Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Hommage à Cherif Elvalide Seye - A Cherif, mon oncle de coeur

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Je ne sais que dire, tellement j'ai mal...mal d'avoir perdu mon ami, mon frère, mon coach, mais surtout mon oncle, moi ta «nièce preférée» comme tu m'appelais. J'avais appris ta maladie, mais j'étais si loin de penser a la mort. Parler de toi au passé me pèse et m'insupporte, tant tu étais si cher à mon coeur. Mais que faire face à la volonté divine sinon ravaler mes larmes, me résoudre à prier.

Un hommage public pour toi s'avère bien un devoir ou mieux, une obligation, pour ceux qui ont eu la chance d'avoir croisé ton chemin, tant tu étais le condensé de toutes les générosités. Généreux tu l'étais dans ton savoir comme dans ton avoir, dans ta foi, dans tes rapports à autrui, dans ton humilité, dans ta simplicité. Tous les témoignages faits sur toi en sont la preuve la plus formelle. Constant, tu l'étais aussi, car tes amis d'hier sont ceux d'aujourd'hui et tu n'as jamais varié. Même assumant des fonctions prestigieuses, ta porte m'a toujours été restée ouverte, béante même et je ne suis pas la seule.

Ma grand-mère était l'amie de ta mère, mon grand-père celui de ton père et toi le frère siamois de mon oncle Abdallah, le frère de ma mère. Depuis que j'ai commencé à distinguer ma main gauche de celle de droite, je vous ai vu Abdallah et toi étudier ensemble, vous distraire ensemble, travailler ensemble, habiter même ensemble. Voila pourquoi Tu étais mon oncle, peut-être pas de sang, mais mon oncle de coeur, mon «tons».

Jusqu'à la fin de ta vie, tu as si pleinement et si brillamment assumer ton rôle de «tons». Abdallah et toi m'avez fait aimer la langue française depuis que je collectionnais les exemplaires du journal «Le Soleil» dans lesquelles vous aviez signé. J'essayais d'en retenir les plus belles phrases. Tu me corrigeais parfois mes devoirs de rédaction, et même plus tard, mes écrits dans le cadre de mon travail. Mais encore, je te dois tellement d'autres choses, moi qui te dédicaçais mon mémoire de fin d'études en ces termes : «à Cherif El Valide Seye, mon tons qui n'a jamais dit non». C'est si vrai que tu n'as jamais su me dire non quand je «t'enjoignais» même parfois, de m'aider à résoudre certaines équations, de me rendre des services pour moi ou pour mes enfants dont tu te disais le grand père.

Tu m'as soutenue pour que je gravisse des échelons, tu m'as ouvert des portes, tu m'as coachée pour entreprendre et réussir, tu m'as poussée a persévérer... Et même quand tu parcourais le monde et que je te surnommais «Sangomar» en référence à l'ex avion présidentiel, tu étais toujours présent, car nos échanges par mail demeuraient soutenus pour m'enquérir de tes nouvelles, te demander ton avis sur ceci ou cela. Je tenais tellement à mon statut de «nièce préférée» ; récemment, tu avais même promis de passer à mon bureau comme tu le faisais parfois, quand tu reviendrais au Sénégal. J'étais si loin de m'imaginer que c'était le dernier mail que je recevrais de toi. Je n'arrête de tous les repasser en revue, comme pour me convaincre que tu n'es pas mort.

Puisse Dieu le Tout Puissant, dans Son infinie Miséricorde t'ouvrir grandes les portes du Paradis pour t'y accueillir auprès de tes parents et de ton grand frère. Pour nous tous, de Sokone comme du monde entier, tu vivras dans nos coeurs, toujours.

Ndiembeute pour toi

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