A la veille de la célébration de l'anniversaire de l'indépendance de la RDC, plus d'une centaine de 100 jeunes de Goma, membres d'un mouvement sans nom, se sont dispersés dans les rues de la ville de Goma en lançant des tracts contenant des messages de revendication de justice et de dignité humaine.
Sur ces tracts lancés par ces qui veulent en finir avec l'injustice sociale en RDC on peut lire : " Spécial 30 juin 2012. La sécurité dans l'est de la RDC. Promesse non tenue : il ne faut pas toujours promettre pour promettre ; jusqu'à quand ?" ou encore, en swahili, la langue locale : "Tuna choka na bilaka, Kazi sasa", c'est-à-dire : "Nous avons mare de la débrouillardise, nous voulons du travail maintenant".
Droits les plus légitimes
Quelques minutes après la distribution des tracts, la manifestation est dispersée par la police locale, qui la qualifie d'illégale et de trouble à l'ordre public.
Par ailleurs, trois jeunes sont appréhendés par des agents de l'Agence nationale de renseignement (ANR) qui les achemine au bureau de police puis les transfère au bureau de l'ANR, où ils sont aux arrêts jusqu'aujourd'hui.
Parmi ces personnes arrêtées, une jeune fille, Micheline Mwendike, et deux jeunes garçons, Baraka Mbonekube Pascal et Ngoy Kasongo, tous membres de ce mouvement.
"Nous étions seulement en train de revendiquer nos droits les plus légitimes inscrits dans la Constitution. Nous en avons marre de la débrouillardise, nous avons besoin de travail", se plaignent la plupart des jeunes rencontrés au lendemain de ces arrestations alors qu'ils sont en sit-in devant les bureaux de l'ANR pour réclamer la libération de leurs camarades.
Angélisme dévastateur
Ces jeunes s'insurgent contre le chômage en RDC. "La devise de notre pays, c'est : Justice, Paix, Travail. Mais en réalité nous voyons le contraire : l'injustice, l'insécurité et le chômage. C'est très décevant", dit Luc Nkulula Mwamba, un licencié en droit très déterminé à apporter des changements en RDC par ce mouvement. "C'est pour une cause noble que nous nous battons, Et dans nos principes nous risquons ensemble. Si on les emprisonne pour avoir réclamé leurs droits c'est mieux qu'on nous emprisonne tous. Nous sommes prêts" ajoute-t-il.
Alors que le 30 juin 2012, 52ème anniversaire de l'accession à l'indépendance de la République démocratique du Congo, a été décrite comme une journée de prières sur toute l'étendue de la RDC, où des messes ont été célébrées en l'honneur de la paix en RDC, les jeunes de ce mouvement condamnent cette vision des choses, qu'ils qualifient d'angélisme dévastateur : "Les anges ne viendront jamais résoudre le problème du Congo, c'est s'attaquer aux conséquences. On devrait plutôt faire travailler les méninges pour que la population jouisse de se liberté", souligne Luc. Ces jeunes condamnent fermement l'arrestation de leurs camarades qui ne faisaient que l'autopsie de la situation sécuritaire dans leurs pays après 52 ans d'indépendance. Selon eux, le 52ème anniversaire de la RDC a été détourné de son sens et aurait dû être une journée dédiée aux martyrs de l'indépendance et aux autres citoyens qui ont lutté pour la libération de la RDC. "Notre groupe a pour seul objectif l'éveil de la conscience de la population et particulièrement de la jeunesse du Nord-Kivu", conclut Kitambala Erick, un autre jeune de ce mouvement.
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