L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Bénin: Boni Yayi à l'Elysée - France-Afrique ou pas France-Afrique...

Photo: Abdurrahman Warsameh/ISN
Les troupes de l'Union africaine.

On ne sait que trop, François Hollande a été préféré à Nicolas Sarkozy le 06 mai dernier non pas pour les recettes miracles qu'il entend produire pour éradiquer la misère africaine, mais pour le programme de croissance continue qu'il s'est engagé à défendre pied-à-pied pour relever le panier de la ménagère dans l'Hexagone.

Vue sous cet angle, la visite que le président Boni Yayi a rendue hier au niveau locataire de l'Elysée passera comme un non-événement aux yeux de bien des Français.

C'est tout juste si ceux qui y prêteront attention ne s'en gausseront pas comme de la réédition d'un rituel bien huilé depuis les indépendances :

un potentat nègre qui vient encore négocier des facilités de caisse pour le difficile bouclage de ses fins de mois.

Il n'empêchera que, pour les politologues afro-tropistes, François Hollande est très attendu sur les relations franco-africaines, lui qui a promis de s'engager dans une logique de rupture vis-à-vis du passé.

Quoiqu'on en pense, c'est à un double titre qu'il aura reçu le premier chef d'Etat africain subsaharien : en tant que président du Bénin, d'abord, un pays dont l'économie est en passe d'être naufragée par la piraterie maritime qui frappe le golf de Guinée et contre laquelle il est allé quémander le secours de la France comme du reste il l'avait déjà fait le 8 janvier 2011 auprès de Sarkozy ;

ensuite, Boni Yayi est également président en exercice de l'Union africaine, et à ce titre, il a plaidé auprès de son homologue français des dossiers vitaux pour notre continent telles la crise alimentaire, au sujet de laquelle le dernier sommet du G8 est resté bien en deçà de toutes les attentes, ou encore la partition du Mali, au nord duquel se profilent des risques de talibanisation ;

sans compter des questions tout aussi brûlantes que les négociations entre les deux Soudan, qui se sont ouvertes hier à Addis-Abeba. Et tout cela en attendant la rencontre très prochaine avec le président en exercice de la CEDEAO, l'Ivoirien Alassane Dramane Ouattara.

Comme on le voit si bien, France-Afrique ou pas France-Afrique, droite ou gauche à l'Elysée, les relations entre l'ancienne puissance tutrice et ses anciennes colonies d'Afrique épouseront toujours un tour particulier.

En effet, si la France ne va à cette Afrique-là, c'est cette Afrique qui ira d'elle-même à la France pour des raisons bien évidentes.

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