Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit «attristé et scandalisé» après la mort de sept casques bleus nigériens de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, tués le 8 juin dans une embuscade dans l'ouest du pays. C'est la première attaque de ce genre contre l'Onuci. Selon l'ONU, ces casques bleus faisaient partie d'une patrouille en mission dans une zone où l'Onuci a récemment renforcé sa présence en raison de menaces d'attaques contre les populations civiles. Selon les autorités ivoiriennes, ces casques bleus avaient été appelés en renfort par des FRCI qui intervenaient sur une attaque menée par des assaillants venus du Liberia.
Selon le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, il y a eu d'abord une attaque de miliciens venus du Libéria. Une attaque du village de Para, qui aurait été menée par une cinquantaine d'hommes. S'en est suivi un accrochage avec les soldats des FRCI, Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Et c'est enfin le contingent nigérien des casques bleus de l'Onuci, appelé en renfort, qui est tombé dans une embuscade, dans une région où les routes sont impraticables.
Paul Koffi
Ministre ivoirien de la Défense
Les assaillants venaient du Liberia.
Depuis environ un an, cette région dont la principale localité est celle de Taï, fait régulièrement l'objet d'attaques venues du Libéria. L'incursion de ce vendredi porte provisoirement le bilan à plus de 50 morts depuis juillet 2011.
Selon le ministre ivoirien délégué à la Défense, la Côte d'Ivoire va très prochainement exercer un droit de poursuite au Libéria. Ce serait même avant la fin du mois de juin. En vertu d'un accord entre Abidjan et Monrovia, des troupes ivoiriennes, libériennes et des contingents de l'Onuci et de la Minul, la Mission des Nations unies au Libéria, pourront ensemble faire des patrouilles de part et d'autre de la frontière.
Depuis la crise postélectorale, l'Ouest ivoirien reste en proie à des attaques meurtrières. Selon l'ONG Human Rights Watch, au moins 40 personnes y ont été tuées depuis juillet 2011 dans des attaques de ce genre. Dans un rapport publié le 6 juin, l'ONG de défense des droits de l'homme avaient attribué ces raids à des forces pro-Gbagbo opérant depuis le Libéria et recrutant des «enfants».


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