Effectué dans la discrétion totale, aux moyens de démarches à la fois magouilleuses et frauduleuses, le trafic de bois de rose expose les trafiquants à des risques d'escroquerie de haut niveau
Trois prévenus ont porté au grand jour un trafic de bois de rose, au Parquet. Ils accusent une opératrice économique à qui ils ont extorqué 1,2 milliards d'ariary.
La disparition d'une somme de 1,2 milliards d'ariary a délié les langues au parquet du tribunal, à Anosy, hier. Une opératrice économique a poursuivi trois individus, dont un quinquagénaire et un Mauricien d'origine chinoise, qui l'auraient roulée dans la farine dans l'ombre d'un faux-inspecteur des douanes, pour une affaire d'exportation de girofle qui remonterait en novembre.
Ces derniers lui ont, par ailleurs, donné du fil à retordre en l'accusant de s'être lancée avec eux dans un trafic de bois de rose.
Alors que l'opératrice économique possède une pièce attestant que le quinquagénaire, principal suspect, aurait perçu un pactole de 1,2 milliards d'ariary pour l'exportation d'une cargaison de girofle, celui-ci semble vouloir la faire plonger en relatant des détails compromettants sur l'exportation illicite de bois précieux.
En crevant l'abcès, il a indiqué que des rondins ont dû être jetés en mer pour dérouter des éléments des forces de l'ordre qui remontaient leurs traces.
Autres trafics
Pour sa part, la plaignante a fait tout son possible pour démontrer qu'elle a investi dans une exportation de girofle. A la lumière des auditions, il a été indiqué qu'un bateau devait lever l'ancre, début avril, avec une cargaison. Le partage des dividendes devait s'effectuer quelques semaines plus tard.
Après avoir réalisé que ses fonds ont été subtilisés, l'opératrice économique a porté plainte. Bien que suivi à la trace par les limiers, le présumé cerveau a réussi à s'évanouir dans la nature, pendant des mois.
Des recherches diligentées par la police ont, en revanche, abouti à l'arrestation, dans un casino, du Mauricien d'origine chinoise, la semaine passée. Déféré au Parquet, il a été relaxé, samedi.
Alors que le quidam allait s'envoler pour Hong Kong dès le lendemain, la police aux frontières l'a cueilli à l'aéroport international d'Ivato, avant son embarcation, lorsqu'une interdiction de sortie du territoire a été lancée à son encontre.
Suite à sa deuxième arrestation, les policiers ont réussi à remonter de fil en aiguille jusqu'au quinquagénaire qui tirerait les ficelles.
Recherché jusqu'à Toamasina et Ambatondrazaka, ce dernier est tombé dans les mailles des filets tendus par la police aux abords du Score digue, à Andohatapenaka, mardi.
La direction de la police provinciale à Ambohidahy et la gendarmerie nationale à Ankadilalana auraient des affaires de bois de rose le concernant.
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