Tchad: Lutter contre la malnutrition dans un contexte d'insécurité alimentaire croissante

Moussoro/Bahr-El-Ghazal — À la périphérie de Moussoro, la principale ville de la région du Bahr-el-Ghazal, à l'ouest du Tchad, des mères de famille font la queue avec leurs bébés sous une chaleur accablante pour une visite de dépistage de la malnutrition.

Ailleurs dans la région, des femmes chargent leurs ânes de sacs de graines de millet et d'arachides offerts par des organisations d'aide humanitaire en prévision d'une meilleure saison des pluies.

« C'est la saison des semailles. Je vais commencer par planter du millet et quand les pluies arriveront, je planterai les autres graines, » a dit à IRIN Khadija Oche Youssuf, une mère de quatre enfants vivant à Toumia, un village à 60 km au nord de Moussoro.

« Nos dernières récoltes remontent à septembre 2011 et nos réserves de nourriture sont épuisées. La récolte n'a pas été bonne à cause du manque de précipitations, des criquets et des oiseaux. »

Avant de recevoir de l'aide alimentaire, les habitants de Toumia s'en sortaient en coupant des arbres et en vendant du bois de chauffe au bord des routes, malgré l'état déjà fragile et dégradé de l'environnement.

« Ensuite, nous allions acheter de la nourriture à Moussoro », a expliqué Mme Oche Youssuf, ajoutant que le trajet pour se rendre à Moussoro prenait trois jours à dos d'âne.

Le Bahr-el-Ghazal est l'une des régions du Tchad se trouvant sur la ceinture sahélienne, qui s'étend du Sénégal au Tchad et qui est touchée par une crise alimentaire.

Comme dans le reste du Sahel, la sécheresse, le manque de précipitations et les mauvaises récoltes, sans oublier l'augmentation des prix des produits alimentaires ont conduit à une situation d'insécurité alimentaire dont découlentdes problèmes de malnutrition.

Malnutrition

L'hôpital principal de Moussoro prend en charge des enfants envoyés par les centres médicaux des villages environnants qui souffrent de malnutrition sévère avec des complications, comme des infections, la diarrhée ou le paludisme.

« J'ai remarqué que mon bébé avait la diarrhée, alors je l'ai amené à l'hôpital », a dit à IRIN Fatuma, une jeune femme âgée de 18 ans et mère d'un bébé de 18 mois.

Après trois jours passés à l'hôpital de Moussoro, la santé du bébé s'est améliorée. Chez lui, le bébé partageait les repas du reste de la famille, composés principalement de riz et de farine de maïs.

L'économie « embryonnaire » du Tchad constitue l'un des facteurs limitant la diversité locale des ressources alimentaires et des revenus, a remarqué le Réseau des systèmes d'alerte précoce contre la famine (FEWSNET) de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Selon FEWSNET, on peut aussi blâmer les pratiques socioculturelles en matière de soins et la déficience des systèmes de santé.

Fatuma a raconté à IRIN qu'avant d'amener son bébé à l'hôpital, elle avait d'abord décidé de lui faire couper la luette (appendice de chair qui prolonge le bord postérieur du voile du palais) par un médecin traditionnel, en espérant que cela améliore sa santé.

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