Washington — Le 27 juin, le président gabonais, M. Ali Bongo Ondimba, a incendié cinq tonnes d'ivoire illégal pour signifier aux braconniers que le Gabon se battra pour protéger ses éléphants. L'ivoire brûlé lors de la cérémonie publique provenait des défenses de quelque 850 éléphants tués illégalement.
Le braconnage des éléphants est le pire que l'on ait vu depuis 10 ans et les saisies enregistrées d'ivoire sont à leur niveau le plus haut depuis 1989 selon un rapport du 21 juin de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Le rapport note que 2011 a vu un nombre record d'abattages d'éléphants qui ont produit deux fois plus d'ivoire que les quantités saisies en 2010. Les criminels abattent les éléphants la nuit, coupent leurs défenses et passent l'ivoire en contrebande hors du continent. La CITES a banni le commerce international de l'ivoire en 1989.
Ce traité international, dont les États-Unis sont un des signataires originaux, a pour objet de veiller à ce que le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages ne menace pas leur survie. L'Annexe I de la CITES donne une liste des espèces menacées d'extinction qui sont ou pourraient être affectées par le commerce et elle en interdit le commerce sauf dans des cas très spécifiques.
En avril, les ambassades américaines de Libreville (Gabon) et de Bangui (République centrafricaine) et le gouvernement gabonais ont coparrainé un atelier dans la capitale gabonaise à l'intention des pays d'Afrique centrale ; il portait sur le trafic des espèces sauvage et le démantèlement du commerce illégal de ces espèces. Les ministres des Eaux et forêts du Gabon et de la République centrafricaine ont réaffirmé leur engagement dans la lutte contre le braconnage et le trafic des espèces sauvages et ont demandé instamment un renforcement des efforts d'application des lois, une intensification de la coopération internationale et la mise en place d'une démarche régionale dans ce domaine. L'atelier était organisé avec un financement du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement (Bureau du contrôle international des stupéfiants et de l'application des lois) du département d'État.
Ont également participé à l'atelier des représentants de la République du Congo, de la République démocratique du Congo, du Tchad, du Cameroun et de la Guinée équatoriale. Des organisations actives dans la région s'étaient jointes à eux, dont le Kenya Wildlife Service, le Fonds mondial pour la nature (WWF), la CITES et la Wildlife Conservation Society, ainsi que des représentants de la Chine, du Vietnam et de la Thaïlande.
L'incinération du 27 juin fait passer le message que le Gabon ne tolérera absolument pas le braconnage et qu'il ne s'intéresse pas au commerce de l'ivoire mais à l'arrêt du massacre des éléphants, a déclaré M. Carlos Drew, directeur du programme mondial de la WWF, selon un communiqué de presse du gouvernement gabonais.
« Si nous ne faisons rien maintenant, des décennies d'efforts de conservation vont s'envoler en fumée », a ajouté M. Richard Carroll, de la WWF.
L'ambassadeur américain au Gabon, M. Eric Benjaminson, a salué le leadership du gouvernement gabonais, et notamment du Président, du ministre des Eaux et forêts et du directeur du Service des parcs nationaux gabonais. « Cette action, a-t-il déclaré, montre à l'évidence la détermination du Gabon dans le domaine de l'environnement en général et de la conservation en particulier. Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec le Gabon tant au plan juridique qu'à celui des efforts de défense pour appréhender et faire passer en jugement tous les braconniers de quelque nationalité qu'ils soient capturés à l'intérieur du pays ». Il a également ajouté que Yale University avait attribué au Gabon le rang le plus élevé de tous les pays africains pour ses politiques en matière d'environnement.
« Nos actions ne sont pas seulement symboliques ; nous protégeons notre économie », a précisé M. Ali Bongo Ondimba qui a aussi rappelé que « le développement du tourisme, qui est de plus en plus important pour le Gabon, requiert que nous préservions notre faune et notre flore ». L'ivoire illégal saisi au Gabon est entreposé dans des lieux sécurisés.
Le président gabonais a demandé à la communauté internationale de « faire pression sur les pays qui continuent à faire le commerce de l'ivoire » afin qu'ils « comprennent que la situation est dangereuse pour nous, pays d'origine ».
Avec 175 pays signataires, la CITES est un des outils les plus puissants du monde pour la conservation de la biodiversité puisqu'elle réglemente le commerce des espèces de faune et de flore sauvages.
« Lorsque la demande disparaîet, l'offre disparaîet aussi », a rappelé M. Bongo Ondimba.
Consulter le site web de la CITES pour plus d'informations sur le braconnage des éléphants.
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