Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Affaire des lesbiennes de Grand-Yoff - La diffusion du film érotique risque de coûter cher aux «maitres-chanteurs»

Le procès des lesbiennes de Grand-Yoff a eu le mérite de révéler que ces jeunes filles sont simplement victimes de leurs propres turpitudes. Elles-mêmes ont filmé le jeu érotique qu'elles transmettront aux diffuseurs de la vidéo. Ce qui leur a valu leurs déboires actuels.

Les cinq présumés diffuseurs de la vidéo des lesbiennes de Grand-Yoff que sont Pape Aly Seck (boutiquier), Mouhamed Fofana, Zakaria Saliou Ndoye, Oumar Kane et Bouya Fall (tailleur, célibataire sans enfants) ont comparu hier jeudi, après une semaine d'emprisonnement. Tous ont nié avoir divulgué les images contraires aux bonnes moeurs sur le net. Mouhamed Fofana est fort impliqué dans le scandale sexuel à cause du chantage fait à la jeune fille Sanou Faye pour entretenir une relation amoureuse avec Leila, alors que cette dernière s'apprêtait à se marier. En plus, il lui est reproché d'avoir recueilli la vidéo sur le téléphone de Sénou Faye à son insu et contre son gré. Le procès a révélé que Sanou Faye et Mary Fall ont filmé le jeu érotique au moment où leurs copines se livraient aux pratiques qualifiées de lesbianisme. Quelques jours après, la dernière nommée finira par supprimer les images de son téléphone portable. Tant mieux ! Cependant, sa copine n'a pas procédé de la sorte, offrant ainsi l'occasion aux cinq prévenus d'avoir accès aux images divulguées un peu partout.

Toutes ces jeunes filles présentes dans le film érotique qui dure 14 minutes et 21 secondes viennent, à peine, de franchir l'âge de la majorité. Exception faite de Fatime Dème. Plus en vue dans le film, elle indique n'avoir jamais visualisé les images et ignore lequel des cinq prévenus a divulgué celles-ci. La belle Leila au teint clair qui habite le quartier de Yoff dit avoir été informée par sa copine de classe de la circulation des images. Elle minimise cette affaire et parle de «jeu d'enfant qui a déraillé». Pour elle, elle ne se serait jamais livrée à cet exercice si elle était consciente de cette ampleur. La grande absence au procès a été celle de Anna Loum dite Anna Basse, cerveau de la bande à l'origine de cette affaire. Une rumeur persistante établit que sa famille aurait organisé sa fuite en Guinée-Bissau. Bassirou Ciss dont le nom est plusieurs fois revenu au procès ne s'est pas non plus manifesté.

Les prévenus risquent six mois avec sursis. Le procureur de la République parle de dépravation des moeurs dans cette affaire qui, depuis son éclatement, a fait le buzz. «Les jeunes filles sont suffisamment humiliées. Leur famille et descendance également. Leurs images sont ternies à jamais par cette tache noire qui subsistera tout au long de leur vie». Les avocats de la défense ont relevé les «poursuites sélectives» opérées dans la procédure. Pour Mes Boubacar Dramé et Ibrahima Mbengue, les jeunes filles devraient figurer au banc des prévenus, même si le jeu érotique s'est déroulé dans l'intimité d'une chambre. Délibéré, le 19 juillet prochain.

Argumentaire - Arrestation des diffuseurs de la vidéo : Le procureur justifie les «poursuites sélectives»

Hier au procès des lesbiennes de Grand-Yoff, le procureur de la République a justifié la non arrestation des jeunes filles, bien qu'elles soient au centre de cette affaire. Pour le maîetre des poursuites, le parquet a estimé qu'elles ont déjà souffert de leur image ternie à jamais, par le biais de cette vidéo qui a fait le tour du monde et qui continue de circuler à travers les appareils cellulaires. En effet, après l'audition à la police de la bande à Anna Loum, les filles avaient été libérées par les enquêteurs. Elles étaient alors reparties libres chez elles, sans être inquiétées. Une situation qui avait suscité des interrogations qui motivent aujourd'hui cette précision du procureur. «Ces filles n'ont commis aucune infraction aux yeux de la loi. Au contraire, dans cette affaire, elles sont en vérité des victimes, puisque les enquêteurs ont seulement arrêté les personnes qui ont publié les images sur le net. Les faits se sont passés dans l'intimité. La divulgation des images a soulevé le tollé entretenu autour de cette affaire», soutient le maîetre des poursuites.

Ambiance - Procès nocturne : La «curiosité malsaine» retient les uns et des autres

Le procès de l'affaire dite des lesbiennes de Grand-Yoff a vécu. Le palais de Justice de Dakar a été pris d'assaut dès les premières heures de la matinée. Dans la salle d'audience devant abriter le procès, une foule nombreuse a assiégé les places tôt le matin. Hommes, femmes, enfants et jeunes ont effectué le déplacement. Familles, parents, amis et sympathisants des cinq prévenus sont venus témoigner de leur soutien et de leur affection. Toutes ces personnes ont passé la journée d'hier au tribunal dans l'attente de l'affaire du jour. Seulement, d'autres, nombreuses, y étaient venues assouvir leur «curiosité malsaine», comme l'a relevé le procureur de la République. Le dossier, évoqué le matin vers 10 heures par le juge Issa Ndiaye, a été retenu et mis de côté pour être plaidé dans l'après-midi. L'attente a ainsi été longue. Très longue même ! Finalement, c'est aux environs de 18 heures passées de quelques minutes qu'il a été appelé à la barre. Le public a eu droit à un procès nocturne qui aura retenu toutes les attentions.

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