Aminata.com (Conakry)

Guinée: Vladislav Soloviev - « L'usine Rusal ne sera pas relancée pour le moment »

La décision de la fermeture de l'usine de Friguia ou tout au moins la non relance de sa production pour le moment semble prise par les autorités de Rusal. Même destin pour certaines unités industrielles de la Société en Jamaique. Pour le responsable de Rusal, les nouvelles usines en construction en Siberie vont remplacer les anciennes usines non-rentables et conforter la capacité de Rusal.

Dans l'interview accordée à l'agence PRIME, qui traite des sujets économiques au sein de l'agence etatique russe « RIA NOVOSTI » Vladislav SOLOVIEV, le premier adjoint du Directeur Général de la compagnie Rusal s'est prononcé sur l'etat actuel de l'usine Friguia:

« Nous poursuivons les négociations avec le gouvernement guinéen sur la concéssion du gisement des bauxites de Dian-Dian, nous pensons les terminer d'ici fin d'année.

En ce qui concerne l'usine d'alumine Friguia, nous n'avons pas actuellement de points de vues divergeants, mais pour le moment nous ne relancons pas cette usine par ce qu'il n'y a pas de sens économique en cette conjoncture du marché.

La production de cette usine n'est pas rentable. Voila pourquoi après la grêve, la production de l'usine n'a pas été relancée, et l'usine tourne au régime minimal»

D'ajouter dans la même interview que « Rusal planifie de réduire de 8 à 10% du volume de sa production. Ce qui devrait concerner 400 mille tonnes d'aluminium par an, mais à ce jour la réduction réaliste varie entre 250 et 300 mille tonnes. Et dans la deuxième moitiée de l'année certainement le plan de réduction de la production sera de moitié atteint.

Le conseil d'administration prendra la décision des usines à fermer avant septembre de cette année. Les usines qui ne sont pas éffectives et qui sont écologiquement vetustes dans la production de l'aluminium seront les plus concernées ».

Concernant la réduction de l'alumine , le premier Adjoint du Directeur Général de la compagnie Rusal a été plus clair, il s'agit de l'usine d'alumine de Friguia qui ne sera pas relancée pour le moment et l'usine située en Jamaique. L'usine de Fria sera relancée quand le prix de la tonne de l'alumine vendue actuellement autour de 300 usd atteindra les 400 USD.

Pour Soloviev la situation actuelle concerne « toutes les compagnies évoluant dans le secteur, Alcoa,Rusal,Rio Tinto, nous sommes tous dans le même bateau ».

Le but essentiel aujourd'hui pour les producteurs est la réduction de la production. Soloviev pense que 4 millions de tonnes de quantité d'aluminium seront réduites, y compris 3 millions de tonnes sont dejà reduits à l'heure actuelle. Pour l'ensemble des producteurs il est nécéssaire, voir même indispensable, de soutenir la hausse du prix du métal.

Ces derniers temps le continent Africain semble de moins en moins attractif aux yeux des hauts responsables de Rusal. Lors d'une autre interview accordée cet week-end au magasine FORBES , Oleg DERIPASKA, PDG de Rusal a déclaré que « l' Afrique recèle de nombreuses ressources, mais la Siberie et l'extrême orient offrent de meilleurs plateformes pour la réalisation des possibilités.

Seulement en Afrique c'est très difficile, ces Etats ne possèdent pas suffisament de ressources financières pour réaliser des infrastructures minières de base. En ce qui concerne l'Australie, l'Amerique Latine et l'Afrique plus je regarde ces pays plus il me parait que la Russie offre plus de possibilités ».

Cette annonce n'est pas une surprise pour le collège syndical de Friguia qui, à plusieurs reprises a reçu les explications de Rusal sur les pertes, les dettes et la non rentabilité de l'usine.

On se rappelle qu'au mois de Janvier 2012 le PDG de Rusal Oleg DERIPASKA avait accordée une interview à Bloomberg TV où il avait clairement déclaré que son entreprise va procéder à la fermeture de certaines usines de Rusal les moyens rentables.

Cette déclaration était un signal fort pour le syndicat de Friguia , car cette usine présentait tous les mauvais signes économiques. Et comme si cela ne suffisait pas ils déclenchant une grêve qualifiée d'illégale par le Tribunal de Travail de Conakry, ce qui du coup a fait dire aux autorités de Rusal que le collège syndical de Friguia a opté pour la fermeture de l'usine et non pour la sauvegarde des emplois.

Quant aux autorités de Rusal en Guinée , elles ont fait preuve de bonne volonté, pour expliquer avec chiffres et tableaux au syndicat les pertes de l'usine et que le moment est mal choisit pour une quelconque réclamation.

Ces autorités comprennent que la fermeture d'une entreprise est toujours un choix difficile, le cas de Fria se passe de commentaire car la population vit au dépend de l'usine et toutes les charges sociales sont supportées par cette unité industrielle. Aujourd'hui à cause d'un groupe de syndicaliste, la ville de Fria et ses populations sont dans une situation d'extrême difficulté.

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