Avec six points sur six possibles au compteur des qualifications au Mondial, l'équipe de Tunisie peut voir venir.
Sans trembler, elle assure sereinement son statut de favori du groupe B des éliminatoires, celui auquel elle était au fond prédestinée dans ce deuxième tour. Sans vouloir aller plus vite que la musique, c'est au vrai le troisième et dernier tour --celui où les Aigles de Carthage seront opposés à une des neuf autres formations ayant remporté sa poule-- qui constitue son destin. Et personne ne va s'en plaindre. A fortiori quand on pense aux petites misères arrivées aux favoris ce dernier week-end. En effet, peu d'équipes ayant remporté le premier match ont pu récidiver en cette deuxième journée.
D'ici septembre-octobre prochains, lorsqu'elle jouera sa qualification à la coupe d'Afrique des nations 2013 en Afrique du Sud, la bande à Sami Trabelsi peut vivre un été peinard tout en faisant l'unanimité, sinon en faisant taire ses détracteurs.
Le fameux mauvais quart d'heure
Pourtant, samedi après-midi, au stade Varzea de Praia, cela n'a pas été simple. Après un bon départ sanctionné par un but plein de sang-froid et de métier de Sabeur Khelifa, le team national céda la maîtrise du jeu, la possession de la balle et l'initiative aux Requins Bleus. Il vécut ainsi le fameux mauvais quart d'heure qui aurait pu lui coûter cher.
Harbaoui avait bien le bon goût de décrocher et donner un coup de main à sa défense sur les balles arrêtées grâce à son solide jeu aérien. Rien n'y fit. La vivacité, la vitesse et l'enthousiasme des locaux s'exprimèrent alors. Les hommes de Lucio Antunes, 77es au classement mondial Fifa du mois de juin, insistèrent sur le couloir de Chammam qui allait heureusement s'avérer défensivement solide.
Pour son 36e match sous les couleurs nationales, le keeper titulaire Aymen Mathlouthi commit sa petite bourde fatale (rappelez-vous du but assassin pris dans les prolongations des quarts de finale contre le Ghana). Sa sortie hasardeuse permettra à Odaïr Fortes de remettre les deux équipes à égalité.
On peut penser que le retour de Hamdi Kasraoui en sélection va mettre un peu plus de pression sur le keeper étoilé et pousser réellement la concurrence.
Une arrière-garde claudicante
D'ailleurs, autant l'équipe parut créer facilement de nettes occasions de but face à un rival il est vrai manquant de rigueur et inconsistant au niveau de la récupération et du replacement (n'est-ce pas Nevez?), autant elle accusa quelques faiblesses défensives. Le coach national apporta un changement à son arrière-garde alignée le 2 juin à Monastir contre la Guinée équatoriale. Hicheri releva dans l'axe El Iffa dans un souci de bonifier le jeu aérien, nous dit-on. Malheureusement, la défense perdit en vitesse ce qu'elle gagna en «centimètres». A certains moments, elle parut boitiller et souffrir face à la vivacité et au jeu en mouvement des Crioulos (créoles, autre surnom des Cap-Verdiens).
On peut raisonnablement penser que le retour de Aymen Abdennour, suspendu pour cette première partie des éliminatoires, va remettre de l'ordre dans ce compartiment qui prend la fâcheuse habitude d'encaisser régulièrement des buts (au moins un) à chacune de ses sorties depuis la phase finale de la CAN 2012.
Une leçon de vie
Le talon d'Achille s'appelle aujourd'hui la défense. Car, devant, l'abondance de solutions autorise aujourd'hui Sami Trabelsi à aligner trois avants dans deux sorties consécutives (dont une jouée tout de même à l'extérieur, dans un contexte difficile : tartan, petites dimensions du terrain...). Et il est bien récompensé pour autant de courage, la Tunisie totalisant cinq buts en deux sorties officielles. Si Hamdi Harbaoui n'a pas trouvé cette fois le chemin des filets, en revanche, Issam Jemaâ y était allé de son but habituel, le 29e avec la sélection. Un but inscrit dès le retour des vestiaires et qui coupa complètement l'herbe sous le pied du Cap-Vert, lequel revint des vestiaires avec sans doute bien d'autres ambitions pour aussitôt se retrouver mené au score.
Pourtant, dans cette abondance offensive, dans ce train de vie de richards que se permet la ligne avant, il y a comme une petite frustration qui lui gâche l'existence. Les Harbaoui, Jemaâ, Khelifa, Ben Hatira et tutti quanti ratent beaucoup trop d'occasions nettes. Celle de la 89e minute du match de Praia traduit parfaitement ce manque cruel de réalisme offensif qui, dans d'autres circonstances, face à un adversaire plus solide, peut réserver de mauvaises surprises aux nôtres. Seul face au gardien Ernesto Soares, Jemaâ a tout son temps pour ajuster le portier local. Mais à vouloir trop bien faire (un dribble de trop), l'attaquant auxerrois perd son duel et laisse son équipe la main sur le cœur dans les quatre minutes de temps additionnel décrétées par le Marocain Radhouène Jiad.
Un point positif touchant à l'attaque lors de la sortie dans l'île de l'Ouest africain : les débuts de Wajdi Bouazzi qui a livré 18 minutes sur le côté droit et dont on connaît pourtant les démêlés avec le sélectionneur national. Le vif attaquant «sang et or» avait accusé par voie de presse Trabelsi de l'ignorer superbement alors qu'il dit mériter la sélection. Un autre coach aurait pu mal prendre la remarque exprimée un peu rudement. Mais on connaît l'intelligence, l'indulgence et l'honnêteté de l'ancien capitaine de la Tunisie dans la campagne du Mondial français.
La vitrine du team national ne peut que s'enrichir de ce genre de leçons de vie.
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