Depuis mardi, une émeute sanglante secoue le Togo. Sur initiative du collectif «Sauvons le Togo», des populations protestent contre le régime de Faure Gnassingbé. Elles dénoncent des malversations dans les décisions du gouvernement, notamment la réforme électorale votée par le Parlement le 25 mai dernier. La manifestation a été réprimée par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes. Cette situation sort la Raddho de sa réserve.
La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) condamne vigoureusement la répression aveugle des manifestants pacifiques au Togo et tient personnellement pour responsables le chef de l'Etat Faure Gnassingbé, l'ensemble du gouvernement togolais et surtout les forces de l'ordre et de sécurité. La Raddho indexe notamment les officiers supérieurs Yark Dahemanen, Massina Yatrofei, Atcha Titikpina qui sont connus pour leur brutalité à l'égard des populations civiles.
Selon les camarades du président de la Raddho, Alioune Tine, des milliers de citoyens étaient descendus dans les rues de la capitale Lomé, mardi 12 et mercredi 13 juin, à l'appel du collectif Sauvons le Togo pour exiger des réformes avant les prochaines élections.
Ces réformes concernent la mise en oeuvre effective des recommandations du rapport de la Commission nationale des droits de l'homme (Cndh) sur la torture, notamment par la poursuite, le jugement et la condamnation des auteurs d'actes de torture, la mise en oeuvre du rapport de la Commission vérité-justice et réconciliation (Cvjr).
Il y a également l'application effective par le gouvernement des décisions de l'Union interparlementaire et de la Cour de justice de la Cedeao dans l'affaire des neuf députés illégalement révoqués de leur mandat parlementaire.
Lors des dernières manifs, le gouvernement togolais, comme à l'accoutumée, a répondu par une répression féroce des manifestants qui s'étaient donné rendez-vous au quartier Deckon en plein coeur de la ville de Lomé pour une manifestation pacifique. La Raddho affirme qu'elle ne ménagera aucun effort pour que tous ceux qui seront impliqués dans les violations graves et massives des droits de l'homme au Togo, soient traduits devant la justice internationale et notamment la Cour pénale internationale.
Le collectif Sauvons le Togo regroupe neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements politiques de l'opposition dont l'Alliance nationale pour le gouvernement (Anc) de Jean Pierre Fabre et l'Organisation pour bâtir dans l'union un Togo solidaire (Obuts) de l'ancien Premier ministre, Agbéyomé Kodjo.

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