous avons toutes les raisons de penser que seul un dialogue bipartite (Etudiants-Gouvernement) et le consensus peuvent ramener le calme au sein de l'institution universitaire. La démarche du Chef du Gouvernement nous parait de ce fait salvatrice, rédemptrice et responsable.

Le Premier ministre a compris que la reforme sur le critère d'âge pour avoir la bourse est la véritable pierre d'achoppement. Raymond Ndong Sima refuse cependant de décider précipitamment. Est-ce une façon de dire que la loi certes est dure, mais elle reste la loi ?

Vous savez, le Gabon comme tout Etat de Droit, fonctionne avec des lois que la représentation nationale vote. On ne peut donc pas reprocher aux responsables de l'Agence Nationale des Bourses et Stages d'avoir strictement appliqué la Loi. Cependant, lorsqu'elle est adoptée, l'interprétation de la loi ne doit pas occulter l'esprit dans lequel elle a été pensée, discutée et voulue par le législateur. Posons-nous déjà la question de savoir pourquoi d'antan, cette disposition relative à la limitation de l'âge d'accès à la bourse n'avait jamais été appliquée ? Probablement parce qu'elle apparaissait déjà à l'esprit de certains responsables de l'époque, comme disproportionnée et inégalitaire.

Néanmoins, nous reprochons au législateur de l'époque d'avoir adopté cette loi en faisant totalement abstraction des spécificités sociologiques de notre pays. En effet, au Gabon, vous avez une bonne partie d'élèves qui, de façon involontaire d'ailleurs, entrent très tard dans le circuit scolaire et universitaire pour en ressortir aussi tard. Que fait-on alors de ces jeunes gabonais qui ne comptent parfois que sur la précieuse allocation d'études que leur octroie de plein droit l'Etat pour subvenir à leurs besoins fondamentaux et nécessaire à leur réussite ? Heureusement que le Président de la République dans son souci permanent de préserver l'égalité et l'équité, a décidé de créer un fond spécial d'accompagnement des étudiants frappés par cette mesure disproportionnée de la Loi. Nous souhaitons d'ailleurs que dans l'esprit de préserver l'équité, ce fond soit étendu à l'ensemble des étudiants gabonais concernés, qu'ils soient au Gabon ou à l'étranger.

 Face à cette crise qui paralyse l'UOB, le Président de la République a formellement instruit le Gouvernement de prendre de façon urgente des mesures fortes, proportionnées et justes visant à rétablir l'ordre public et la paix sociale, et restaurer le fonctionnement normal de l'institution universitaire. Pour l'UJPDG-France, quelle est la meilleure mesure forte et juste pour ramener la sérénité au sein de ce grand temple du savoir ?

Au niveau de l'UJPDG-France nous avons vu les choses sous deux angles : Pour ce qui concerne la mesure forte, nous pensons que le Président de la République lui-même a déjà ouvert la voie, en mettant en place ce fond spécial d'aide dédié aux étudiants frappés par la limite d'âge, ce qui est un grand soulagement. Cette mesure a d'ailleurs été saluée par l'ensemble de la communauté estudiantine qui a bien perçu à la fois une volonté d'apaisement et la preuve que le Chef de l'Etat est loin d'être insensible à la situation qui prévaut dans l'institution universitaire. En revanche pour ce qui concerne la mesure juste, nous militons aujourd'hui avec la dernière énergie, pour que le critère de l'âge d'accès à la bourse soit abrogé et que la loi soit réécrite à la lumière des réalités vécues par la société gabonaise, tout en alliant ces aspects sociétaux à la promotion de l'Excellence et du Mérite, tel que les promeut le Président de la République.

Oui à l'équité, mais pensons également aux générations futures qui ont besoin d'avoir un système d'études performant et fluide. A ce titre, il est anormal qu'au sein de nos universités, l'on retrouve des étudiants boursiers âgés parfois de 40 ans, sachant que l'âge maximum d'entrée à la fonction publique est de 35 ans. Tous ces paramètres doivent être étudiés par le législateur pour que chacun y trouve son compte, surtout si nous voulons rendre nos universités plus compétitives. A ce sujet, on pourrait envisager de faire entrer des capitaux privés dans nos établissements d'enseignement supérieur, ce qui allégerait les charges de l'Etat, exigerait un meilleur suivi de nos étudiants et garantirait à coup sûr, de réels perspectives d'emploi à la sortie.

