Sénégal: Ousmane Sow Huchard promet avant fin 2012 un album acoustique sur des airs du 'Waato Sita'

Dakar — L'écologiste sénégalais, Ousmane Sow Huchard, compte sortir avant la fin de l'année un CD de folk music (acoustique) comprenant ses compositions propres et des reprises du "Waato Sita", le groupe qu'il avait formé avec André Lô à partir de 1970.

"J'envisage de faire un CD l'année prochaine après les élections", a annoncé à l'APS le responsable du Rassemblement des écologistes du Sénégal (RES- Les Verts), député de la législature sortante et candidat malheureux à un second mandat parlementaire lors des Législatives du premier juillet dernier.

"J'ai déjà 6-7 compositions, même 8. Un CD de folk music. Vous savez, c'est nous qui avons lancé le folk. André Lô et moi", a ajouté M. Huchard, précisant que l'album sera un "prolongement du Waato (Sita), dans la mesure où certains éléments du répertoire" de ce groupe seront interprétés.

"Certain, sûr, sûr", a répondu Huchard, 70 ans, à la question de savoir si cet album sortira bien dans les délais indiqués.

Anthropologue, muséologue, musicologue, critique d'art, conservateur

de musée, consultant international, Ousmane Sow Huchard a commencé sa carrière musicale au Symphonie Jazz de Ziguinchor, ville où il a vu le jour le 5 décembre 1942.

Il a ensuite intégré le collège technique de Saint-Louis et joué au Star Jazz, dans la capitale du nord, entre 1958 et 1960. De là-bas, raconte-t-il, "je suis rentré sur Dakar. J'étais à l'Arsenal de la Marine, puis je suis entré à l'Université de Dakar où j'ai fondé le Dakar université Sextet, avec des musiciens guinéens, les frères Dreyfus, Sory Kantara bassiste, le fils de Barry 3 qui était un flûtiste".

"C'était notre groupe. On était 6 musiciens. Nous avons été les premiers à introduire la guitare basse au Sénégal. Tout ça, c'est de la petite histoire", s'est encore souvenu Ousmane Sow Huchard, avant d'ajouter : "Nous, on a même fait les premières parties de Johnny Hallyday ici, au stadium Marius Ndiaye qui n'était pas encore couvert, dans les années 65-67".

"En ce moment, on était dans les Merry Makers. On faisait du Yéyé, du rythm'blues. On a joué du rock. On a tout joué. Tout ! Avant de revenir maintenant à la tradition. C'est vers 1968, après la révolution de mai 1968, que nous nous sommes dit : "il faut aussi révolutionner la musique", a souligné Sow Huchard.

"Nous avons dit nous allons arrêter. Nous avons arrêté presque un an André Lô et moi. Nous avons pris nos guitares sèches. On a tenté d'aller à la suite des Papa Diabaté. A ce moment-là, nous connaissions les frères Diabaté avec leur guitare acoustique", a-t-il poursuivi.

"Ils faisaient de la musique incroyable. Ils nous ont inspirés. On est parti de là. Le Waato Sita, c'était ça : l'heure a sonné. C'est une rupture. Renouveler, révolutionner la musique au lieu de rester dans l'imitation. Parce qu'avant, depuis les Barro, depuis les Star Jazz, c'était de la copie de la salsa", a-t-il dit.

"Tout le monde reprenait ça. Nous avons dit qu'il était temps aussi de rompre. De revenir à l'Afrique. De revenir à notre patrimoine musical. C'est tout ça. Un retour aux sources. Nous avons presque un an. Le Waato Sita c'était ça : l'heure a sonné. Le Waato Sita est né de l'idée de renouveler la musique au lieu de rester dans l'imitation", a insisté Huchard.

Le président Léopold Sédar Senghor a été l'un des premiers à soutenir l'expérience du Waatoo Sita, un groupe musical de recherche basé alors au Centre culturel africain de l'avenue El Hadj Malick Sy (1970-1974).

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