Au sujet du procès qui débute ce mardi 19 juin à la Haute Cour militaire sur l'affaire opposant en appel le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés des défenseurs des droits de l'Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, les organisations congolaises de défense des droits de l'Homme exigent la fin du régime des intouchables.
Les organisations de défense et de promotion des droits de l'Homme en République démocratique du Congo saluent la fixation en appel du dossier Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi devant la Haute Cour militaire, bien qu'intervenant une année après l'arrêt rendu par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.
Les ONG demeurent néanmoins préoccupées quant à l'indépendance de la justice congolaise vis-à-vis des pouvoirs publics congolais, lorsque l'opinion sait que celle-ci est assujettie aux plus forts politiquement et financièrement.
Au-delà de toutes ces inquiétudes et craintes, les ONG estiment que la fixation du dossier devant la Haute Cour militaire ne constitue pas une distraction de l'opinion publique, mais plutôt une opportunité pour les pouvoirs publics de lutter effectivement contre l'impunité de crimes contre les défenseurs des droits de l'Homme en République démocratique du Congo ; de faire toute la lumière sur les circonstances réelles de l'assassinat de Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi. Ceci leur permettra ainsi de faire montre de la lutte effective contre l'impunité en République démocratique du Congo, par la comparution du lieutenant-général John Numbi Banza Tambo en qualité de prévenu et non de simple renseignant.
Aussi, les ONG s'attendent à ce qu'une suite soit donnée à la plainte de la veuve Chebeya Bahizire contre le lieutenant-général John Numbi Banza Tambo, principal suspect dans cette cause.
En outre, clament les défenseurs des droits de l'Homme que la lumière soit faite sur le sort de Fidèle Bazana Edadi. Notamment, la localisation et la restitution de sa dépouille à sa famille biologique, en vue des obsèques dignes par celle-ci et les défenseurs des droits de l'Homme. Parmi d'autres exigences, il s'agit d'identifier clairement tous les commanditaires, les auteurs intellectuels et les exécutants du double assassinat de ces deux défenseurs des droits de l'Homme. Et cela pour sanctionner, sans complaisance, les vrais auteurs et exécutants de cet assassinat.
En vue de laver l'image de la République démocratique du Congo ternie par ces crimes et d'autres violations des droits de l'Homme et aussi de permettre à la chambre chargée d'instruire le dossier de faire comparaître le lieutenant-général John Numbi Banza Tambo en qualité de prévenu, les ONG recommandent au président de la République Joseph Kabila Kabange, magistrat suprême, de nommer ou commissionner à la Haute Cour militaire, toutes affaires cessantes, des magistrats ayant un grade égal à celui du lieutenant-général John Numbi Banza Tambo.
Les signataires de cette réaction sont : Les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains (ANMDH), La Voix des Sans Voix pour la défense des droits de l'Homme (VSV), Œuvres sociales pour le développement (OSD), Action contre l'impunité pour les droits de l'Homme (ACIDH), Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), Synergie Congo culture et développement (SCCD), Ligue des électeurs, Association africaine pour la défense des droits humains (ASADHO), Forum de la femme ménagère (FORFEM), Anges du Ciel, Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), Femmes des médias pour la justice au Congo (FMJC), Toges noires (TN).

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