En séjour au Burkina Faso, du 27 juin au 4 juillet 2012, le consul du Burkina Faso à Lyon dans la région de Rhône-Alpes en France, Jean-Paul Grollemund, était le mardi 3 juin 2012, dans les locaux de Sidwaya.
Celui qui est, selon lui, le doyen des consuls en France et gère le quotidien de la communauté burkinabè à Lyon depuis 23 ans, donne dans cet entretien, les raisons de son séjour. Il s'exprime également sur l'acquisition des visas français et lève le voile sur ses efforts pour les Burkinabè de Lyon.
Quel est l'objet de votre séjour au Burkina Faso ?
L'objet de mon séjour au Burkina Faso est de faire le point de mes actions au niveau du consulat auprès des autorités burkinabè. Comme la région Rhône-Alpes occupe une place importante dans la coopération décentralisée, il y a un certain nombre de dossiers qui s'y rapportent et permettent de renforcer cette coopération.
Comment se portent les relations entre le Burkina Faso et la France d'une manière générale et la région Rhône-Alpes, en particulier ?
Les relations entre le Burkina Faso et la région Rhône-Alpes sont positives. Je dis cela parce que le président du Faso est venu quatre fois dans cette région.
La première fois était en 1994 et cela a permis d'initier la coopération décentralisée entre la ville de Lyon et Ouagadougou quand Michel Noir était maire de Lyon. Cette coopération est très importante puisque c'est la première en la matière
. En outre, il y a une autre coopération, aussi capitale, entre la région des Hauts-Bassins au Burkina Faso et celle de Rhône-Alpes. Le maire de Lyon et président du Grand Lyon, Gérard Collomb, est venu plus de deux fois au Burkina Faso.
A Saint-Etienne, nous avons même une coopération en football avec l'équipe de l'AS Saint-Etienne. Dans le centre de formation de cette équipe, il y a au moins trois Burkinabè qui sont actuellement en stage.
Nous avons une coopération très riche dans la région de Rhône-Alpes que les autres pays africains n'ont pas. Il faut dire qu'il y a au moins 2 000 Rhône-Alpins qui viennent chaque année au Burkina Faso puisque je délivre plus de 2000 visas à ces personnes qui veulent venir au Burkina Faso.
Combien de Burkinabè vivent dans la ville de Lyon ?
On estime le nombre de Burkinabé vivant dans la région de Rhône-Alpes à 300. Ces personnes sont aussi, pour la plupart, des Français (NDRL : ils ont la double nationalité).
Comment ces Burkinabé sont-ils organisés ?
Ils sont organisés en associations des Burkinabé, se réunissent et font des manifestations. Il y a du dynamisme dans leurs activités et ils sont plus mobilisés que les autres nationalités africaines vivant dans la région.
Le sujet qui a défrayé la chronique ces derniers temps au Burkina Faso, est le refus du visa français à un citoyen burkinabé, qui en a fait la demande pour aller se faire soigner. En tant que citoyen français et consul du Burkina Faso à Lyon, comment appréciez-vous ce refus ?
Moi, je délivre des visas burkinabé, je n'ai pas de pouvoir sur les visas délivrés par les autorités françaises. Mais néanmoins, quand ces problèmes arrivent et concernent notre région, j'essaie d'intervenir auprès des autorités de l'ambassade pour la délivrance de ce visa.
Dans certaines situations, nous sommes impuissants, mais nous espérons que les choses vont évoluer et il y aura plus de possibilités pour donner de visas pour les gens qui ont toutes les garanties et sont connus.
Mais des accords ont été signés entre autorités burkinabè et françaises dans le cadre de l'immigration et l'acquisition des visas. Pourquoi des difficultés existent toujours, surtout pour les Burkinabè ?
Avec le nouveau ministre chargé de la question, on en a parlé récemment et il m'a dit qu'il allait étudier ces dossiers au cas par cas. Je ne peux donc pas me mettre à sa place en ne connaissant pas les tenants et les aboutissants de ces politiques.
Je ne suis pas du côté de la France, mais du côté du Burkina. Cependant, je pense que si les personnes remplissent les conditions pour avoir le visa Schengen, il ne doit pas y avoir de problème.
Chaque année, lors de vos différents séjours au Burkina Faso, vous faites un tour à Sidwaya. Concrètement, qu'est-ce que Sidwaya peut attendre de vous ?
J'amène à chaque fois des journalistes lyonnais et le plus souvent des journalistes du Progrès (NDRL : journal français). Il y a une coopération qui a déjà été faite dans le passé et la femme du rédacteur en chef du Progrès avait fait une formation ici à l'intention des journalistes.
Du temps de l'ancien directeur général de Sidwaya, Michel Ouédraogo, cette coopération existait, mais on va travailler à remettre en place cette coopération entre journalistes.
Mais au-delà de la coopération entre journalistes, qu'est-ce Sidwaya peut attendre de vous ?
Moi, je ne suis pas le journal Progrès. Je propose que les directeurs des deux journaux se rencontrent pour voir ensemble qu'est-ce qui peut être fait au niveau des dons en matériels.
Mais ce n'est pas moi qui décide, je ne suis que la courroie de transmission entre les deux journaux. Je suis là pour rapprocher les gens.
Et vous-même, votre apport pour Sidwaya en tant que consul du Burkina Faso à Lyon ?
J'ai eu à emmener une quinzaine de journalistes à Sidwaya depuis que je suis consul à pour des visites et des échanges d'idées et d'expériences.
En septembre prochain, d'autres vont venir encore pour des échanges d'idées. Je réitère que je ne fais que mettre les gens en contact.
Comments Post a comment