Au terme d'une tournée qu'il a effectuée dans les chantiers-écoles de Bondoukou et Boundiali, le coordonnateur national adjoint du Programme du service national précise ses missions.
Qu'est qu'un chantier-école pour le Programme du service civique national?
Un chantier-école est une réponse concrète et durable au problème d'emploi des jeunes de Côte d'Ivoire. Il consiste, pour le Programme du service civique national (Pscn), à se déporter sur les lieux où les jeunes, regroupés en association ou tout autre forme de groupement, sollicitent une formation, en vue de leur insertion dans le tissu socio-économique.
Le chantier-école consiste donc, pour le Pscn, à se rendre partout en Côte d'Ivoire où des jeunes, en quête d'emploi, expriment ce besoin-là et reçoivent les services du Pscn qui les forme dans l'activité choisie par eux.
Cela peut être l'agriculture, la pisciculture, l'apiculture ou autre. Mais l'objectif est que l'insertion se fasse dans leur milieu de vie traditionnel.
Quelle est la différence entre le chantier-école et le centre de service civique ?
Le centre de service civique est un établissement qui accueille les jeunes qui viennent d'horizons divers. Ainsi, à l'image des écoles traditionnelles, il ne peut répondre aux besoins d'insertion de l'ensemble des jeunes du pays.
C'est pour cela que le Pscn a créé les chantiers-écoles qui sont finalement des «écoles» qui se déplacent vers les bénéficiaires pour leur insertion dans leur milieu de vie.
Les ex-combattants sont- ils acceptés dans vos chantiers-écoles ?
Tout à fait. Ils constituent environ 3% du Pscn. Je rappelle que les cibles du Programme du service civique sont les ex-combattants, les ex-membres des groupes d'autodéfense, les jeunes diplômés sans emploi, les jeunes à risque, bref, tous les jeunes de Côte d'Ivoire de 18 à 35 ans, qui n'ont pas d'emploi.
D'ailleurs, du fait de la guerre, le Pscn a rallongé l'âge limite à 41 ans, pour prendre en compte le maximum d'ex-combattants.
Vous avez visité les chantiers-écoles de Sapli-Sépingo à Ponondougou, en passant par Koutouba. En êtes-vous satisfait ?
J'ai de réels motifs de satisfaction.
Nous avons noté l'engouement des jeunes des chantiers-écoles visités, mais aussi l'intérêt que les populations portent aux projets qui leur sont destinés.
Notre tournée s'inscrit dans le cadre des chantiers apicoles que nous avons ouverts au mois de mai. Ils nous ont permis de former 240 jeunes dans quatre localités de la Côte d'Ivoire, en vue de leur insertion. Sinon, il y a aussi des chantiers avicoles et de produits vivriers qui ont permis au Pscn de former 1429 jeunes de Côte d'Ivoire, dans ce même but.
Après la formation, comment se fait leur insertion de manière concrète ?
Le dispositif mis en place par le Pscn consiste à inculquer les valeurs civiques et citoyennes aux jeunes de Côte d'Ivoire pendant la formation.
Car il faut rappeler que l'une des causes des différentes crises que notre pays vient de traverser est le délitement des valeurs morales.
Et la mission du Pscn est justement de revenir aux fondamentaux du civisme, à travers la formation civique et citoyenne, mais aussi à travers la formation technique et professionnelle, en vue insertion des jeunes. Nous les accompagnons avec le minimum qui puisse leur permettre d'entreprendre une activité génératrice de revenus (Agr).
Et le Fonds national de solidarité (Fns) pour la promotion de l'emploi jeunes joue un rôle prépondérant dans notre dispositif.
Ainsi, à la fin de la formation, notre partenaire qui est le Fns viendra prendre des jeunes prêts à l'activité, des jeunes aguerris aux métiers qu'ils auront appris dans nos chantiers-écoles, pour faire d'eux des professionnels accomplis.
Ainsi par exemple, les élèves avicoles que nous venons de visiter auront, chacun, cinq à dix ruches. Comprenez que chacun d'eux est formé à prendre sa part dans le processus de reconstruction de la Côte d'Ivoire.
Est-ce un prêt ou un don que le Fns leur fait ?
C'est un prêt parce que l'expérience des dons a montré ses limites. C'est pour cela que le Pscn a choisi de faire contribuer les jeunes qu'il forme à leur propre prise en charge. Il s'agit donc pour eux de rembourser à des conditions et taux très souples, ce qu'ils auront reçu pour leur installation. Le Pscn forme donc des jeunes responsables qui attendent un coup de pouce, et non d'être pris totalement en charge.
Y a-t-il des jeunes déjà formés qui attendent d'être installés ?
Oui, il y a 2181 jeunes qui ont été formés aux métiers de l'agriculture et du maraîecher, dans nos centres de service civique, à travers le pays.
Mais ils bénéficieront bientôt de villages agropastoraux qui sont de véritables champs d'incubation qui leur permettront de se familiariser davantage avec leurs métiers, les techniques de production et de vente.
Du reste, dans ce cadre, le ministre de la Promotion de la jeunesse et du Service civique, M. Alain Lobognon, était récemment en tournée d'échanges de procédés au Canada, en vue de s'enrichir de l'expérience canadienne.
Plus de 2000 jeunes déjà formés qui attendent d'être installés et vous continuez d'en former d'autres. Il y a contradiction.
Non, pas du tout. D'autant que le dispositif du Pscn s'appuie sur plusieurs méthodologies dont les 24 centres du service civique à travers tout le pays.
Comme ils ne peuvent accueillir les nombreux jeunes qui sont dans le besoin, nous avons créé, à côté, des chantiers-écoles, pour aller partout où le besoin de formation se fait sentir, pour élargir nos possibilités d'insertion, tel que je viens de vous l'expliquer. Il n'y a donc pas de chevauchement, de contradiction entre ces différentes méthodes d'insertion.
En tout état de cause, les 2181 jeunes en question, dont la formation a pris fin en février, pénétrés des valeurs de patience, de respect de l'autorité et des institutions, nous accompagnent, aujourd'hui, dans la recherche de terrain de solution en vue de leur propre insertion.
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