Libye: Les secouristes en première ligne

communiqué de presse

Pendant un conflit armé, les personnels de santé les plus exposés sont les secouristes alors qu'ils prodiguent des premiers soins vitaux aux blessés sur les lignes de front et se chargent de les évacuer en lieu sûr.

Adem Salem Shnaisheh est responsable des interventions d'urgence du Croissant-Rouge libyen à Misrata. Six mois après la fin du conflit en Libye, il revient sur les épisodes éprouvants qu'il a vécus en tant que volontaire pendant les combats.

Le droit international ignoré

« Au plus fort du conflit, on travaillait nuit et jour sur les lignes de front pour évacuer les blessés, quel que soit leur camp. Pourtant, on avait l'impression de ne bénéficier d'aucune protection », explique Adem.

Bien que son ambulance ait essuyé des tirs à deux reprises, il a survécu, n'ayant été touché « que » par un éclat d'obus à la tête. Pendant les huit mois qu'ont duré les combats, il a vu 35 de ses collègues se faire blesser pendant leur service. Plusieurs volontaires du Croissant-Rouge libyen travaillant de l'autre côté de la ligne de front ont eux aussi été touchés par des balles ou des fragments d'obus.

Au moins sept agents de santé ont péri en essayant de sauver des vies. Il y avait parmi eux des volontaires du Croissant-Rouge libyen.

« En temps de guerre, les règles du droit international qui protègent le personnel de santé et les structures médicales sont rarement respectées, et les combattants ne reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs.

Nous avions l'impression qu'aucune distinction n'était faite entre les porteurs d'armes et les personnels de santé. Les attaques n'épargnaient rien ni personne. »

Des ambulances prises sous les tirs

Mohsen Ibrahim est ambulancier volontaire pour le Croissant-Rouge libyen. « J'ai dû remplacer trois fois le pare-brise de l'ambulance pendant le conflit », raconte-t-il. Par suite d'un impact de balle, Mohsen a été blessé à l'oeil gauche par un éclat de verre.

Les trois autres membres de son équipe ont eux aussi été blessés dans l'accident. « Nous jouions un rôle vital pour les blessés, qui se sont donc retrouvés doublement victimes lorsqu'on nous a tiré dessus », conclut Mohsen.

Rien qu'à Misrata, sept ambulances du Croissant-Rouge libyen ont été complètement détruites par des tirs de roquette. De nombreuses autres sont encore criblées d'impacts de balles.

Des lignes de front à la salle de conférence

Désireux de rendre hommage à ses collègues décédés et de faire connaîetre son expérience en première ligne, Adem a participé à une conférence organisée par la délégation du CICR à Dakar (Sénégal) en avril 2012.

Cette conférence s'est tenue dans le cadre d'une campagne quadriennale visant à mieux faire connaîetre les risques et les dangers qui entravent la fourniture sûre et efficace des soins de santé dans les conflits armés et autres situations de violence.

Après Dakar, d'autres conférences suivront dans le monde entier, l'objectif étant de de trouver des solutions au problème des soins de santé en danger.

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