Des organisations de droits humains du Ganzourgou ont réuni les vendeurs de produits pétroliers hors station autour d'une conférence, le samedi 9 juin 2012 à la Maison des jeunes de Zorgho. Animée par Viviane Tiendrébeogo, journaliste à la RTB, la conférence a connu la présence du haut-commissaire de la province et du maire de la commune de Zorgho.
Selon Halidou Ouédraogo, coordonnateur du Réseau des droits humains constitué du MBDHP, du GERDES, du PROSAPAD, du AEMOEV et du CREDA, l'idée d'organiser cette conférence est née du constat d'un grand incendie survenu à proximité du marché et qui a touché un dépôt de fuel en février dernier.
La vente des produits pétroliers hors station est rependue dans la ville de Zorgho malgré l'interdiction de la pratique par le gouvernement.
L'initiative qui a bénéficié de l'appui de INADES-Formation avait pour objectif de conscientiser les acteurs du domaine du danger de cette activité. L'appui de la structure s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de renforcement de la participation citoyenne pour un développement local durable financé par l'Union européenne.
« Nous avons trouvé que c'est une problématique qu'il faille résoudre vu l'ampleur de la situation », a expliqué Joseph Tarama de INADES- Formation pour justifier le soutien apporté.
La conférencière, Mme Viviane Tiendrébéogo, a axé son exposé sur un film documentaire réalisé en 2009 à Tenkodogo et à Bittou sur la vente à ciel ouvert des produits pétroliers.
Activité jadis pratiquée dans les villes frontalières du fait de l'absence de stations- service, elle est devenue, selon Viviane Tiendrébéogo, une occupation pour bon nombre de personnes à l'intérieur du pays.
Les vendeurs interrogés disent gagner leur pitance quotidienne dans cette activité et certains affirment même faire du social. Si certains d'entre eux affirment prendre des mesures pour prévenir tout danger de l'activité, d'autres, par contre, ignorent tout des dangers. Les consommateurs, quant à eux, disent y trouver leur compte à cause du prix, de la proximité et l'accessibilité à tout moment.
Viviane Tiendrébéogo a alors détaillé les dangers que courent les vendeurs de ces produits et les populations en général. En cas d'incendie, les pertes matérielles et même humaines peuvent être considérables.
La vapeur des produits pétroliers attaque le système nerveux des nourrissons et peut provoquer des étourdissements. Elle contient des substances cancérigènes et est nuisible aux femmes enceintes et celles allaitantes.
Quand les habits sont mouillés de ces produits, des démangeaisons ou des brûlures de la peau peuvent survenir. D'où la nécessité de prendre des précautions lorsqu'on manipule ces produits. La vente de ces produits à proximité d'autres produits chimiques n'est pas non plus indiquée.
Au Burkina Faso, la SONABHY est seule habilitée à importer les produits pétroliers et à les distribuer dans les stations-service, a-t-elle expliqué. Partant de là, les vendeurs à ciel ouvert fraudent le fisc et nuisent au développement du pays. « La vente des produits pétroliers hors station est un danger », a-t-elle dit pour conclure.
Lors des échanges, la nécessité d'implanter une caserne de sapeurs- pompiers à Zorgho, les stationnements anarchiques dans la ville, l'excès de vitesse et les accidents de la circulation se sont invités dans les débats.
Les vendeurs ont alors pris l'engagement de prendre des dispositions pour prévenir les incendies dans leur activité qu'ils entendent poursuivre. Ils promettent également mettre sur pied une organisation qui va leur permettre de se retrouver régulièrement pour échanger autour des enjeux de leur pratique.
Quant au coordonnateur du réseau des droits humains, il s'est engagé, à poursuivre la sensibilisation pour qu'à défaut de stopper la pratique, elle soit au moins organisée et que les acteurs aient conscience des dangers de leur activité. Les autorités provinciales et communales ont salué la tenue de cette conférence.
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