Maroc: Affaire Comanav - Sept mis en cause derrière les barreaux

Le juge d'instruction chargé des crimes financiers près la Cour d'appel de Salé a entendu mardi, dans le cadre de l'enquête préliminaire, sept mis en cause dans l'affaire de la Comanav, dont d'anciens responsables, cadres et fonctionnaires, rapporte l'agence MAP.

Ils sont poursuivis notamment pour "constitution d'une bande criminelle, préparation pour l'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, divulgation de secret professionnel, incitation et participation au sabotage d'établissements publics (ports et bateaux) et entrave à la liberté du travail".

Cette affaire remonte à vendredi dernier, quand les services de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) ont procédé à l'arrestation de l'ancien homme fort de l'ex-compagnie maritime publique Comanav, Taoufik Ibrahimi.

Depuis lors, les arrestations se sont enchaînées. Il y a eu celle de l'ex-directeur des Pêches maritimes au ministère de tutelle, Mohamed Rami, qui était chargé de mission à la présidence de la Comanav, et qui a été mis depuis lors à la retraite, puis celle d'Abderrahim Mendour, actuel directeur des ressources humaines pour l'ensemble des filiales du groupe CMA-CGM au Maroc et ex-DRH et directeur d'armement à la Comanav. A cette liste d'arrestations s'ajoutent deux secrétaires généraux du syndicat des dockers et des marins, affiliés à l'UMT. L'un d'entre eux est Saïd El Hirech et l'autre Mohamed Chemchati en plus d'un ou deux hommes d'affaires, dont l'identité n'a pas été dévoilée.

Il convient de rappeler que des anomalies et des infractions financières dans la gestion de la compagnie maritime avaient été relevées par l'Inspection générale des finances en 2000 puis par la Cour des comptes au temps où Ibrahimi présidait aux destinées du porte-lige de l'armement national qui a été privatisé en 2007 via sa cession à la compagnie française CMA-CGM. Depuis 2009, c'est le nom de la famille Abdelmoula qui est accolé à celui de la Comanav. Une compagnie dont les bateaux ont été saisis au port de Sète pour non paiement de dettes s'élevant à plusieurs millions de DH. Leur sort est aussi triste que celui que la justice risque de réserver à Ibrahimi.

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