Accompagné de deux chefs militaires de l'Exécutif, Omer Beriziky va faire un crochet à Esira, ce jour. Cette commune rurale se trouve à une journée et demie de marche du retranchement de près de 150 bandits lourdement armés.
En mission dans le grand sud de Madagascar, le Premier ministre, Jean Omer Beriziky, le général de corps d'armée Lucien Rakotoarimasy, ministre des Forces armées, et le général de division Randrianazary, secrétaire d'État auprès de la gendarmerie, vont effectuer une descente, ce jour, dans la commune rurale d'Esira. Celle-ci se situe à une journée et demie de marche du retranchement du bandit septuagénaire Remenabila. Ce caïd se trouverait à la tête d'un régiment de malfaiteurs armés jusqu'aux dents.
Les forces de l'ordre semblent camper sur leurs positions quant à l'assaut du village de Bekolintsa, dans le district de Befotaka, où Remenabila et ses hommes ont trouvé refuge. « Les éléments nécessaires sont déjà sur les lieux. Pour épargner d'innocentes victimes, l'évacuation des femmes et des enfants est pour l'heure au coeur de nos préoccupations », a expliqué le général de division Bruno Razafindrakoto Wilfrid, commandant de la gendarmerie nationale, joint au téléphone, hier en début de soirée.
Cet officier général met l'accent sur l'évacuation de la localité où les malfaiteurs se sont repliés plutôt qu'une longue négociation avec ces derniers. Selon ses explications, les informations selon lesquelles les bandits retranchés ont pris des foyers en otages restent encore à vérifier.
Dépêchés sur place, deux officiers généraux et un colonel de la gendarmerie coordonnent les opérations. Néanmoins, le feu vert n'est pas prêt d'être donné avant l'évacuation des femmes et des enfants.
Silence radio
Ce qui pourrait prendre du temps, du fait qu'aucun délai n'aurait encore été donné aux villageois. Cet important déploiement de militaires est mis en oeuvre à la suite d'une embuscade tendue par Remenabila et ses comparses, ayant coûté la vie à deux gendarmes principaux de deuxième classe, deux gendarmes hors classe et un adjudant des forces armées, à Iambohazo, samedi.
Une cinquantaine de militaires et de gendarmes étaient en train de remonter la piste de voleurs de bétail qui les conduisait jusqu'au repaire de Remenabila, à Bekolintsa, lorsqu'ils ont été pris en tenaille par plus d'une centaine d'individus, tirant à volonté avec des armes de guerre et des fusils de chasse.
Jusqu'alors, les dépouilles des éléments des forces de l'ordre tombés sous les balles de la meute de bandits n'ont pas été remises à leurs familles. En revanche, onze fusils Kalachnikov, arrachés aux gendarmes et aux militaires lors de cette opération qui a viré en hécatombe, sont déjà entre les mains de la gendarmerie. Les malfaiteurs les ont rapportés dans la commune rurale de Ranotsara. On est encore sans nouvelle de trois gendarmes dont le sort est incertain.

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