« Lorsque j'ai commencé à enseigner à l'Université Omar Bongo en 1978, à 26 ans, j'avais des étudiants de 1ère année de mon âge, et même plus âgés. Alors, si la décision de ne pas accorder la bourse au-delà de 27 ans, pour s'inscrire en Master, avait été prise à ce moment là, beaucoup ne seraient pas aujourd'hui les hauts cadres de l'administration qu'ils sont devenus. Proposer de telles mesures, c'est ignorer la précarité dans laquelle vivent les étudiants gabonais et, plus grave, briser le rêve des familles qui placent leur espoir dans la réussite de leurs enfants », disait Mme Albertine Maganga Moussavou, l'élue PSD du canton Ngounié centre en avril dernier. La réaction de l'UJPDG-France face à ces propos.

Même si nous ne partageons pas entièrement ce propos, il faut reconnaître que l'argumentation de Madame la Députée Albertine Maganga Moussavou rejoint un peu ce que je disais plus haut, à savoir la réadaptation de la loi aux réalités sociologiques de notre pays. Nous nous réjouissons d'ailleurs que ces propos sortent de la bouche d'un parlementaire, puisque ce sont eux qui votent les lois. On aurait pu éviter d'en arriver à cette situation si le Législateur en son temps, avait pensé à ces aspects avant d'adopter le texte. La situation est malheureusement restée latente durant des années sans que personne ne s'en émeuve. A présent le vin est tiré, il faut le boire. Le temps des émotions est révolu, il nous faut poser des actes, et le premier d'entre eux est le suivant : la Loi doit être réécrite et le critère de l'âge tel qu'il est prévu à ce jour doit disparaîetre ou être réadapté.

Votre invitation à tous les étudiants gabonais frappés par cette mesure.

Au nom de l'Union des Jeunes du Parti Démocratique Gabonais de France je tiens à dire aux étudiants qui vivent cette situation de garder leur calme et de privilégier le Dialogue. Qu'ils sachent que nous sommes de tout coeur avec eux mais que ce n'est pas en troublant l'ordre public, en méprisant les Institutions ou en défiant la Force Publique ou en prenant en otage la majorité silencieuse, que les problèmes seront résolus. En tant qu'étudiants, vous êtes, nous sommes l'élite intellectuelle de notre pays. A ce titre, nos comportements et actions doivent être mesurés, réfléchis et responsables. Les revendications doivent garder une visée strictement académique et toute manipulation ou récupération politiques est à bannir avec la plus grande intransigeance.

Le Président de la République, Chef de l'Etat est à la fois très sensible à la situation que vivent les étudiants aujourd'hui, mais aussi très respectueux des lois en vigueur de notre pays. Et c'est pour favoriser la proportionnalité et l'équilibre entre les deux, qu'il a dans un premier temps décidé de créer ce fond spécial d'accompagnement des étudiants frappés par la limite d'âge. Le Chef de l'Etat n'en est pas resté là puisqu'il a convoqué un Conseil de Cabinet consacré à l'Education, et instruit récemment le Gouvernement de trouver des solutions définitives à la crise universitaire. Une telle volonté de sa part, doit recevoir en retour de la tempérance dans les actions que nous menons pour revendiquer nos droits.

Ne décevons pas le Président de la République. Nous restons convaincus que dans un second temps, le Législateur sera saisi par le Gouvernement afin de corriger l'ensemble des incohérences qui entachent aujourd'hui le corpus législatif en matière d'attribution des bourses dans notre pays. L'UJPDG-France se fera comme beaucoup d'autres, l'avocat et le Porte-parole de la communauté estudiantine au plus haut niveau, pour que la sérénité et la quiétude au sein de ce grand temple du savoir soient définitivement rétablies. Merci à Gabonews de nous avoir permis d'exprimer notre point de vue à ce sujet.

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