Photo: Vanguard La Bauchi Ring Road, une rue à majorité catholique de la ville de Jos, dans l'Etat du Plateau (centre du Nigeria), a été témoin, ces dernières années, de plusieurs explosions à la bombe, notamment au réveillon de Noel 2010 mais aussi en décembre dernier.
Ayant en tête ces souvenirs mais aussi la récente avalanche d'attentats-suicides commis contre les églises de Jos, les paroissiens de l'église catholique Saint-Gabriel sont sur leurs gardes durant les offices religieux du dimanche.
Arrivée à Saint-Gabriel
J'arrive à l'église Saint-Gabriel, dans la Bauchi Ring Road, cinq minutes avant le début de la messe, à 6 heures du matin. Je me joins à un groupe de paroissiens qui se pressent vers l'entrée de l'église qui, pour des raisons de sécurité, ont garé leurs voitures à environ 200 mètres de là. Un jeune élève agent de police nous fouille avec un détecteur de métaux avant de nous laisser entrer.
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Dans l'église, je trouve un siège à côté d'un home d'un certain âge. Il me regarde d'un air inquisiteur et fait de même avec la jeune femme qui s'assoit à sa gauche. Je remarque que la plupart des gens font attention à ceux qui prennent place à côté d'eux sur les bancs de l'église. Les gardes postés aux entrées sont très vigilants, semble-t-il, quand ils examinent de près les personnes qui entrent.
"Nous devons collaborer avec les jeunes agents de police qui essaient de veiller que nous puissions célébrer la messe en paix", dit le père Basil Kassam après la messe. "Je vous en prie, soumettez-vous à un contrôle avant d'entrer dans l'église." Il rappelle que le système de sécurité est nécessaire en raison de la situation.
Bouchons
Les nombreux contrôles de sécurité auxquels sont soumis les automobilistes le dimanche suscitent de nombreux bouchons. Aussi longtemps que ces mesures sont nécessaires, elles engendrent des désagréments pour les fidèles, qui arrivent tard à l'office religieux.
"J'appartiens à la paroisse Sainte-Thérèse, qui est très loin", dit Jeff Osandu après la messe à l'église Saint-Gabriel. "Je vais à cette paroisse parce qu'elle est plus près de chez moi et que je n'ai donc pas à franchir tous les barrages militaires."
Jeff Osandu n'est pas le seul fidèle d'une autre église à se rendre à l'église Saint-Gabriel. "Nous avons des fidèles d'autres paroisses", dit le père Kassam. "Vue la situation sécuritaire, les gens ont peur d'aller trop loin de chez eux.
En plus, ça les stresse d'avoir à franchir tous ces barrages militaires qu'ils rencontrent sur leur route. Nous avons aussi nos propres paroissiens qui habitent loin et qui ne peuvent venir ici. Ils fréquentent donc maintenant des églises plus proches de leurs maisons."
Barrière
L'église Saint-Gabriel n'a pas de barrière, mais depuis que les attentats ont commencé les dirigeants religieux envisagent de construire une barrière. Cependant pour tenir à distance les potentiels kamikazes un portail en acier a été érigé.
"Nous allons bientôt construire une barrière, mais pour le moment c'est ce que nous utilisons pour empêcher les véhicules de venir jusqu'à l'église", dit le père Kassam désignant le portail en acier gardé par un jeune agent de police. "Les églises sont toutes obliges d'assurer la sécurité de leurs fidèles vu qu'il est clair que toute église peut 6etre une cible."
"Même quand on récite des prières, je garde les yeux ouverts", dit Abraham Fanton, un paroissien. "Je suis sans cesse en train de regarder qu'il n'y ait pas de présence étrangère parmi nous".
Fanton n'est pas le seul paroissien à se méfier, reconnaîet madame Gladys Primant. "Je suis sans arrêt en train de regarder autour de moi, du début à la fin. Je connais la plupart des fidèles, donc à chaque fois que je vois une nouvelle tête, j'attire l'attention des gardiens. Nous sommes très prudents. Comme vous voyez, personne n'est autorisé à entrer dans l'église avec un sac à main."
Mesures importantes
"Nous espérons que le gouvernement prendra des mesures importantes pour réfréner les
Attentats", conclut le père Kassam, alors qu'il se prépare à la messe suivante, de 8 heures. "Cependant, alors que le gouvernement essaie de mettre un terme aux attentats à la bombe et de trouver les coupables, nous, chrétiens, nous essayons d'assurer la sécurité de nos églises pour nos fidèles."

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