La retraite du Groupe des sages de l'Union africaine (UA) pour l'examen de l'état de la paix et de la sécurité en Afrique, tenue les 4 et 5 juin 2012 à Ouagadougou, a débouché sur des propositions de solutions à même de prévenir les crises et conflits.
Au terme des deux jours de réflexion, le Groupe des sages de l'Union africaine (UA), au chevet d'une Afrique souvent en proie à des crises sociopolitiques, a trouvé des remèdes, pour sortir le continent de la tourmente.
Ce comité de personnalités a été aidé dans sa tâche par les sages des communautés économiques et des mécanismes régionaux, et les amis du groupe dont l'ancien président du Cap-Vert, Pedros Pirès.
Aux dires du commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, la « thérapie » proposée au cours des travaux repose essentiellement sur la nécessité d'oeuvrer à la prévention des crises et conflits en Afrique.
A l'écouter, les sages sont persuadés que le succès en matière de prévention et de résolution des différends est conditionné par la culture de la paix, à tous les niveaux.
De la cellule familiale, à l'école, en passant par la vie en communauté, aucune étape de socialisation, a fait remarquer Ramtane Lamamra, n'est à négliger dans la sensibilisation et l'inculcation des valeurs de paix aux citoyens.
Au-delà de cette vision, il a souligné que les sages ont également perçu la nécessité de « réaliser un équilibre harmonieux entre la démocratie et la préservation des niveaux raisonnables de stabilité et de sécurité, des facteurs propices au développement socioéconomique de nos pays ».
Aussi ont-ils souhaité que l'exercice des droits et libertés se fasse dans la reconnaissance et le respect des obligations des citoyens, pour éviter les remous.
A l'échelle continentale, a rapporté le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, les sages ont trouvé qu'il est impératif de consolider les instruments et les cadres juridiques de l'Afrique, en vue du respect « scrupuleux » des valeurs démocratiques.
Et Ramtane Lamamra a foi que cela permettra aux dirigeants d'avoir à l'esprit « le souci de ne rien entreprendre qui soit de nature à perturber la paix sociale et la sécurité nationale, comme c'est le cas dans certaines régions de l'Afrique ».
La mal gouvernance, première source des conflits
Au-delà de ces mesures préventives, les sages ont manifesté la ferme volonté de jouer leur partition dans la pacification du continent, en jetant les bases de la création du réseau panafricain des sages pour la paix.
Une fois mise sur pied, cette structure, de l'avis du commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, devrait compléter les efforts institutionnels en matière de prévention et de résolution des conflits.
Un document-concept pour l'opérationnalisation dudit réseau a été adopté par les participants à la retraite. Autant de résolutions qui ont fait dire à Ramtane Lamamra que la retraite a été « opportune » et « prometteuse », en ce sens qu'elle a été placée sous le signe de la culture de la paix sur le continent.
Avant de parvenir à de telles conclusions, les sages, a confié le commissaire, ont posé un diagnostic sans complaisance de l'état de la paix et de la sécurité en Afrique. Cet exercice intellectuel, a-t-il dit, a montré que l'Afrique a des problèmes, même s'il faut reconnaître qu'il y a moins de conflits et de victimes de conflits, ces dix dernières années. Et qu'en est-il des sources de conflits sur le continent ?
« Les conflits s'expliquent par plusieurs causes, mais en ce moment, ceux liés à la gouvernance sont les plus dominants dans le paysage géopolitique africain », a souligné l'expert de l'UA.
Présidant la cérémonie de clôture de la retraite au nom du chef de l'Etat, Blaise Compaoré, le ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibrill Bassolé, a tout de suite salué le choix de son pays, pour la tenue de la rencontre. Pour lui, « les sages ont mis en relief les efforts du Burkina Faso dans le domaine de la recherche de la paix ».
Une manière de faire allusion aux médiations « réussies » du chef de l'Etat dans des conflits sous-régionaux. Dans ce sens, il a affirmé que le Burkina est conscient des causes des conflits et a décidé de promouvoir la « bonne » gouvernance.
Le ministre Bassolé de se réjouir des retombées d'une telle politique qui, a-t-il constaté, confère au « pays des Hommes intègres », une « relative » stabilité politique.
Outre cela, le chef de la diplomatie burkinabè a également salué les sacrifices consentis par les sages de l'UA en faveur de la paix sur le continent, non sans louer l'initiative de création du réseau panafricain. « Le Burkina Faso soutiendra ce réseau et l'animera », a-t-il laissé entendre.
Profitant de la tribune, Djibrill Bassolé est revenu sur la médiation du président Blaise Compaoré dans la crise malienne, sous mandat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
« Nous devons conjuguer nos efforts pour sauver l'intégrité territoriale du Mali, un pays important pour la sous-région », a-t-il soufflé, invitant au passage les groupes islamistes armés, occupant le Nord du pays, à venir à la table des négociations.
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