La Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université Cheikh Anta Diop va accompagner la Fondation Amilcar Cabral dans son combat pour la préservation et la valorisation des mémoires et archives de l'histoire du continent africain. Les autorités académiques l'ont assuré, hier, à l'ancien président du Cap-Vert, Pedro Pires, en visite au département d'Histoire.
Après avoir participé au combat pour l'indépendance de son pays, le Cap-Vert, dont il a était, par la suite, président de la République de 2001 à 2011, Pedro Pires s'est lancé dans une autre bataille : celle de la préservation et de la valorisation des mémoires et archives de l'histoire africaine.
« Il faut enregistrer et garder nos mémoires, après viendra l'histoire. Notre objectif est d'enregistrer, de garder, de traiter les mémoires : les documents, les films, les photos, les témoignages », a-t-il exhorté devant le recteur de l'Ucad et les autorités de la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh) dont il était le hôte de marque.
Pour l'ancien chef de l'Etat du Cap-Vert, c'est un combat qui interpelle tous les Africains, plus particulièrement les institutions universitaires.
D'où l'importance de cette visite à la Flsh, précisément au département d'Histoire. « Nous voulons établir des rapports avec beaucoup de monde, avec des fondations et d'autres institutions de recherches, avec les universités et particulièrement avec leur département d'Histoire», a lancé le président de la Fondation Amilcar Cabral, du nom de son ancien compagnon dans la lutte pour l'indépendance du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau.
Réhabiliter l'histoire
C'est dans le cadre des activités de cette fondation créée en 1984 que s'inscrit, d'ailleurs, cette visite dont l'objectif est de rappeler aux Africains la nécessité de préserver les archives de l'Histoire qu'il croit quelque peu « bafouée » du fait du manque de manuscrits produits par ces derniers.
Sur ce, l'ex-dirigeant cap-verdien a avancé : « ma manière de lire est différente de celle des autres. On pense, quelque part, que l'Histoire, ce sont les monuments ou elle se résume à l'Europe, alors que c'est toute la vie, toute la société, tous les sacrifices, tous les efforts qui ont été faits pour garantir la survie de la nation ».
Soutien de l'Ucad
C'est pourquoi, M. Pires a plaidé pour un changement de comportement et un engagement, sans faille, dans la réhabilitation de l'Histoire. « Les Européens ont une vision qui est la leur et c'est cela que nous consommons, quelques fois, de façon acritique.
Je pense qu'il est temps de se libérer de cette condition de consommateur pour aller dans la position de producteur », a soutenu M. Pires. Les autorités de la Faculté des Lettres ont montré leur engagement à accompagner la Fondation Amilcar Cabral dans ses travaux.
« Votre appel de collaboration a été entendu. Nous allons très rapidement nouer les relations, faire ce qu'il faut faire, en vue de collaborer avec vos institutions universitaires et plus particulièrement avec la fondation Amilcar Cabral », a assuré le doyen de la Flsh, Amadou Abdoul Sow.
Par ailleurs, la demande de coopération avec l'Université de Praia adressée par le chef du département d'Histoire, Ndiouga Adrien Benga, n'a pas laissé insensible M. Pires.
« Je pense que ce serait très utile, il faut le faire le plus vite possible, comme nous l'avons fait entre Gorée et Ciudad Velha. Il faut resserrer cela, pour qu'on puisse tirer profit de cette continuité », a dit l'ancien président du Cap-Vert.
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