L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique: Crise malienne - L'UA avance à reculons

Photo: Al-Jazeera
Azawad une région dans le nord du Mali aux mains des rebelles.

Quid de la promesse faite par la Cédéao ? Aux premières heures de la prise des 2/3 du territoire malien par les rebelles touareg, aidés dans leur tâche par les sympathisants d'Aqmi, d'Ansar ed Dine et autres affidés, l'instance ouest-africaine avait embouché sa trompette pour clamer haut et fort sa volonté d'envoyer des troupes au pays d'Att.

Puis passa le temps ; et plus complexe se révéla la question malienne ; à l'heure actuelle, en dépit de petites déclarations timides, on en est à se demander comment trancher le noeud gordien malien. La réponse à cette question provient non de la Cédéao, mais bien de l'Union Africaine.

On retiendra de toutes les circonlocutions et précautions diplomatiques prises par Yayi Boni, président en exercice de l'Union africaine s'exprimant depuis Paris, que le continent africain, dans sa tentative de résolution de l'équation malienne, opte pour la méthode douce :

il évoque une solution militaire, mais se prononce en faveur d'une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU en vue de la création d'une force africaine d'intervention au Mali.

Bref, on l'aura compris, après les menaces brandies aux premières heures de la partition du Mali, et sans doute après examen approfondi de la situation réelle sur le territoire malien, la realpolitik aura forcé à un retour à la raison.

Ni la Cédéao ni l'UA ne peuvent vraiment intervenir en territoire malien, tant leur manquent moyens financiers, logistiques, et peut-être même l'enthousiasme des Etats membres.

Comme raison à cela, on dit du Mnla et d'Ansar ed Dine que leurs armements réunis constituent une véritable force de frappe. Les Etats africains, à supposer qu'ils consentent à envoyer des ressortissants pour sauvegarder l'intégrité du territoire malien, souhaitent à tout le moins que les contingents qu'ils auront à envoyer en mission humanitaire retournent sains et saufs chez eux.

Et comme de toute évidence ils n'ont pas à disposition les moyens de la politique de l'idéal préconisé par la Cédéao et l'UA, la raison commande de refiler la patate chaude à des instances plus grandes ; de la question Yayi Boni a discuté avec le tout nouveau président français, Hollande.

Le maître de l'Elysée, s'il donne son accord pour pareille initiative, engagera financièrement l'Hexagone. Et si d'aventure l'ONU, elle aussi, délivrait son quitus, par voie de conséquence, elle devrait mettre à disposition les moyens nécessaires ;

et alors, l'embarras des pays africains devrait se dissiper : ils ont envie qu'on résolve la question malienne, mais en retour ils n'ont pas les moyens évidents de leur politique.

Reste à savoir à quand l'unanimité du Conseil de Sécurité de l'ONU pour résoudre la question malienne. Le Mali n'étant pas la Libye, il se pourrait que l'on ne rencontre pas de véritable hic à ce niveau.

Demeurent la difficile question de la fierté et de la souveraineté, celle de la volonté des africains de résoudre les problèmes continentaux à la sauce africaine en usant de moyens locaux.

Pour ce nouveau cas, celui malien, comme pour d'autres avant lui, on risque de passer à côté de l'idéal africain envisagé ; ce serait alors un échec, un de plus, et sans doute un de trop.

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