En avril 2011, un important accord a été la Guinée et ses partenaires dans le cadre du projet de développement du gisement de minerai de fer de Simandou Sud.
Cet accord, de l'avis de nombreux experts est une innovation en Afrique dans la mesure où il prévoit une prise de participation majoritaire de l'Etat dans les infrastructures nécessaires à l'évacuation des produits miniers. Une position qui, s'elle réussie mettra le pays sur le chemin du développement.
L'unanimité se dégage comme quoi les pays du tiers monde sont confrontés au manque d'infrastructures (routes, chemins de fer, ports, ...) sans oublier l'électricité et l'eau, (deux éléments déterminants) qui entravent sérieusement le développement de nombreux projets miniers voir agricole.
Parce que le coût de leur construction est élevé parfois plus coûteux que l'on imagine et s'amortit sur quelques décennies, de nombreux investisseurs privés internationaux hésitent à s'y lancer. Conséquences : Beaucoup de pays potentiellement riches sont incapables d'exploiter leurs ressources et se trouvent de ce fait être bloqués.
Dans l'ensemble, peu de pays sont capables sur le continent de faire face aux besoins financiers énormes d'investissement pour le développement des infrastructures.
Là où elles existent, il est fréquent que ces installations, indispensables au développement de gisements, appartiennent aux sociétés minières. Ces dernières pour la plupart des cas, veulent ainsi s'assurer le plein usage de ces gros investissements. En Guinée, l'accord d'avril 2011 introduit pourrait fondamentalement changer la nature et l'importance de l'impact économique du projet de minerais de fer du Sud de Simandou ou de Valé/BSGR, et des autres projets miniers dont il pourrait favoriser la réalisation, sur l'Economie Nationale.
Cet accord d'avril 2011 a été signé avec une multinationale, associée avec une filiale du Groupe de la Banque Mondiale. Il ne fait de doute que son contenu devrait aider à l'émergence économique de la République de Guinée et devrait par conséquent constituer une source d'espoir pour ses partenaires au développement.
On pourrait estimer à plus de quatre milliards de dollars les revenus nets que les propriétaires des infrastructures minières pourraient annuellement se partager. Il serait inacceptable de laisser cette manne glisser totalement entre les mains de l'Etat : dans ce contexte, les taxes et royalties seraient de simples recettes utilisables au profit d'autres besoins socioéconomiques de moindre taille.
Il suffit de se référer aux exonérations fiscales accordées au cours des premières années d'exploitation aux différentes compagnies et sociétés minières. Voir la disposition du nouveau code minier. Pour ce qui est du chemin de fer, le transguinéen (longtemps rêvé mais qui tarde de voir le jour), dans l'hypothèse où sa conception prendrait en compte les besoins prévisibles de l'ensemble des régions traversées. Il constituerait l'ossature du développement de plusieurs autres gisements guinéens (Simandou nord, Nimba, Faranah, Forécariah, Kalia) et aussi de l'agriculture.
L'Accord d'avril 2011 permettrait à l'Etat s'il est concrétisé dans ces deux cas, de tirer le meilleur profit du développement du gisement de Simandou Sud et des autres compagnies minières des régions traversées par la ligne métallique.
L'Etat verra, à cause de sa propriété partielle de ces infrastructures, augmenter très sérieusement ses revenus que le Trésor guinéen tirerait de l'exploitation du gisement de Simandou Sud.
Cette approche nouvelle donnera à l'Etat guinéen les moyens d'être le véritable maîetre de la politique minière nationale. Ce qui donnerait l'avantage à la Guinée de désenclaver le pays, de créer les meilleures conditions d'exploitation des gisements concernés avec une plus grande rentabilité.
L'autre avantage majeur et non des moindres dans cette participation majoritaire dans ces infrastructures (chemins de fer et ports minéraliers), est de permettre à la Guinée d'éviter le piège habituel des sociétés minières totalement extraverties (le réseau des infrastructures pourra, à tout moment, être étendu pour permettre ou encourager le développement des activités économiques dans les régions traversées).
Cette décision guinéenne d'avril 2011 aurait même suscité de l'intérêt dans plusieurs pays africains qui, sûrement, après son application, ferait de la Guinée un bel exemple dans le domaine.
Mais pour ce faire, l'Etat guinéen doit, directement ou indirectement mais rapidement, apporter sa part de 51% du financement de ces infrastructures : soit quelques cinq milliards de dollars à mobiliser. Un montant qui vaut plus de quatre fois le budget national au moment où le pays est engagé dans le programme de l'initiative des pays pauvres très endettés (PPTE).
Pour revenir sur cet accord qui devrait rentrer en application afin d'éviter éviter le retard dans l'exploitation du minerai de fer du Simandou, un projet de classe mondiale. Les signataires savaient au préalable que de l'incapacité de la République de Guinée à mobiliser ce montant par les voies classiques de recettes internes ou d'emprunt direct:
Notre pays classé parmi les Etat de la catégorie des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), attend impatiemment la réduction substantielle de sa dette dans le cadre des principales initiatives internationales dans ce domaine, confronté à un nombre écrasant de priorités pour la satisfaction des besoins essentielles et urgents des populations guinéennes.
Du coup, il ressort que la capacité d'endettement du pays est insignifiante par rapport aux montants qu'il devait mobiliser dans le cadre de la mise en oeuvre de l'accord d'avril. Pourquoi alors les partenaires de la Guinée, au premier rang desquels le Groupe de la Banque Mondiale, ont-ils encouragé l'Etat à signer un tel accord ? S'il est vrai qu'ils ont apporté leurs conseils et expertise pour accompagner le pays. On ne peut pas croire dans l'esprit du guinéen, qu'il s'agit de créer de faux espoirs pour le peuple de Guinée en faisant miroiter des avantages en fait inaccessibles.
Du moins ce que le Guinéen lambda ne comprendrait pas alors qu'on veuille piéger le Gouvernement en vue de lui imposer, plus tard, une renégociation des termes de l'accord, après que plusieurs mois aient été perdus dans le processus de mise en exploitation du gisement de Simandou Sud. L'un des rêves guinéens attendus en 2015. Heureusement et c'est ce que l'on espère, l'engagement d'une banque multilatérale de développement dans le cercle des partenaires de la Guinée encourage à plus d'optimisme.
Au demeurant, le démarrage de la production commerciale avant le 30 juin 2015 n'est envisageable que si une réponse favorable est trouvée au financement des infrastructures au minimum trois ans avant cette date.
Pourtant, l'option du BOT (Build, Own and Transfer = construire-exploiter-transférer) qui aurait été avancée par certains consisterait à un simple renoncement aux avantages de l'Accord d'Avril 2011. Il s'agirait alors de le renégocier, et de différer les avantages présentés plus haut pour les années 2040 ou 2050 ! Ce serait simplement le rêve brisé pour le Guinéen ?
Le peuple de Guinée mériterait mieux qu'un nouveau désenchantement. Les dispositions avantageuses négociées présentées aux Guinéens par le gouvernement méritent et doivent être respectées par tous et mise en oeuvre dans les meilleurs délais. Et ce, pour le bonheur de tous.
Les yeux restent alors tournés sur le gouvernement à trouver la meilleure stratégie de mise en oeuvre pour éviter de décevoir les populations guinéennes qui, comme tous les autres rêvent d'un avenir meilleur pour leur pays.
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