Le Soleil (Dakar)

Afrique: 47ème assemblée générale de la BAD

Le ministre de l'Economie et des Finances a eu des contacts fructueux à Arusha (Tanzanie), lors des 47èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement. Ses interlocuteurs ont apprécié la nouvelle politique économique mise en vigueur depuis deux mois par la nouvelle équipe gouvernemntale.

Les quarante septième Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) ont pris fin hier, à Arusha, en Tanzanie.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Amadou Kane, qui a participé à cette session, s'est dit satisfait, en raison de « l'importance des réflexions en cours pour modeler la nouvelle stratégie de la Banque destinée à venir en appoint aux pays africains ». Il a ainsi noté l'engagement des pays à contribuer à cette vision pour faire de la Bad leur banque.

Ces Assemblées annuelles ont été aussi une opportunité pour les participants venus du monde entier d'approfondir les relations avec leurs partenaires, à travers des discussions bilatérales et multilatérales. Elles ont permis de nouer des relations d'affaires avec les investisseurs et les organismes de financement, renseigne M. Kane.

C'était une belle occasion, pour le ministre de l'Economie et des Finances, qui participait, pour la première fois, aux Assemblées annuelles de la Bad.

Depuis sa nomination, il n'avait pas encore rencontré les partenaires du Sénégal et ses collègues ministres pour leur exposer la nouvelle vision des autorités sénégalaises concernant les orientations économiques du pays.

2 milliards de la Badea pour l'hôpital « Dalal Jamm »

Le premier acte posé par Amadou Kane à Arusha a été la signature, avec le directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), Abdelaziz Khelef, d'un accord de prêt de 4 millions de dollars américains, soit 2 milliards de francs Cfa, destiné à la construction de l'hôpital Dalal Jamm de Pikine.

« Ce prêt permettra de contribuer à l'offre sanitaire aux populations de la banlieue dakaroise », a souligné le ministre de l'Economie et des Finances. Durant son séjour à Arusha, M. Kane s'est entretenu avec les responsables du Fonds saoudien.

« Les discussions ont été riches et enrichissantes », a-t-il indiqué, ajoutant qu'elles constituent un prolongement des entretiens que le président Macky Sall a eus avec le roi Abdallah d'Arabie Saoudite.

« Nous avons noté une ouverture extraordinaire des Saoudiens, qui se sont déclarés disponibles à nous accompagner en nous autorisant même à annoncer à d'autres partenaires leur niveau d'engagement dans le financement de certains projets comme la route Ourossogui-Ndioum, la route des Niayes et celle de l'Ile à Morphil ».

Les partenaires saoudiens du Sénégal ont fait part, au ministre de l'Economie et des Finances, de leur volonté d'intervenir dans l'agriculture.

Ils ont accepté d'être partie prenante dans l'assainissement de la banlieue dakaroise en aidant à l'évacuation des eaux pluviales. Les responsables du Fonds saoudien ont exprimé leur disponibilité à financer des forages pour le compte du Sénégal.

Le ministre de l'Economie et des Finances a rencontré également des responsables de la Banque islamique de développement, notamment ceux qui gèrent sa filiale qui finance les « sukuk ».

Tout en les remerciant de leur coopération avec le Sénégal, le ministre leur a expliqué que les raisons pour lesquelles il a gelé le premier « sukuk » qui devait être lancé au Sénégal, étaient dictées par un souci de reprofilage de la dette sénégalaise.

« Notre souhait est de ne pas financer des infrastructures sur une durée de deux ans, mais sur une période plus adaptée et à des conditions meilleures », a-t-il souligné. Sa position a été bien comprise par ses interlocuteurs.

Avec les représentants des organismes de notation, Moody's et Standard and Poors, Amadou Kane a dressé un tableau complet de la situation économique depuis la mise en place du nouveau gouvernement, il y a deux mois. Il est aussi revenu sur la période électorale pour saluer la maturité du peuple sénégalais.

Après son exposé, ses interlocuteurs ont salué la réussite de la transition politique au Sénégal et se sont dit impressionnés par la vision claire du ministre sur la gestion de l'économie sénégalaise.

Des missions de ces deux organismes seront envoyées au Sénégal, courant juin, pour approfondir les discussions avec les responsables du ministère de l'Economie et des Finances.

Amadou Kane a aussi rencontré des responsables de Bnp Paribas. Les discussions ont porté sur plusieurs questions d'actualité, notamment les infrastructures, la dette, l'énergie solaire, etc.

Le ministre de l'Economie et des Finances a exprimé son désir de changer le profil de la dette sénégalaise en s'orientant vers des emprunts sur une durée plus longue et à des taux moins importants. Il a souhaité se tourner vers des fonds concessionnels.

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