Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: L'hôtel de ville détruit les constructions anarchiques sur l'Avenue du Tourisme

Les occupants des habitations et hangars construits anarchiquement le long du fleuve entre l'hôpital de la Rive et la traversée des rails, sur l'avenue du Tourisme à Kinsuka ainsi que des bistrots de fortune (nganda) installés dans le même périmètre ont été démolis sans autre forme de procès.

Les constructions anarchiques érigées après l'hôpital de la Rive, le long du fleuve Congo, sur l'avenue du Tourisme dans la commune de Ngaliema, ont été rasées hier vendredi 22 juin par l'Hôtel de ville de Kinshasa. L'autorité urbaine a requis les services de la Police militaire (PM) des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). En lieu et place de la Police nationale congolaise (PNC).

Juste après la formation hospitalière de la Rive, ce sont des éléments des FARDC - on ne sait de quelle unité - qui ont squatté cet espace, long d'environ 200 m de longueur et 30 m de largeur. Ce qui a justifié la réquisition de la PM des FARDC à la place de celle de la PNC pour certainement éviter une éventuelle confrontation. Un peu plus loin, c'était le domaine des civils qui, selon certaines indiscrétions, ont envahi les lieux sous le parapluie des galonnés de l'armée et de la police. Sans oublier les autres «super» Congolais ayant une parcelle d'autorité.

Si les squatters militaires y sont installés depuis plus de deux ans pour certains, afin d'y habiter avec leurs familles, d'ailleurs nombreuses, leurs voisins civils ont exploité pour des raisons commerciales les lieux depuis un an environ. Grillades des poissons frais du fleuve, assaisonnées du piment et accompagnées de la boisson locale, étaient la spécialité des tenanciers de «bistrots» aux paillotes installées vaille que vaille.

Hormis les dimanches et jours fériés où les consommateurs «investissaient» cet endroit pour la détente et/ou une certaine évasion dès les avant-midi, tous les autres jours, c'est vers 17h00' qu'ils prenaient d'assaut tous les «nganda» (bistrots). La plupart, si pas tous, venaient en véhicules.

La décision de l'autorité urbaine de procéder à la destruction de ces constructions anarchiques ne peut qu'être saluée non seulement pour rétablir l'ordre en restituant ce lopin de terre à son propriétaire, la Société commerciale des transports et ports (SCTP), ex-Onatra. Mais aussi pour éviter des accidents de la circulation. D'ailleurs, deux avaient déjà eu lieu à cet endroit. Heureusement qu'on n'avait pas enregistré de perte en vie humaine.

La SCTP n'a jamais loti ce lopin de terre. Encore moins les autorités municipales et urbaines qui l'ont fait savoir à une chaîne de radio de la place qui les ont interrogées pour ce faire. L'ex-Onatra, à en croire un de ses responsables, compte réhabiliter le chemin de fer en rouvrant la ligne Usoke (commune de Kinshasa)-Kinsuka.

Seulement, l'opinion se demande si les victimes de cette destruction ont fait l'objet d'une mise en demeure avant d'être frappées par la rage destructrice de l'Hôtel de ville. Et elle ne cessera jamais de s'interroger pourquoi on a laissé les gens squatter les lieux, au vu et au su de tout le monde, pendant tout ce temps sans aucune réaction.

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