Photo: http://www.moibrahimfoundation.org/ La fête de la musique est célébrée aujourd'hui partout au Sénégal avec les maux qui gangrènent le secteur. Et le premier mal à combattre est l'absence de réglementation qui selon les musiciens, chanteurs autres promoteurs interrogés, ralentit le développement du secteur.
S'il y a une seule chose sur laquelle tous les professionnels de la musique au Sénégal sont d'accord, c'est bien l'absence de cadre réglementaire de leur secteur.
Elle plombe les activités. Secrétaire exécutif de l'Association des diffuseurs artistiques et festivals (Adafest), Oumar Sall soutient que c'est le premier niveau de l'activité musicale qui fait défaut.
Et ce maillon «essentiel» est «l'environnement institutionnel sécurisé ou un cadre réglementaire bien défini». Pour Sall, par ailleurs membre de la 'Plateforme art et culture', «ce sont ceux qui créent l'activité musicale qui manquent, ceux qui mettent leur argent dans un produit par exemple pour que le musicien ou le chanteur existe et fasse son travail».
Son collègue Ousmane Faye, ancien directeur artistique de Banlieue rythme, pointe du doigt l'inorganisation du secteur.
«Ce n'est pas le fait des musiciens et chanteurs, mais, ils n'ont pas un répondant en face, des autorités qui ont un réflexe sur les priorités de la musique», analyse Faye, membre aussi de la Plateforme qui estime que cela doit être la priorité aujourd'hui du ministre de la Culture, Youssou Ndour, un des leurs. Il faut selon lui une bonne structuration du secteur pour savoir qui fait quoi ? Et qui est qui ?
Il ne s'agit pas pour les acteurs d'écrire et de voter simplement une loi sur le statut de l'artiste, mais de définir des critères pour différencier les amateurs des professionnels.
Selon eux, ces mesures doivent aboutir à la délivrance de la licence professionnelle qui permettra d'identifier et de répertorier les différentes catégories de métier du secteur.
Mais la priorité des priorités, estime le guitariste de Oriazul, Daniel Gomes, est la mise en place de la société de gestion collective et les décrets d'application de la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins qui tardent à être pris.
Pour les musiciens, chanteurs et autres promoteurs du secteur de la musique, la créativité est bien en ébullition au Sénégal, mais ce sont les investissements dans ce domaine qui font défaut.
«Il est temps que la musique soit un poumon économique, un véritable facteur de développement», fait savoir le musicien Gomes, vice-président de l'Association des métiers de la musique (Ams).
Le constat aujourd'hui au Sénégal est que les chanteurs et autres musiciens se chargent d'organiser pour promouvoir leur musique des scènes de diffusion.
D'où la multitude d'anniversaires célébrés au théâtre Daniel Sorano. Récemment Mame Ngor Diazaka, Assane Ndiaye et Fatou Guélel Diouf se sont adonnés à de tel spectacle.
Pour Ousmane Faye, le mal est à rechercher dans la faiblesse des scènes offertes aux musiciens et chanteurs. «Celle-ci est due à la fiscalité qui tue le secteur», indique Faye.

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