Son intervention ne figurait pas dans le programme. Mais elle est venue à point nommé pour clôturer la première séance de la conférence organisée hier au Palais de Carthage par la Présidence de la République avec pour thème : «Les cinq libertés dans l'Union du Maghreb arabe».
Nous avons profité de la pause pour lui poser trois petites questions, non sans être bousculé gentiment par nos confrères de l'une des chaîenes de télé.
Comment envisager l'édification de l'Union maghrébine alors que le problème du Sahara occidental continue de freiner ce processus?
Ce problème ne doit pas devenir un obstacle sur le chemin de l'unification du Maghreb. C'est là notre conviction au Royaume du Maroc.
Nous pouvons même avancer dans l'intégration maghrébine et laisser en même temps le secrétaire général de l'ONU et le Conseil de sécurité jouer chacun son rôle.
C'est d'ailleurs l'un des points sur lesquels nous nous somme mis d'accord avec nos frères algériens lors de ma dernière visite officielle à Alger.
Le sommet maghrébin qui se tiendra en octobre prochain à Tunis permettra en tout cas au Maghreb de faire avancer son processus d'intégration en réformant son système interne, surtout à la lumière de la nouvelle réalité née grâce à la révolution tunisienne. Le Maghreb aura, nous l'espérons, des institutions plus agissantes et des prérogatives plus étendues.
Cela est possible car il existe aujourd'hui la volonté politique qui manquait.
Mais il reste d'autres défis.
Personne ne le nie. Il existe plusieurs défis à relever. Mais grâce à la volonté politique, ils seront tous relevés. Là je suis totalement optimiste. Je prends l'exemple de l'économie.
Produire pour un marché de plus de 90 millions de consommateurs est nettement plus intéressant que de le faire pour 20 ou 30 millions.
Certains accords doivent être actualisés et doivent devenir effectifs comme celui relatif au libre-échange et non afin qu'ils puissent nous permettre de traiter d'égal à égal avec les autres groupements économiques tels que l'Union européenne. Nous ne pouvons pas devenir concurrentiels si nous restons dispersés.
La dimension économique est toujours prépondérante chez les décideurs alors que la dimension culturelle est essentielle et là les défis sont énormes et sont liés à des enjeux de taille tels que l'identité et les valeurs sociales à partager ?
La dimension économique s'impose partout dans le monde. Il s'agit là d'une urgence. A travers l'économique, nous sommes en plein dans le politique.
L'intégration économique est à notre portée et le socle culturel est commun. Avec l'intégration économique, tout deviendra plus facile et l'intégration culturelle pourrait ainsi suivre.
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