Le ministre Régis Manoro a réuni les dirigeants des établissements privés afin de discuter des dates des examens. Les participants maintiennent le silence.
Pas un mot. « Il s'agit d'un enjeu national, il nous est donc un peu délicat d'en parler. Il faut attendre la déclaration du ministre de l'Éducation », a indiqué avec hésitation le directeur national de l'enseignement privé de Madagascar, Bakoliarinosy Rajoelisona, hier. C'était à l'issue de la rencontre à huis clos entre le ministre de l'Éducation, Régis Manoro, et les directions des établissements privés. À un mois de la prévision, on ignore si la date des examens sera maintenue ou non. Les responsables du ministère préfèrent attendre la semaine prochaine pour déclarer officiellement leur décision.
Les enseignants syndicalistes au sein du Sempama maintiennent leur grève qui est à son quatrième mois. Bon nombre d'établissements dans les régions n'ont même pas entamé leur deuxième trimestre à cause de la grève mais surtout depuis le remplacement des directions régionales de l'éducation nationale, au début de l'année. L'éducation nationale publique est ainsi paralysée, comme en témoigne le proviseur du lycée Rabearivelo, Charles Razafimahefa. « On ne peut pas mentir, ça ne va pas. Pour la classe terminale, on n'est pas arrivé à termes de nos programmes et on a besoin de faire des rattrapages. Pourtant, la semaine prochaine, on n'aura pas de cours à cause des examens du Centre national de télé-enseignement de Madagascar. Pour les classes de seconde et première, on a demandé aux enseignants de foncer avec les matières de base », affirme-t-il. Dans ce lycée, des profs viennent en classe mais ne donnent pas de cours et, bien sûr, d'autres ne se présentent pas.
Plan B
Pour le Lycée moderne Ampefiloha, les matières de base de la terminale accusent du retard, faute de profs qui font la grève. « Nos profs de philosophie, d'histo-géo et de français n'ont toujours pas repris leurs cours depuis la grève », confie Jean Hervé Rakotobe, un élève de la terminale littéraire.
La situation est plus grave dans les collèges d'enseignement général (CEG) où les élèves ont de nouveaux profs en pleine année scolaire après le recrutement de 782 enseignants par le ministère de l'Éducation, au mois d'avril. Un responsable du CEG Antanimena l'a confirmé.
« Chez nous, ce sont surtout les enseignants fonctionnaires qui sont en grève mais on les a remplacés soit par leurs collègues qui ne font pas la grève, soit par d'autres enseignants parce qu'il faut terminer le programme », indique-t-il.
Le secrétaire général du ministère de l'Éducation, Pascal Rabetahina, affirme la tenue des examens sans précisant la date et semble se préparer à toute éventualité. « Les examens auront lieu et nous sommes prêts. On a déjà un plan B si les enseignants refusent de faire la surveillance pendant les examens », a-t-il conclu.

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