L'Office national des aires protégées (OFINAP) du ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) avec le soutien de la Banque mondiale a initié un plan d'urgence contre le stress hydrique dans les parcs et concessions de chasse afin de palier au manque d'eau pour les animaux.
La mise en oeuvre de ce plan d'urgence a débuté au mois de mars 2012. Afin d'en suivre la mise en oeuvre, une mission s'est rendue dans les parcs nationaux d'Arly et W les 23, 24 et 25 mai 2012.
Il ressort de cette sortie sur le terrain un satisfecit des responsables des parcs et de l'OFINAP quand bien même certaines réalisations sont encore attendues.
Néanmoins, la faune elle, retrouve, pour le moment, la joie de vivre parce que leur temps de galère due à l'assèchement des mares et points d'eau est passé.
Janvier 2012 à Logobou, lors lancement de la campagne d'exploitation faunique, le ministre de l'Environnement et du développement durable, faisant le point sur l'importance de la faune burkinabè et de son apport dans l'économie nationale, émettait du même coup, des inquiétudes quant aux risques que cette faune encourrait à cause du stress hydrique.
L'Office national des aires protégées (OFINAP) a donc lancé un appel qui a été entendu par la Banque mondiale. Environ 350 millions de F CFA ont été déboursés pour mettre en oeuvre un plan d'urgence contre le stress hydrique dans la faune.
Faisant le point du stress hydrique, le directeur provincial de l'Environnement et du développement durable de la Tapoa, le colonel des Eaux et forêts, Pousga Célestin Zida, souligne que le problème de l'année 2012 a été plus criard et certains animaux s'embourbent dans les mares.
Il était important de trouver une stratégie pour pouvoir stocker l'eau. Alors, des mares devaient être curées et des forages réalisés afin de permettre à la faune de sentir moins les conséquences liées au manque d'eau dans les mares et réserves d'eau.
La mission conduite par l'Office national des aires protégées (OFINAP) du ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) s'est d'abord rendue dans la forêt du parc national d'Arly et ensuite dans le parc W.
Le premier responsable du parc national W, le commandant des Eaux et forêts, Yemboado Georges Namoano, a marqué sa satisfaction de revoir les animaux dans leurs espaces privilégiés.
Pour lui, « on peut dire que la situation du stress hydrique s'est nettement améliorée parce que d'une part, les mares ont été curées et d'autre part, les premières pluies ont commencé à tomber. »
Il en veut également pour preuve, le fait qu'en mars dernier, le cours d'eau d'Arly était pratiquement sec et qu'actuellement, il est devenu un nid d'animaux presque toutes les journées.
Comme réalisations sur l'ensemble du parc, dans le cadre du plan d'urgence, il était prévu le curage d'au moins quatre mares. Tous ces points d'eau sont actuellement pleins à la satisfaction de la population faunique.
S'il faut une preuve supplémentaire de l'importance des travaux contre le stress hydrique, il faut souligner que dans les environs des différentes mares et à travers la forêt, il est fréquent de rencontrer des troupeaux de buffles, de cobs, les cobs de buffon, les éléphants, les calaos, parcourant la forêt sans être inquiétés.
En exemple, environs 2 500 000 F CFA ont été déboursés pour le curage de la mare Cyril et la construction d'une digue à l'intérieur. Selon le Commandant Yemboado Georges Namoano, la digue permet de mieux retenir l'eau et de l'avoir en permanence.
Il a, en outre, souligné que la mare se situe dans la partie Nord du parc d'Arly « et cette partie manque de mares. Pourtant il faut une mare à chaque 10 km, ce qui empêchera les animaux de parcourir de grandes distances pour s'abreuver. » La mare Cyril jouit de l'importance de son emplacement dans la partie Nord du parc d'Arly.
Après les travaux, la fréquentation s'est accentuée et la mare a été aussi stabilisée, précise- t-il. Les cas comme celui de l'éléphant solitaire qui a bravé la présence humaine en mars 2012 pour venir s'abreuver sont pratiquement rares.
Il importe de mentionner que le curage de l'ensemble des quatre mares a coûté environs dix millions de F CFA, a confié le responsable du parc d'Arly.
