Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Des réfugiés mauritaniens demandent leur réinstallation

Photo: IRIN
Aliou Moussa So, représentant de la communauté des rapatriés de la Mauritanie

Plus de 150 réfugiés Mauritaniens observent une grève de la faim depuis le 19 juin dernier. Ces gens qui se disent « apatrides » résident au Sénégal depuis 1989, à la suite aux évènements Sénégalo-mauritaniens. Vivant dans des conditions jugées « extrêmement difficiles » ces déportés souhaitent obtenir une autre terre d'accueil que le Sénégal.

En effet plus de 150 réfugiés mauritaniens ont élu domicile depuis le 19 juin dernier dans un bâtiment en construction à la Sicap libert6, en face de l'Immeuble du célèbre footballeur sénégalais Ferdinand Coly, abritant le siège du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Ils réclament, entre autres, des pièces d'identification, de la prise en charge médicale, de meilleures conditions de vie et le règlement de leur épineux problème de réinstallation. Ce dernier point constitue une des priorités de leurs revendications.

Selon Aldiouma Cissokho, âgé de 61 ans et Coordonnateur des organisations des refugiés mauritaniens au Sénégal et ancien fonctionnaire du ministère mauritanien : « la Mauritanie n'est pas un État de Droit et les compatriotes qui ont pris le goût amer de retourner en Mauritanie dans le cadre du programme de retour, vivent des conditions effroyables, honteuses, inadmissibles. Ce sont eux-mêmes qui nous disent que s'ils savaient, ils n'auraient pas accepté ce retour en Mauritanie.

Ainsi compte tenu de la réalité géopolitique en Mauritanie et la situation de sécurité qui prévaut là-bas, nous, nous ne voulons plus retourner en Mauritanie. Le gouvernement sénégalais a vidé toutes ses cartouches pour arriver au règlement du problème. »

Mais vu les moyens importants exigés pour ce retour, il pense que « l'Etat du Sénégal doit prendre contact avec ses partenaires pour leur faire comprendre qu'il ne peut plus nous retenir ici. »

Ainsi la seule solution qui s'impose c'est celle de la réinstallation. « Totalement désespérés il ne nous reste plus que la seule arme de grève de la faim ».

Le Coordonnateur se désole de l'attitude des sapeurs pompiers qui, selon lui, refusent même de répondre aux appels au secours des grévistes dont les conditions de santé se détériorent de jour en jour.

Malgré la rencontre tenue ce 26 juin dans les locaux du Haut Commissariat entre l'Etat du Sénégal représenté par le Colonel Samba Fall, les agents du ministère de la Justice, de l'éducation et de la santé, les autorités du Hcr et les représentants des refugiés, les grévistes sont toujours restés sur leur faim.

Les autorités du Hcr et de l'Etat du Sénégal ne sont pas pour le moment en mesure de satisfaire aux revendications des grévistes et ces derniers campent toujours sur leur position. S'adressant aux autorités l'un des grévistes tonne : « si vous ne pouvez pas régler nos problèmes, laissez nous mourir ici ».

  • Comment

Copyright © 2012 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment

Focus Sur

D'anciens réfugiés privés de terres et de papiers en Mauritanie

picture

Les anciens réfugiés de la Mauritanie manquent, aujourd'hui, de tout. En plus de l'accès à leur droit le plus absolu, ils ne peuvent même plus reprendre leurs terres afin d'y ... Read more »