La situation dans la partie septentrionale du Mali, occupée depuis fin mars par des groupuscules militaro-religieux, connaîet désormais une évolution des plus notables.
Hier, mercredi 27 juin 2012, dans la ville de Gao, rebelles touaregs du MNLA et islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) se sont canardés ; à l'arme lourde et durant de longues heures. A vrai dire, on s'y attendait quelque peu.
On l'imaginait, ce conglomérat d'entités aux philosophies et idéaux divergents n'avait en commun que d'occuper la partie nord du territoire malien ; l'entreprise réalisée, l'union de façade était condamnée à disparaître ; c'est désormais chose faite, et ce ne sont pas les populations nord-maliennes, qui subissent une quasi-occupation chez elles, qui en verseront des larmes :
«Lorsqu'éclate du grabuge dans la maison de l'hyène, au domicile de la chèvre, on a légitimes motifs de satisfaction», dit-on. Les jeunes de Gao qui ont manifesté leur ras-le-bol il y a juste quelques jours et essuyé des tirs à balles réelles peuvent voir dans cette guerre intestine des occupants le début d'une solution à ce qui constitue leur tourment depuis de longs mois.
Et ils n'ont peut-être pas tort, car le cas malien défiait toutes les tentatives de solution ; le président par intérim, Dioncounda Traoré, se trouve en exil forcé en France, et nul ne sait quand il reviendra, ou même s'il reviendra ; le capitaine Sanogo et ses acolytes, qui avaient justifié leur coup de force par leur désir d'aller affronter les rebelles du nord pour réunifier le territoire malien, semblent avoir ravalé leurs ambitions ; muets comme des carpes, désormais, personne ne pipe mot ;
la CEDEAO, qui vole de sommets en conclaves, multiplie les atermoiements mais n'arrive pas à trouver la solution à l'épineuse question malienne.
Que reste-t-il ? il se peut que la solution provienne de l'intérieur ; des populations des zones occupées dont on a vu la détermination lors des courageuses manifestations de Gao, d'une part, et, d'autre part, cerise sur le gâteau, de la bonne idée du MNLA et du Mujao de se canarder.
A supposer que les deux groupuscules choisissent de persévérer dans pareille voie, ils faciliteront la tâche à ces populations des zones occupées qui n'ont jamais accepté les nouvelles philosophies politico-religieuses qu'on a décidé de leur imposer .
Pour une fois, que l'on nous permette de souhaiter le pire pour qu'ensuite survienne le meilleur ; si le futur de la nation malienne doit passer par le sabordage du tandem MNLA-Mujao, on ne versera pas de larmes à cet effet ;
bien au contraire, on souhaite qu'ils aient la bonne idée de parachever les divergences qu'ils ont eu la bonne idée de commencer ; pour que (re)vive ce Mali qu'ils ont eu la mauvaise idée de diviser.
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