Sénégal: L'insécurité et le braconnage menacent le parc national de basse Casamance

Ziguinchor — L'insécurité relative à la présence de combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dans le périmètre du Parc national de Basse Casamance (PNBC) rend difficile la protection de cet espace qui souffre en même temps de l'abattage clandestin, a indiqué son conservateur Mapathé Djiba.

"La présence des combattants du (MFDC, rébellion) dans le parc constitue un handicap, parce que nous n'avons aucune emprise sur cet espace", a-t-il dénoncé dans un entretien accordé au correspondant de l'APS, en perspective de la Journée mondiale de l'environnement.

Le Sénégal, à l'instar de la communauté internationale, célèbre mardi la 40é édition de la Journée mondiale de l'environnement. "Economie verte, en faites-vous partie ?" est le thème retenu cette année par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

"La première difficulté à laquelle nous sommes confrontés, c'est l'insécurité qui règne au niveau du parc. Nous n'avons plus accès au parc. Tout ce que le parc regorge comme potentialités, nous le constatons du dehors", a-t-il dit.

Les combattants du MFDC n'exploitent cependant pas le bois, a-t-il relevé. "Le problème de l'exploitation abusive du bois ne se pose pas ici comme ailleurs, parce qu'ils ne peuvent pas vendre le bois en Guinée-Bissau, encore moins au Sénégal", a-t-il déclaré. Mieux, souligne-t-il, la présence des maquisards à l'avantage d'empêcher les populations riveraines d'avoir accès au parc.

"Nous sommes plutôt préoccupés par l'exploitation abusive du gibier. Nous sommes en train de sensibiliser les populations contre l'abattage clandestin du gibier. Nous avons pu trouver des activités alternatives, mais aucun bailleur ne veut les financer à cause l'insécurité", a indiqué le conservateur du PNBC.

Les espèces les plus menacées sont les antilopes (guib harnaché), les crocodiles et les singes, a-t-il dit, expliquant cette situation par l'importance de la religion traditionnelle pour les personnes s'adonnant à cet abattage clandestin du gibier.

"Cette situation nous permet de conserver une grande partie du parc. Ils (les maquisards) ont établi leur base à l'intérieur du parc. Les animaux sont obligés de sortir à la périphérie du parc pour occuper certaines aires géographiques", a-t-il fait valoir.

"Nous gérons le parc d'une façon simple. Nous avons trouvé une stratégie annexe dans la mesure où nous ne pouvons pas y accéder", a souligné M. Djiba selon qui le PNBC a mis en place un Groupement d'intérêt économique (GIE) d'éco-gardes constitué essentiellement de jeunes volontaires issus des villages environnants pour faire le travail de suivi de l'écosystème.

"A partir de chaque mois, nous leur remettons des fiches de suivi-évaluation que nous exploitons. C'est à partir de ces fiches que nous parvenons à savoir s'il y a une évolution de l'écosystème", a-t-il expliqué.

"Mais, à partir de ces dernières années, le constat est clair que nous avons une évolution  de la biomasse, mais aussi de la faune.

Quand nous faisons nos relevés, on constate que la dynamique tendancielle est favorable avec le repeuplement de la faune", s'est félicité le conservateur du PNBC.

"Chaque matin, nous voyons des gens partir à la chasse. C'est un signe que la biodiversité surtout animale est en nette progression", s'est encore félicité M. Djiba, par ailleurs ingénieur des Eaux-et-forêts. Selon lui, l'insécurité ne favorise pas le développement du tourisme dans le parc.

"Pour contourner cette difficulté, le PNBC a toutefois établi des circuits touristiques avec les villages périphériques, a-t-il encore déclaré.

Le PNBC qui a une superficie de 5.000 ha est situé entre les communautés rurales de Santhiaba Manjak et d'Oukout, dans le département d'Oussouye (40 km au sud-ouest de Ziguinchor). Il est essentiellement constitué d'une forêt sub-guinéenne et d'une mangrove, a précisé M. Djiba.

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