Cote d'Ivoire: L'enquête sur la mort des 7 casques bleus nigériens se poursuit

Les corps des sept casques bleus nigériens doivent être inhumés ce vendredi 15 juin au Niger. Jeudi, la Côte d'Ivoire leur rendait hommage lors d'une cérémonie solennelle, mais qui n'a pas éclipsé la question de la responsabilité de ces morts.

C'est au son du clairon que les cercueils des soldats nigériens ont quitté la Côte d'Ivoire. Alassane Ouattara, qui préside la cérémonie, tient à assurer les officiels de l'ONU que ces morts ne resteront pas impunies.

« Le gouvernement prendra toutes les mesures pour mettre un terme aux agissements des auteurs et les instigateurs de cette attaque, que nous condamnons avec la plus grande fermeté ».

Si les autorités ivoiriennes ont pointé du doigt des miliciens proches de Laurent Gbabgo réfugiés au Liberia - l'ONU, pour sa part, refuse pour l'instant de désigner des coupables, comme l'explique Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix à l'ONU :

« Il y a encore des questions à éclairer et nous saurons ce qui s'est passé. Et nous comptons bien que les coupables seront appréhendés et que justice sera rendue ».

Des membres de l'Etat major onusien enquêtent en ce moment dans la zone où les casques bleus ont été tués - mais leurs déplacements sont rendus très difficiles par l'insécurité qui persiste dans cette région frontalière du Liberia.

Rumeurs de complot et de déstabilisation

Certains proches de Laurent Gbagbo n'ont toujours pas fait le deuil d'une reconquête du pouvoir par les armes. Dans l'entourage du président Ouattara, l'opinion est encore largement répandue et les deux vidéos diffusées mardi 12 juin sur les antennes de la RTI n'auront sûrement pas pour vertu de favoriser la réconciliation.

Selon une source au sein des services de renseignements ivoiriens, ce complot qui a été déjoué en mars n'est ni le premier, ni le dernier. D'après elle, le week-end dernier, une autre tentative de déstabilisation a été menée depuis le Ghana.

Toujours d'après cette source, cette fois, l'un des cerveaux de cette opération militaire avortée ne serait pas le colonel Gouanou mais le commandant Abehi, l'ancien patron de l'escadron blindé du camp de gendarmerie d'Agban.

« Les Ghanéens nous étonnent par leur passivité, il serait temps qu'ils mettent à exécution les mandats d'arrêt », s'agace un membre des services de sécurité ivoirien. Dans le camp des anciens caciques du régime Gbagbo, on réfute toute volonté d'abattre le nouveau pouvoir par les armes.

« Il peut y avoir des fous furieux qui montent des coups dans leur coin mais ils n'auront jamais l'appui de Laurent Gbagbo », assure un proche de l'ex-président. « Toutes ces accusations n'ont qu'un objectif : maintenir Laurent Gbagbo en détention », affirme de son côté son porte-parole, Justin Koné Katinan.

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