Rarement la nomination d'un sélectionneur national aura fait autant de vagues. Il faut remonter à la désignation de Patrick Parizon dit « Papa » en 2000 pour voir un choix de coach autant décrié.
Depuis l'annonce de la nomination de Sabri Lamouchi, la FIF reçoit des volets de bois vert. De la surprise à l'indignation, les Ivoiriens donnent dans les sentiments et poids sous le coup des inquiétudes. Cette nomination qui fait suite au limogeage de Zahoui François ne manque pas de soulever des interrogations.
Pourquoi Zahoui a été liquidé ?
Parmi les griefs contre la FIF, la récurrente question du limogeage de Zahoui est au premier plan. L'Ivoirien, recruté en 2010 par Jacques Anouma a réussi à hisser la Côte d'Ivoire en finale de la CAN 2012.
Malheureusement, Zahoui a échoué en finale devant la modeste formation de la Zambie aux tirs au but. Cette défaite a-t-elle pesé dans la balance jusqu'à son dégommage ? Rien n'est moins sûr.
Mais depuis quelques semaines, des rumeurs persistantes annonçaient ce qui est arrivé avant-hier. Malgré les assurances données par la FIF il y a seulement quelques jours, l'ancien capitaine des Eléphants, n'ira pas au bout de son contrat qui finit en principe en aout 2012. Lors des éliminatoires à la CAN, Zahoui est tombé sur des équipes de seconde zone. Il qualifie aisément la Côte d'Ivoire à la CAN.
Une fois à Malabo, Zahoui hérite d'un calendrier qualifié de clément. Le Soudan, le Burkina Faso, l'Angola sont à la portée des Eléphants en match de poule. La Guinée Equatoriale en quart de finale n'est qu'une formalité. En demi-finale, les Aigles du Mali confirment l'historique suprématie des pachydermes.
Le seul vrai test des Eléphants à la CAN se résumait à la finale. Malheureusement Zahoui se brise les dents sur les Chipolopolo et laisse échapper une coupe qui pourtant lui tendait les bras. Si trois mois après l'expédition de la CAN Equato-Gabonaise, le technicien ivoirien est resté en place, cela veut dire que son subit limogeage a d'autres raisons.
Selon certaines sources, certains joueurs cadres de la sélection ne portaient plus leur sélectionneur dans leur coeur. Ces derniers auraient fait un lobbying et même du chantage pour finalement avoir la tête de Zahoui. Vrai ou faux ?
Toujours est-il que la FIF a décidé de repartir avec un nouveau technicien. Et c'est le choix de ce dernier qui rend la colère de certains observateurs encore plus noire.
Sabri Lamouchi qui a été préféré à Zahoui est un novice et n'a aucune expérience sur un banc. Est-ce ce qui effraie le plus les Ivoiriens ? C'est presque certains car de façon naturelle l'homme a toujours craint l'incertitude.
Du choix de Lamouchi
A regarder de près, c'est plus le choix du successeur de Zahoui qui soulève les courroux des Ivoiriens que le limogeage du coach ivoirien. Sans passé ni palmarès, Sabri Lamouchi entamera sa carrière d'entraineur chez les Eléphants. La première nation du football en Afrique aura à sa tête un bleu pour tenter de la conduire à la coupe du monde Brésil 2014.
Est-ce un bon choix ? Beaucoup de personnes se perdront en conjoncture mais la fédération a certainement de quoi justifier sa préférence pour cet ancien international français qui vient à peine de boucler sa formation d'entraineur.
Sa jeunesse et son vierge palmarès font penser que la maison de verre de Treichville veut s'inscrire dans la durée avec quelqu'un qui n'a pas d'idées préconçues.
Est-ce le prix de Sabri qui aura plaidé en sa faveur ? Naturellement avec un CV vierge, le franco-tunisien ne peut coûter cher comme si c'était un entraineur chevronné.
Va-t-il réussir ou pas ? C'est une autre question à laquelle seul le terrain peut apporter une réponse claire. Il est vrai que Sabri n'a pas d'expérience ni aucun vécu mais la réalité du football est commandée par les résultats.
Et c'est sur le terrain, comme le maçon au pied du mur, que Sabri devra confirmer ou infirmer tous les doutes soulevés par sa désignation.
Zahoui n'avait-il pas essuyé beaucoup de critiques lorsque Jacques Anouma lui avait confié l'équipe nationale ? Il venait du centre de Toulon et n'avait été que quelques semaines sur le banc de l'Africa sport.
Ce qui ne l'a pas empêché de tenir des joueurs de grand acabit comme Didier Drogba, Yaya Touré, Kolo, Maestro, Chico et bien d'autres pendant presque deux années. Sabri fera-t-il mieux ? Rien n'est moins sûr mais il faut attendre de le voir à l'oeuvre avant de le juger ou même le condamner.
Car en réalité tout ce qui se raconte n'est que pures inquiétudes et simples frayeurs. Le football étant lui-même une science humaine (peu concrète), rien ne dit également que Sabri ne va pas réussir avec les Eléphants.
Il ne reste qu'à lui souhaiter bon vent et cela commence déjà ce samedi face à la Tanzanie en match éliminatoire de la coupe du monde, Brésil 2014.

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