Kinshasa — Investi le 9 mai 2012, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a pris une vitesse de croisière dans l'exécution de ce qui est considéré comme priorités dans son action, afin de répondre aux impératifs de la vision du Chef de l'Etat, Joseph Kabila, à travers la Révolution de la Modernité.
Ainsi, le Premier Ministre, qui pilote l'action gouvernementale, avait-il décidé de s'adresser à la nation, par médias interposés. Question d'éclairer la lanterne tant de l'opinion nationale, exigeante ; elle qui voudrait voir le Gouvernement répondre, le plus rapidement, à ses besoins sociaux de base. Mais, également de l'opinion internationale, attentiste, parce que frileuse du climat des affaires pas toujours rassurant. C'est dans ces entrefaites que le Premier Ministre, Matata Ponyo, entend parler. Ce rendez-vous avec les professionnels des médias, initialement prévu pour ce vendredi, a été renvoyé sine die, avons-nous appris des sources proches de la primature, tard dans la soirée, ce jeudi 31 mai 2012.
Les raisons de ce report n'ont pas été communiquées. Toutefois, l'on croit savoir que la souffrance humaine et les besoins accrus dans le chaos au Nord-Kivu n'auraient pas manqué de secréter une incidence sur le calendrier du Premier Ministre. A en croire des sources humanitaires, près de 100.000 personnes ont abandonné leurs maisons ; 21.000 autres ont traversé les frontières vers le Rwanda et l'Ouganda. Ces populations déplacées font face à de nombreux besoins pressants. Que fallait-il alors attendre de l'adresse de Matata ? Investi le 9 mai dernier, l'équipe Matata n'a pas bénéficié d'un délai de grâce.
Le pays connaît la guerre dans sa partie Est où les groupes armés et autres opportunistes, facteurs de trouble, ne cessent de provoquer la désolation parmi les populations civiles. Cette question, faut-il l'affirmer, divise tant les congolais que la classe politique, au point que l'Assemblée Nationale a siégé à huis clos, pour ne pas exposer les décisions à prendre dans l'immédiat et les stratégies à envisager à court, moyen et long terme. C'est aussi le besoin pour le congolais de connaître la nature du contrat signé entre les autorités congolaises et rwandaises sur ce point, alors que les FARDC ont mis en déroute ceux qui entretiennent des velléités bellicistes dans cette partie du pays. Autant dire que Matata Ponyo n'aurait eu à édulcorer aucune question. Amélioration du climat des affaires La Révolution de la Modernité prônée par le Chef de l'Etat, Joseph Kabila, passe inexorablement aussi par l'amélioration du climat des affaires.
Et, c'est pourquoi, fait-on savoir, que le Président de la République s'était empressé à engager son Pays, la RDC, au processus d'adhésion à l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). La question étant cruciale, le Premier Ministre devait fournir des indications précises sur les avancées significatives réalisées à ce jour, pour l'attrait des investisseurs qui se sentiraient sécurisés par l'ordonnancement juridique en la matière. Dans le même lot, la question de la maîtrise du cadre macroéconomique. Elément non moins important, parce que répondant aux exigences des Institutions de Breton Woods en ce qu'elles en font une condition pour la conclusion de tout programme avec le Gouvernement.
Et, comme tel, des explications devaient être livrées sur l'arrivée prochaine d'une délégation du FMI et les évaluations sur la quatrième, cinquième, voire la sixième revue dont l'attention reste focalisée sur la réunion du Conseil d'administration du Fonds à Washington. Par ailleurs, la levée des boucliers du Mouvement de Libération du Congo (MLC) quant à la question des audits contre les Premiers Ministres et Ministres sortants ne manquera pas de faire l'objet de commentaire. Autant dire que le Premier Ministre, dans son adresse fiévreusement attendue, sera appelé à faire preuve de dextérité, de précision et concision dans ses explications pour que les Congolais sachent désormais à quoi s'en tenir.

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