Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Comment résorber le retard du calendrier académique

Le ministre des Enseignements secondaire et supérieur (MESS), Moussa Ouattara, était face aux hommes des médias, à l'occasion du point de presse du gouvernement, organisé le jeudi 31 mai 2012.

Il a été question de la politique universitaire, du déroulement de l'année académique et des mesures prises par le gouvernement pour un meilleur fonctionnement des universités du Burkina Faso.

L'Université de Ouagadougou (UO) connaît un grand retard sur le calendrier académique, au point qu'actuellement, certaines filières, notamment les 1ères années des Unités de formation et de recherche (UFR) des Lettres, arts et cultures (LAC) et des Sciences de la vie et de la terre (SVT) n'aient pas encore commencé les cours.

Au cours du point de presse du jeudi 31 mai 2012, le ministre des Enseignements secondaire et supérieur (MESS), Moussa Ouattara a expliqué ce retard par diverses raisons. Les enseignants, les étudiants, ainsi que le personnel administratif et technique, selon le ministre, ont des préoccupations en leur sein.

Pour apporter des solutions à toutes ces préoccupations, le gouvernement a pris des mesures cette année, en matière d'enseignement supérieur pour envisager une solution durable aux difficultés rencontrées dans l'enseignement supérieur, notamment le chevauchement des années académiques.

A en croire le premier responsable du département des enseignements secondaire et supérieur, le gouvernement compte s'attaquer aux problèmes infrastructurels et la bonne gouvernance au sein des universités.

« Il est prévu, au cours de l'année 2012, la tenue des états généraux de l'enseignement supérieur », a-t-il fait savoir. Sur instruction du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, un comité ad hoc interministériel de haut niveau, a été mis en place à cet effet. Ce dernier a pour tâche de faire le diagnostic complet de l'enseignement supérieur.

Bientôt 7 nouveaux pavillons de 2 500 places chacun

Dans l'optique de poursuivre la résorption du déficit du personnel enseignant, un recrutement substantiel d'enseignants est prévu. A ce titre, le gouvernement entend au cours de cette année, recruter 1182 enseignants du secondaire, toutes disciplines confondues et 45 enseignants du supérieur.

En outre, la mise en oeuvre de la formation ouverte à distance, à l'Institut des sciences (IDS), au profit des étudiants, en vue de l'obtention de la licence professionnelle, permettra de créer un vivier d'enseignants, foi de Moussa Ouattara.

En ce qui concerne le volet infrastructurel, il va s'agir de réaliser 7 pavillons de 2 500 places chacune, à raison de deux dans chacune des universités de Ouagadougou, de Ouaga2, de Bobo-Dioulasso et un pavillon à l'Université de Koudougou dont le coût total (des 7 pavillons) s'élève à 7 876 015 119 F CFA.

« A la faveur des prochaines manifestations du 11-Décembre à Koudougou, l'Université de Koudougou procède à la construction d'un amphithéâtre de 1 000 places et d'autres infrastructures comme la bibliothèque centrale, des laboratoires de travaux pratiques, des châteaux d'eau et des équipements divers, pour un montant de 1 797 218 185 F CFA », a-t-il poursuivi et de laisser entendre qu'une nouvelle UFR verra le jour, pour compter de la rentrée 2012-2013, pour le compte de l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB), à l'intérieur de la commune, pour éviter d'accentuer le problème actuel de transport sur le site de Nasso.

Pour ce qui est de l'amélioration des conditions d'étude et de vie des étudiants, Moussa Ouattara a confié aux hommes des médias qu'il y a eu la signature d'une convention de financement avec la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) d'un montant de 10 625 790 000 F CFA, pour l'acquisition de 135 bus au profit des universités et des grandes écoles de formation.

Parmi ces bus, 60 de grande capacité serviront aux déplacements des étudiants sur les campus. Mais aussi, à l'ensemble des populations des villes de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou.

A cela s'ajoute la construction de cités universitaires de 1 008 lits à Bobo-Dioulasso et de 400 lits à Ouaga2 et la construction d'un restaurant universitaire de 500 places à l'université Ouaga2 pour un montant de 894 353 020 F CFA.

L'octroi d'aides, de prêts et de bourses à 60 016 bénéficiaires s'élève à un montant de 12 922 575 000 F CFA. En somme, la prise en charge sociale des étudiants est évaluée à 20 822 575 000 F CFA, au cours de cette année.

« Dans notre lettre de mission, nous avons été instruit par le Premier ministre de faire en sorte que dans deux ans, nous puissions résorber ce retard.

Mais, vous conviendrez avec moi qu'il ne s'agit pas pour le ministre que je suis, de m'installer dans un bureau et de décider de quelque chose.

Il faut élargir la discussion à tous les partenaires de l'éducation », a reconnu Moussa Ouattara. La mise en oeuvre du système Licence master doctorat (LMD) n'y est-elle pas pour quelque chose, dans le retard constaté dans le calendrier universitaire ?

Pour le ministre, le système LMD s'imposait pour être en conformité avec les textes de la commission de l'UEMOA et des pays occidentaux.

« Si vous prenez un étudiant qui a l'ancienne licence, et qu'il doit s'inscrire dans une des universités des Etats-Unis, cela pose un problème », a-t-il fait remarquer. Selon lui, c'est la nouveauté du programme de formation qui crée des angoisses au sein du monde universitaire.

Pour remédier à cela, une série de sensibilisations et même un forum national de l'avis du ministre, avait été organisé pour donner de plus amples informations sur le système LMD.

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