Deuxième meilleure croissance après l'Asie, cette dynamique est appelée à induire une réelle transformation économique pour être porteuse de développement. En présence des présidents Jakaya Kikwete de la Tanzanie et Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire, la cérémonie d'ouverture des assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement a connu ses temps forts dans la salle Plazza du centre international des conférences d'Arusha.
Des orientations et des pistes sont proposées par des intervenants à l'occasion, afin que la croissance économique qu'enregistre le continent depuis un temps puisse conduire à une réelle réduction de la pauvreté. D'où, ce thème interpellateur : «L'Afrique et le nouveau paysage mondial : défis et opportunités». Quatre temps forts marquent l'ouverture des assises.
LE MAROC ET LES AXES DU FUTUR
Le royaume chérifien qui recevra les prochaines assemblées de la BAD a donné le ton. Le roi Mohammed VI a en effet, adressé un message de responsabilité aux Africains par la bouche d'Oumar Kabaj, ancien président de la BAD. Le roi Mohammed VI se dit conscient du contexte international difficile actuel « marqué par la persistance de la crise mondiale, avec son lot d'incertitudes, de risques et de perspectives mitigées en termes de croissance et de reprise économique».
Ce qui en appelle à plus de responsabilité d'autant plus que «des niveaux très élevés de croissance, nombreux sont les pays qui ne seront pas malheureusement pas au rendez-vous des Objectifs du Millénaire pour le Développement, notamment avec des taux de pauvreté appelés encore à augmenter ».
Selon le roi Mohammed VI, son pays ne changera pas sa politique régionale. «Le Maroc est résolument attaché à la mise en oeuvre d'une coopération agissante et solidaire avec son espace africain. A l'interne, des choix stratégiques efficaces ont été opérés. Le Maroc, soutient le roi Mohammed VI, «délibérément choisi la voie judicieuse du développement intégral et de la bonne gouvernance.» En effet, le véritable défi est celui de la pauvreté avec son corollaire la redistribution équitable des revenus.
L'initiative nationale pour le développement humain lancé en 2005 couplée avec «les multiples chantiers d'infrastructure et de grandes stratégies sectorielles, ou encore la réforme du système éducatif et l'élargissement de la couverture médicale, le Maroc a jeté les bases d'un modèle de développement inclusif et équilibré. Il a pu ainsi réaliser des avancées significatives en matière de dynamisme économique et de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion», insiste le roi Mohammed VI.
Mohammed VI considère que des axes de l'action du futur devraient tenir compte d'un accroissement des flux interafricains. « Nous sommes convaincus que le potentiel économique de notre continent sera plus grand et sa portée plus large si les relations intra-africaines parviennent à s'approfondir, aux plans des échanges, des communications et des investissements communs, notamment dans le cadre d'ensembles sous régionaux volontaristes et effectifs». Il convient de souligner que les prochaines assemblées de 2013, se tiendront au Marrakech, au Maroc.
DE LA CROISSANCE A LA TRANSFORMATION
Succédant à l'émissaire du roi Mohammed VI, le président de la BAD, Donald Kaberuka, n'a pas caché ses appréhensions face à l'optimisme qui se lit à travers le continent grâce à la croissance enregistrée depuis quelque temps. Donald Kaberuka considère que «si les problèmes immédiats, symptomatiques peuvent être résolus par l'assainissement des finances publiques conjugué à des stratégies de croissance, les problèmes structurels quant à eux, semblent très profonds et leur résolution prendra sans doute du temps. A ces incertitudes, il nous fait maintenant ajouter les signes inquiétants de ralentissements dans les grandes économies émergentes ». Usant d'une formule imagée, le président de la BAD indique que «les nuages deviennent plus sombres
OUATTARA PLAIDE POUR ABIDJAN
Invité par son homologue tanzanien, Alassane Dramane Ouattara, le président ivoirien, en a appelé à la capitalisation du boum démographique que le continent. L'afro-pessimisme cède de plus en plus à l'afro-optimisme. L'accroissement de la population africaine qui atteindra 2 milliards d'individus d'ici 2050 doit produire des dividendes.
A la condition que la fracture sociale ne vienne pas mettre un frein à tous ces acquis. Cette population dont la moyenne d'âge sera de 20 ans contre 30 en Asie aura besoin d'avoir accès aux emplois. Sans perspectives d'avenir, cette jeunesse pourrait causer des problèmes même pour « des gouvernements démocratiquement élus ».
Les grands travaux de construction d'infrastructure, l'augmentation constante des flux commerciaux avec les émergents qui a atteint le seuil de 200% sont autant d'atouts pour l'Afrique et la Cote d'Ivoire d'engranger des dividendes de la croissance. Enfin, le président ivoirien a assuré du retour de la paix dans on pays. Avec cet acquis, il est convaincu que le siège de la BAD retournera à Abidjan, notamment lors de la célébration du cinquantenaire de l'institution financière africaine en 2014.

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