L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: HJRA - Médecins et paramédicaux unis

Photo: Guy Oliver/IRIN
Un patient recevant des soins à Ankavandra

Les médecins et paramédicaux en grève ont suspendu leur travail. Ils dénoncent la pénétration des forces de l'ordre à l'hôpital, mercredi.

Hier, vers midi, heure de visite à l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) à Ampefiloha. Les portails d'entrée ont été fermés par les paramédicaux et les médecins en grève.

Ils sont mécontents de la mise en garde à vue de l'un des leurs par les forces de l'ordre de l'État-major mixte opérationnel régional (Émmo/reg), mercredi.

Les grévistes ont affiché une banderole en haut du portail principal sur laquelle est indiquée « Remenabila (le bandit d'Amboasary sud) n'est pas ici. Libérez Valérien! ».

Ils font ainsi allusion à l'entrée de l'Émmo/reg au sein de l'hôpital. « Il n'y a pas de respect corporatif. La franchise hospitalière est bafouée et la violence et l'intimidation atteignent les hôpitaux », dénonce le secrétaire général du Syndicat des médecins fonctionnaires de Madagascar, le docteur Lin Rakotondravoavy.

Personne n'a pu entrer ni sortir de l'hôpital pendant environ une demi-heure. Une foule de proches de patients qui ont voulu leur apporter de la nourriture n'ont pas pu entrer, en guettant ce qui se passe à l'intérieur.

Lasse d'attendre, une mère de famille d'une quarantaine d'années qui est sortie de l'hôpital pour acheter des médicaments a fini par grimper au-dessus de la muraille de l'hôpital pour entrer.

« Mon mari est gravement malade là-dedans et je suis sortie parce que le médicament n'existe pas dans la pharmacie de l'hôpital », indique-t-elle, en larmes. Pire, un motard a voulu forcer le portail principal mais l'un des paramédicaux l'a fait tomber de sa moto.

Autre tournure

Mais pour les médecins, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase serait surtout la position de leur ministère de tutelle. « Le ministère de la Santé nous a envoyé une lettre ce matin (hier) dans laquelle il nous rappelle les lois régissant les médecins. Il nous cite des lois de 1960 qui ont été abrogées en 2003 », poursuit le secrétaire général des médecins syndicalistes.

Quelques chefs de service et des étudiants stagiaires en médecine ont assuré le suivi des malades au sein de l'hôpital parce qu'il n'y a plus de service minimum pour les grévistes. Seul le service d'urgence a reçu des patients qui ont nécessité une intervention d'urgence. Les autres sont rentrés bredouille.

Cela ne finira pas de sitôt. « Nous sommes désolés pour le public parce qu'on ne va plus venir travailler sinon on se fera arrêter, nous aussi. Allez à l'hôpital militaire ou dans les centres de santé privés. D'ailleurs, l'hôpital aux normes sera bientôt disponible ! », indique toujours la même source.

La situation tend vers une autre tournure parce que, « au nom de la solidarité syndicale », les ténors du Syndicat des enseignants éducateurs, dont son président, Claude Raharovoatra, sont également venus à l'HJRA pour consolider le mouvement.

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