Dans le parc national W, la satisfaction est également de mise, à en croire le premier responsable, le Colonel Pierre Kafando, par ailleurs, Directeur de la faune et des chasses (DFC).
L'image de ce phacochère qui n'a pas craint la présence humaine errant dans la mare Tamalé 1 est presque un mauvais souvenir pour la population faunique. La mare est presque pleine et vit dans les environs, une grande population.
Aussi, dans le même parc national W, des forages ont été réalisés aussi bien avec le solaire que la pompe, a expliqué le colonel Pierre Kafando, et les forages permettent de pomper 10 à 12 m3 d'eau par jour pour soulager les animaux.
Les nombreuses traces d'éléphants, de buffles, de lions et de cobas constatées autour des mares expliquent aisément que les animaux ont retrouvé la joie de vivre dans le parc, a confié le responsable du parc, toute chose qui prouve que le stress hydrique avait un impact la présence des animaux.
Dans cette partie, il reste la réalisation de trois forages mais l'espoir est permis que les animaux pourront résister en attendant la passation des marchés publics pour la réalisation des forages. Le coût des réalisations est estimé à ce jour à 7 millions de F CFA, selon Pierre Kafando.
Afin de donner plus d'impact à cette campagne contre le stress hydrique, les responsables des différents parcs ont fait réaliser les travaux avec la méthode Haute intensité de main d'oeuvre (HIMO).
Ainsi, les populations ont été impliquées, responsabilisées et ont effectué les curages et constructions de digue. Yemboado Georges Namoano, responsable de la gestion du parc d'Arly explique cela par le fait qu'en impliquant les populations, cela leur fait prendre conscience de la nécessité de protéger la faune et de façon générale, les aires protégées tout en leur rétribuant une certaine somme.
Dans le village de Saborga-Kori, Tadjoa Lompo, président de l'union des Comités villageois de gestion de la faune (CVGF) de Tambaga, explique que la mare du village a été réalisée en HIMO et cela leur a permis d'avoir de petits revenus pour prendre en charge leur famille tout en contribuant à préserver la faune.
Les femmes n'ont pas été en reste puisqu'elles ont été mises à contribution à travers la cuisine. Les 75 hommes et femmes s'en sont sortis chacun avec 2 000 F CFA par jour et ce, pendant plus d'une semaine de travaux, a précisé Tadjoa Lompo.
Si jusqu'à présent, la mise en oeuvre du plan d'urgence se passe bien, il n'en demeure pas moins que des points de non satisfaction existent.
Il s'agit là de la réalisation ou de la construction de pompes dans les parcs. Le directeur des aménagements et de la valorisation de l'OFINAP et membre du comité ad hoc de suivi de la mise en oeuvre du plan d'urgence, le commandant des Eaux et forêts, Barnabé Kaboré, a réitéré son souhait de voir l'accélération du processus pour l'acquisition du matériel pour la réalisation des forages.
Même son de cloche pour le commandant Yemboado Georges Namoano qui lance un cri du coeur auprès des responsables en charge des passations des marchés publics.
Le Commandant Barnabé Kaboré à propos de l'aménagement « L'aménagement est un des axes de gestion d'une aire protégée. En termes d'axes, il y a les aménagements, le suivi écologique, la valorisation et la communication à savoir la relation avec les communautés et la population entière.
Il s'agit donc essentiellement de l'aménagement de l'habitat. Cet aménagement concerne tout d'abord l'aménagement des points d'eau que sont les barrages, les mares et des forages ainsi que des pistes. Pour les pistes, il existe des pistes de desserte et les pistes intérieures.
Ces pistes sont utilisées aussi bien pour la vision que pour la surveillance. L'aménagement concerne également les salines. Elles jouent un rôle important dans le développement de la faune.
C'est dans ces endroits que les animaux trouvent d'autres éléments nutritionnels qui ne se retrouvent pas dans les végétaux. Les salines sont « les pharmacies » pour les animaux sauvages.
On note également en termes d'aménagement, celui par le feu. Il permet à l'herbe de repousser à des moments précis pour permettre aux animaux d'avoir de quoi se nourrir. »
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