Quelle gouvernance pour une meilleure efficience des finances publiques, c'est l'une des questions soulevées en marge du séminaire, récemment, organisé par le ministère du Développement régional et de la Planification et la BAD et qui a tourné autour du thème «Vers un nouveau modèle de croissance pour la Tunisie».
L'efficience du système financier se positionne à ce propos comme un facteur central pour atteindre les objectifs fixés en matière de croissance pour la période future.
Sami Mouley de l'université de Tunis a présenté, à cette occasion, un exposé sur la politique monétaire et les réformes financières en Tunisie dans la période de transition.
Pour parler de cette question, le conférencier s'est référé à un ensemble d'éléments et de constats dont, notamment, le découplage entre le cadre opérationnel actuel de conduite de la politique monétaire et les impératifs de la transition économique, le grippage des canaux de transmission de la politique monétaire, les déséquilibres globaux et les vulnérabilités du pilotage macro-économique dans la période de transition...
Le spécialiste s'interroge, également, sur les instruments de conduite à adopter pour une meilleure modulation de la politique monétaire (ciblage monétaire et de l'inflation, relance économique, stabilité financière, stabilisation des prix des actifs, supervision microprudentielle...). L'intervenant s'est, par ailleurs, penché sur la question de politique monétaire dans sa relation avec les vulnérabilités internes, les vulnérabilités externes et les réformes financières.
S'agissant de la politique monétaire et des vulnérabilités internes, il évoque, la reprise des tensions inflationnistes, les faiblesses du contrôle et de la supervision bancaire, la fragilisation du secteur bancaire et les déficiences du marché financier.
Pour ce qui est des vulnérabilités externes, il parle de la gestion des risques de contagion et de transmission négative de l'environnement international, de la soutenabilité de la politique de change, de la viabilité de la dette externe, des risques de défaut sur la dette externe et ratings souverains, de la gestion des réserves de change et des problèmes de mobilisation de ressources financières externes.
Concernant la politique monétaire et les réformes financières, l'intervenant, propose, entre autres réformes, l'approfondissement de la bourse des valeurs mobilières, la dynamisation du marché obligataire, la mise en place de nouveaux instruments de gestion de la liquidité systémique et l'adoption d'une politique de change attractive pour les investissements étrangers.
S. Mouley propose, enfin, un ensemble de recommandations politiques. Il s'agit, notamment, d'adopter un agenda exécutif de réformes où on veillera à remédier aux dysfonctionnements des canaux de transmissions en ouvrant la voie à la politique monétaire non conventionnelle, de remodeler et de réorienter les instruments de la politique monétaire.
Il propose, en outre, d'identifier les alternatives et les réformes à envisager sur les marchés monétaire et financier et de définir les orientations institutionnelles et des modes de gouvernance adaptés.
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