Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: 41e rencontre au sommet de la CEDEAO

Photo: Sidwaya
Les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

La quarante-unième session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) s'ouvre, ce jeudi 28 juin 2012 à Yamoussoukro, en Côte-D'ivoire. Dans la capitale politique ivoirienne, le sommet aura à se pencher sur deux dossiers brûlants de l'heure : le Mali et la Guinée-Bissau.

Sur la table de cette 41e session ordinaire, la situation en Guinée-Bissau et au Mali, deux pays qui ont connu respectivement le 22 mars 2012 et le 12 avril de la même année des coups d'Etat .

Le Burkina Faso , médiateur dans la crise malienne et le Nigeria ,président du groupe de contact régional sur la Guinée- Bissau feront au sommet, le bilan de leurs dernières activités dans le cadre de leur mandat respectif.

En plus du bilan des médiateurs, le sommet va en ce qui concerne la Guinée-Bissau, réfléchir sur la mise en place des institutions et à la feuille de route de la transition en cours et sur le redéploiement des troupes, .Il va aussi se pencher sur la demande d'assistance financière au profit de la Guinée-Bissau.

Quant à la situation au Mali qui paraît plus complexe, les chefs d'Etat auront à examiner la mise en œuvre des décisions prises à l'encontre de la junte lors des précédentes rencontres. Il s'agira de savoir si ces mesures prises lors des différents sommets extraordinaires qui se sont succédais depuis le déclenchement de la crise ont été respectés.

Ces décisions sont relatives au respect du processus de transition, sous la supervision du président par intérim et du Premier ministre, s’abstenir de toutes déclarations publiques et l'organisation de fora, l'interdiction d'interférer dans la transition et la reconnaissance des organes constitutionnels, l'interdiction de s'opposer au déploiement des forces en attente de la CEDEAO au Mali.

Pour le moment, le Comité national pour la restauration de la démocratie et le redressement de l'Etat(CNRDRE) s'est retiré dans son quartier général à Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne.

Son chef Amadou Sanogo est moins bavard. Si en apparence la junte s'est pliée aux injonctions de la CEDEAO, n'en demeure pas moins que sur le terrain, les choses ne semblent pas bouger dans le sens qu'on aurait souhaité.

Le président intérimaire de la République du Mali, Dioncounda Traoré, a été victime le 22 mai 2012 d'une agression qui l'a contraint à aller se soigner en France ,laissant seul le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, conduire la transition. Aussi, le Mouvement de libération de l'Azawad (MNLA) a conquis le Nord du Mali.

Il a même proclamé l'indépendance de cette partie du Mali et a mis en place un Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad(CTEA).Ce conseil est chargé de mettre en œuvre la politique générale de l'Etat de l'Azawad en matière de développement, de défense, de sécurité, de politique extérieure et de gestion du territoire.

Egalement, le mouvement Ansar Dine présent dans le Nord, applique à la lettre la charia sur la population obligeant les hommes à porter des pantalons courts et les femmes, à se voiler jusqu'aux orteils.

Des équations à résoudre

Le sommet de Yamoussoukro qui s'ouvre aujourd'hui, aura alors trois équations à résoudre. La première est de savoir s'il faut continuer la transition avec ou sans Dioncounda Traoré en convalescence à Paris.

Ce dernier, il faut le souligner, n'est pas en odeur de sainteté avec une partie de la population malienne qui lui reproche d'avoir flirté avec l'ancien régime de Amadou Toumani Touré.

La seconde équation qui découle de la première est la normalisation de la situation politique à Bamako. La troisième est la reconquête de la partie septentrionale du Mali présentement occupée par le MNLA et le mouvement Ansar Dine connecté à Al Qaïda au Magreb islamique (AQMI).

La CEDEAO compte user de la force, en y déployant dans cette partie du Mali, 3300 soldats afin de permettre à ce pays de retrouver son intégrité territoriale.

Cette option militaire n'est cependant, pas du goût de certains pays africains comme le Maroc ou l'Algérie, deux pays voisins du Mali. Le Conseil de sécurité de l'ONU, non plus.

Le représentant spécial de la France pour le Sahel, Jean Félix Paganon qui vient de finir une tournée à Bamako, n'est pas également pour l'intervention militaire, quand il a affirmé « Paris soutient la médiation de la CEDEAO », une médiation pilotée par le président burkinabè, Blaise Compaoré. Ce présent sommet de la CEDEAO va sans doute, déterminer la conduite à tenir.

Ces équations multiples, la CEDEAO doit impérativement les résoudre, afin que la population malienne puisse retrouver la joie de vivre. Et c'est ce à quoi le 41e sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO va se consacrer.

Outre ces préoccupations, La session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO va se pencher sur les rapports du président du Conseil des ministres de la CEDEAO ,du président de la Commission et des différents organes de contrôle de la communauté .

Le rapport du Conseil des ministres concerne principalement, le recrutement et les réformes institutionnelles, la répartition des postes statutaires entre les Etats membres et la demande d'autorisation du comité d'audit pour la passation d'un marché pour l'exécution d'une mission de contrôle de gestion.

Le rapport 2012 du président de la CEDEAO quant à lui, circonscrit les tendances économiques mondiales, continentales et régionales et résume les activités dans le cadre de la mise en oeuvre du programme de travail de la communauté, au titre de l'année 2012.

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