L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: Mahamadou Issoufou en France - En quête d'un bouclier pour le Sahel

Photo: Elysée
Les présidents Issoufou et Hollande en conférence de presse.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, est en visite officielle en France depuis hier 11 juin 2012. Après le béninois Yayi Boni, qui portait la casquette de l'Union africaine, c'est donc au tour du n°1 nigérien d'effectuer cette visite d'Etat dans l'ex-métropole.

Deux lectures se dégagent de cette visite du "Zaki" (lion) de Tahoua :

- Il y a sans doute des considérations idéologiques qui ont guidé ce déplacement. François Hollande, le président français, est socialiste et vient d'être élu il y a un mois de cela.

Le Nigérien, patron du PNDS, est un pur socialiste également, qui arpenta pendant 20 ans les sentiers escarpés de l'opposition avant d'accéder au pouvoir suprême.

Il est d'ailleurs le vice-président de l'Internationale socialiste ; son homologue français avait, lui aussi, toujours été dans l'opposition et s'est emparé de la présidence de la République après un marathon politique, dont il était le seul à croire à l'aboutissement heureux.

Quand deux démocrates, opposants historiques et du même moule socialiste se rencontrent, il y a beaucoup de choses à se dire, mais on imagine mal Mahamadou Issoufou parcourir 5 000 km rien que pour parler socialisme ;

- d'où le second point qui s'impose dans cette visite : la situation au Nord-Mali et ses conséquences. Mouvements terroristes, narco-traficants, AQMI, Boko Haram ont donc été au coeur du tête à tête entre les deux présidents.

"Il y a deux priorités au Mali : restaurer la démocratie, et restaurer l'intégrité territoriale, et pour moi, l'intégrité territoriale est la première priorité", avait déjà déclaré Mahamadou Issoufou sur France 24 (1).

Sans doute, a-t-il appuyé la position de l'UA, qui demande l'onction du Conseil de sécurité pour aller faire le coup de feu contre tous les soudards qui écument le septentrion malien au cas où les négociations échoueraient avec ces croquants.

C'est donc un pare-feu qu'Issoufou est allé quérir en Hexagone, car, si "jusqu'à présent le Niger a été épargné", l'avenir reste incertain avec AQMI, lequel compte fonder un "Africanistan", qui irait du Mali à la Somalie.

Les otages d'Arlit ont également été évoqués, et si le président nigérien affirme qu'ils sont en bonne santé, c'est qu'ils le sont. Reste à résoudre la question de leur élargissement.

Enfin, subsidairement, cette situation préoccupante n'empêche pas les affaires : AREVA exploite depuis des années l'uranium du Niger, et il est évident que les présidents nigérien et français ont fait le tour de cette coopération, jugée gagnant-gagnant, sans oublier les autres domaines, car la France est le premier partenaire commercial du Niger.

C'est finalement une visite de "guerre" et une visite commerciale pour convaincre la France de peser de tout son poids (et sur ce point, Hollande est d'accord pour fournir la logistique) pour ramener la paix dans la sous-région qu'aura réalisée Mahamadou Issoufou.

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