Le procureur Ramatoulaye Ly Ndiaye a encore fait parler d'elle hier lors du procès de Seynabou Guèye contre Mamadou Ndiaye accusé de pédophilie et de détournement de mineure. Bombardé de questions par la parquetière, le prévenu pique une crise et s'évanouit. Le juge renvoie le procès au 10 juillet courant.
Un fait inhabituel a obligé le juge hier à renvoyer l'affaire dite Mamadou Ndiaye poursuivi pour pédophilie et de détournement de mineure jusqu'au 10 juillet prochain. Le prévenu s'est évanoui en pleine audience avant même que le procureur n'ait commencé son interrogatoire.
L'agressivité de Ramatoulaye Ly Ndiaye est passée par là. Cette dame connue pour sa rigueur dans ses réquisitoires, ne s'est pas gênée à se ranger du côté de la victime sans aucune marge de manoeuvre ou une moindre possibilité pour Mamadou Ndiaye de se défendre.
Secoué et perturbé par les questions du procureur, l'accusé devient muet, pleure à chaudes larmes et essuie sa sueur. La minute qui suit, le gendarme l'allonge au premier banc des prévenus. Le présumé pédophile n'était plus conscient. Il avait l'air abattu, les yeux fermés, les doigts croisés.
Le juge explique sa décision par le fait qu'il ne peut pas prendre le risque de juger un prévenu malade. Ainsi, Mamadou Ndiaye devra patienter encore deux semaines en prison avant d'être fixé sur son sort.
Placé sous mandat de dépôt le 8 juin dernier, le jeune tailleur Mamadou Ndiaye a comparu hier à la barre des flagrants délits du tribunal régional de Dakar.
Il est accusé de pédophilie et détournement d'une mineure de moins de 16 ans. Il a, toutefois, nié en bloc les lourdes charges qui pèsent sur lui.
«Je n'ai couché que deux fois avec Seynabou, et elle était consentante. C'est elle-même qui venait tous les jours chez moi à sa descente de l'école sans y être conviée pour passer de bons moments avec moi.
Je nie les accusations selon lesquelles j'ai détourné ma voisine du bon chemin pour faire avec elle de mauvaises choses», s'est limité à dire Ndiaye avant de tomber en syncope.
Pourtant, le mis en cause avait littéralement reconnu les faits à l'enquête de police. Mamadou Ndiaye avait expliqué aux enquêteurs la nature de ses relations avec la victime Seynabou Guèye, élève en classe de 4ème au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque.
La victime a, pour sa part, réitéré ses propos tenus devant les policiers enquêteurs. «Mamadou a eu des rapports sexuels avec moi à six reprises et non deux comme il le soutient.
Nous ne sommes pas des copains, il m'a hypnotisé. C'est pour cela qu'à chaque fois qu'il m'appelait, je courais le rejoindre. C'est comme ça qu'il a réussi à abuser sexuellement de moi», déclare Seynabou Guèye.
Seule Aminata Sakho, la mère de la victime, a élucidé la lanterne du tribunal en narrant les faits dans les moindres détails. La dame dira que c'est sa bonne qui l'a informée de cette histoire. Selon elle, celle-ci a surpris les deux tourtereaux tous nus en train de s'adonner à des jeux sexuels.
Conduite à l'hôpital, Seynabou confie sa mésaventure avec le prévenu à la sage-femme. Surprise et dépitée, Aminata Sakho porte plainte contre son fils d'emprunt Mamadou Ndiaye.
Car, se désole-t-elle : «Je le considérais comme mon propre enfant. Mamadou n'avait pas de sens interdit dans ma maison. Je subvenais à tous ses besoins.»
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