Kinshasa s'est félicité de la prorogation par le Conseil de sécurité des Nations unies du mandat pour une année de plus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco).
La RDC a salué le renouvellement, pour un an, du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), a déclaré jeudi dans une communication à la presse le ministre congolais des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l'Initiation à la Nouvelle citoyenneté, Lambert Mende Omalanga.
«Le renouvellement du mandat de la Monusco à partir du 30 juin répond à un souci clairement exprimé par le gouvernement de la RDC, à l'effet de consolider, autant que faire se peut, la paix et la stabilisation dans l'Est de la République, toujours en butte à certaines velléités mafieuses», a indiqué le porte-parole du gouvernement.
Selon lui, la Monusco a joué un rôle bien apprécié par le gouvernement dans la protection des populations civiles menacées par l'aventure sans lendemain des soldats mutins ayant à la tête Ntaganda et Ruzandiza, et dans l'appui apporté aux Forces armées de la RDC (FARDC), dans l'accomplissement de leurs tâches.
«Nous ne partageons donc pas les critiques sans nuances portées à l'endroit de la Monusco par le dernier rapport de ICG selon lequel la Monusco est en train d'échouer dans son mandat de stabiliser le pays et protéger les populations civiles», a-t- il affirmé.
Il a ajouté que la RDC doit, de la même manière, dénoncer la désinvolture qui transparaîet dans un document de l'ONG britannique Amnesty International qui «a tenté de profiter des actes d'agression dirigés contre la RDC pour obtenir l'émasculation militaire de notre pays».
En effet, Amnesty International avait suggéré, en réponse à l'agression dont est victime la RDC, de renforcer l'embargo sur toutes les armes à vendre en RDC, y compris aux FARDC, car, selon lui, «la facilité d'obtention des armes par l'armée loyaliste et les groupes armés alimente la violence dont souffrent les populations».
MONUSCO : UNE ANNÉE DE PLUS
Le Conseil de sécurité a décidé mercredi à l'unanimité de ses quinze membres de proroger pour un an, jusqu'au 30 juin 2013, le mandat de la Monusco, l'une des plus importantes opérations onusiennes de maintien de la paix, en insistant sur la protection des civils et la réforme du secteur de la sécurité alors que le pays est confronté à une nouvelle mutinerie.
Aux termes de la résolution 2053, le Conseil de sécurité réaffirme que la protection des civils doit être la priorité lorsqu'il s'agit de décider de l'usage des capacités et ressources disponibles de la Monusco. Mais il souligne que la réforme du secteur de la sécurité doit être au centre du mandat de la Mission.
Le Conseil de sécurité demande instamment au gouvernement de Kinshasa de poursuivre son action contre les groupes armés, en particulier les mutins de l'ex-Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et du Mouvement M-23, une nouvelle rébellion apparue en avril dernier dans la province du Nord-Kivu.
Les quinze membres du Conseil ont condamné cette mutinerie menée par le général Bosco Ntaganda - intégré depuis 2009 au sein des FARDC tout en étant poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour recrutement d'enfants-soldats dans le district de l'Ituri, dans le Nord-est du pays - et le soutien extérieur apporté à tous les groupes armés. Il exige que toutes les formes d'appui qu'ils reçoivent cessent immédiatement, sans toutefois citer le Rwanda, largement soupçonné d'aider, malgré ses démentis, les mutins du M23.
Dans la résolution 2053, le Conseil demande aussi à la Monusco d'aider les autorités congolaises à empêcher que l'appui soit apporté, en particulier, grâce au produit d'activités économiques illicites et du commerce illicite des ressources naturelles, notamment en effectuant des contrôles inopinés et des visites périodiques sur les sites miniers, les itinéraires commerciaux et les marchés dans le voisinage des cinq comptoirs pilotes.
Le Conseil réaffirme par ailleurs son soutien aux initiatives prises par l'ONU et l'Union africaine (UA) pour faciliter l'action régionale contre la rébellion ougandaise de l"Armée de résistance du seigneur (LRA), présente dans le Nord-est de la RDC. Le Conseil de sécurité a aussi promis le concours de la Monusco à l'organisation et à la tenue d'élections provinciales et locales - prévues en 2013 et 2014, mais dont la tenue est menacée par l'absence de financement - sous la forme d'un appui «technique et logistique».
Cet appui, décide-t-il également, sera évalué à l'aune des progrès accomplis par les autorités congolaises pour renforcer la crédibilité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), mise en cause pour l'organisation désastreuse des élections présidentielle et législatives du 28 novembre dernier, entachées de nombreuses irrégularités.
La Monusco, l'une des plus importantes missions onusiennes de maintien de la paix, compte 19 815 Casques bleus, 760 observateurs militaires, 391 fonctionnaires de police et 1 050 membres d'unités de police constituées. Son mandat avait été, en juin dernier, prorogé d'un an, jusqu'au 30 juin 2012, par la résolution 1991 du Conseil de sécurité de l'ONU.
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